"Libé" à nouveau dans la tourmente : mais à quoi joue Jean Quatremer ?
Pauline Bock - - Déontologie - Scandales à retardement - 82 commentairesSon énième outrance, comparant les Palestinien·nes à Hitler, sera-t-elle celle de trop?
Jean Quatremer, correspondant à Bruxelles pour "Libération" depuis des décennies, n'en finit plus de tester les limites de la liberté d'expression - et de l'outrance - à l'extérieur du journal. Sa dernière provocation en date, une photo de profil montrant Hitler portant un keffieh autour du cou, risque de lui coûter cher : la rédaction "n'en peut plus", et la direction réfléchit à des sanctions... sans trop se presser.
Jean Quatremer adore tester les limites. Cette fois, il les a peut-être trouvées.
Quatremer "dénonce la folie antisémite" avec une image d'Adolf Hitler
Le 30 mai, le correspondant de Libération
à Bruxelles, qui officie aussi comme éditorialiste sur LCI, met à jour sa page Facebook. Jusqu'ici, rien de bien grave. Sauf que Jean Quatremer choisit, comme nouvelle photo de son profil Facebook, un dessin représentant Adolf Hitler portant un keffieh. "Quelques explications sur ma nouvelle photo de profil"
, écrit-il. "Il s'agit d'une oeuvre du streetarteur italien AleXsandro Palombo (peinte à Milan) qui dénonce la folie antisémite des palestinistes. On ne saurait mieux résumer le niveau zéro de ces crétins."
Suite à cette publication, l'entreprise Meta, qui possède Facebook et Instagram, suspend ses comptes. Quatremer a donc rebondi sur le réseau social X et reposté l'image en se plaignant de la suspension sur ses comptes ailleurs.
Le tweet a également été suspendu en France par X, en raison des "lois locales"
. Et ses collègues à Libération
, en découvrant l'image avant que le tweet ne soit suspendu, s'en sont fortement ému·es.
La SJPL dénonce les activités de Quatremer qui "jettent le discrédit sur l'ensemble du journal"
Dans un communiqué, la Société des Journalistes et des Personnels de Libération
(SJPL) a "tenu à faire savoir qu'en aucune manière les activités de Jean Quatremer sur les réseaux sociaux, pas plus que ses interventions télévisées, ne représentent le point de vue de la rédaction de
Libération"
. "Si nous sommes attachés à la pluralité des opinions au sein du journal, nous ne cautionnons ni les amalgames ni les insultes ni la diffusion de fausses informations, qui ne correspondent pas aux valeurs et aux principes de notre charte éthique et jettent le discrédit sur l'ensemble du journal"
, écrivent les membres de la SJPL.
"Tout ce communiqué est une honte et mériterait une action en diffamation"
, a répondu Jean Quatremer, laconiquement, sur X le même jour. "Mais perso, je règle mes comptes en face à face et pas en meute."
En face à face ? Pourtant, selon de nombreux journalistes à Libé
avec qui Arrêt sur images
a échangé, Quatremer ne met jamais un pied au sein de la rédaction, et ne se connecte pas non plus beaucoup, en visio, aux réunions de la rédaction, y compris lorsque le débat le concerne directement. Des journalistes qui travaillent au quotidien depuis plus de dix ans affirment ne l'avoir jamais croisé.
"Dégueulasse de banaliser la folie nazie"
C'est le cas de Vincent Coquaz, chef adjoint de la rubrique CheckNews de Libération, qui a choisi d'interpeller publiquement son collègue sur X. Il ouvre son texte par ce constat : "On bosse dans la même rédaction depuis bientôt 10 ans mais on ne se connait pas."
Vincent Coquaz lui écrit aujourd'hui parce que la publication de l'image d'Hitler le touche profondément. "L
e père de mon grand-père est mort en déportation"
, explique le journaliste. "À Mauthausen, où il a passé la dernière année de sa vie."
Il décrit les conditions inhumaines dans lesquelles son arrière-grand-père a été traité par l'Allemagne nazie. Puis s'adresse à Quatremer :
"Tu trouves peut-être drôle d'arborer un dessin d'Adolf Hitler en photo de profil, pour
«
provoquer
»
ou
«
faire parler
»
de toi en utilisant des causes qui visiblement te dépassent. Tu trouves sans doute ça
«
punk
»
. Moi je trouve ça dégueulasse. Dégueulasse de banaliser la folie nazie, dégueulasse d'insulter tout le peuple palestinien. J'ai honte de toi, mais j'ai surtout honte pour toi."
Bien d'autres journalistes de Libé ont joint leur voix à la sienne pour s'opposer publiquement à la nouvelle photo de profil choisie par le correspondant du journal. "Jean Quatremer, qui se croit malin à mettre en photo de profil Hitler pour se moquer des personnes qui défendent les droits des Palestiniens, nous fout bien la gerbe"
, a ainsi écrit le journaliste Jacques Pezet. Sa collègue Emma Donada a quant à elle décrit Quatremer comme un "collègue qui a bloqué la moitié de la rédaction, ne participe jamais aux débats collectifs et menace les instances de représentation du personnel".
Si, cette fois, elle s'exprime ouvertement et nommément sur les réseaux sociaux, cette colère des journalistes de Libé
n'est pas nouvelle. Dès 2024, ASI
vous racontait l'émoi provoqué dans les équipes par un tweet islamophobe du correspondant bruxellois.
En janvier 2026, il publiait une liste de ceux qu'il appelle les "palestinistes"
et faisait à nouveau scandale.
Pas plus tard qu'en mars dernier, sur le plateau de LCI, il comparait les racismes, estimant que "l
'antisémitisme, c'est plus qu'un racisme". La SJPL avait alors alerté la direction et décrivait la "souffrance"
de ses collègues provoquée par ses prises de position.
Cette souffrance s'aggrave à chaque nouvel épisode, en particulier chez les journalistes directement concerné·es, qu'il s'agisse comme cette fois d'images d'Hitler, ou de propos islamophobes ou racistes, très mal vécus par les journalistes racisé·es. "Les élu·es ont constaté depuis plus de deux ans le malaise et d'importantes souffrances de
salarié·es de
Libération provoquées par les propos publics d'un journaliste et l'absence de
condamnation à la fois interne et externe de ces propos par la direction de la rédaction"
, écrivait le CSE en février, dans un message envoyé aux équipes et consulté par Arrêt sur images
. "Jusqu'alors, la
direction ne semble pas avoir pris la mesure de la gravité de la situation."
Un droit d'alerte retoqué par la direction de "Libé" et zéro sanction à ce jour
Le 27 février 2026, lors d'une réunion du CSE de Libération
, la SJPL a transmis à la direction du journal une "recension non-exhaustive"
des propos tenus par Jean Quatremer les années précédentes. Extraits, choisis par ASI
, du rapport que nous avons consulté et qui comporte bien d'autres exemples : "En novembre 2024, le docteur en sciences politiques Nedjib Sidi Moussa est qualifié dans un
tweet (ensuite supprimé) de «crapule» et d'«égorgeur». En janvier 2025, le salarié qualifie un chroniqueur à
Libération de «crapule
»
, mais aussi de
«crétin malfaisant
»
. (...)
En février 2025, il déclare sur LCI, au sujet des Palestiniens : «Pour un peuple qui a été
génocidé je les trouve en forme».
On peut aussi lire dans cette recension, toujours à propos de Jean Quatremer : "En septembre 2025, sur T18, ce salarié semble rebondir sur le cas Charlie Kirk pour faire le
parallèle avec sa situation, en expliquant qu'on peut parfois «mettre une balle professionnelle»,
avant d'évoquer Libération et plus globalement les rédactions dans lesquelles «on tente de
réduire au silence»." Puis : "En octobre, il choisit de promouvoir un droit de réponse de Caroline Fourest à un article de
Checknews (...) Prenant ainsi parti contre l'article de nos collègues alors que Caroline Fourest n'a
relevé aucune inexactitude dedans." On apprend aussi dans ce rapport qu'"à partir du mois de novembre 2025, il est convenu avec la direction que ce salarié s'exprimera à
l'extérieur sans mention de sa qualité de journaliste à
Libération".
La SJPL, que l'on sent fatiguée à la simple lecture de cette liste à la Prévert, tire un bilan plus que mitigé de cette mesure : "Depuis que ce salarié a retiré toute
mention d'affiliation à
Libération, il semble se sentir davantage autorisé aux outrances verbales,
et davantage se sentir extérieur au collectif rédactionnel. Sa notoriété ayant été acquise grâce
au journal, il nous semble pourtant que ses activités continuent d'avoir un impact négatif sur
l'image du journal."
En dix-huit mois, Quatremer a été convoqué à pas moins de trois entretiens disciplinaires par la direction. En avril, selon Marianne
, il aurait reçu un rappel au règlement. "Jusqu'ici, il n'a jamais été sanctionné pour tout ce qu'il a fait"
, rappelle un journaliste à ASI
. "Dans la presse, on a lu qu'il avait eu un rappel au règlement, ce qui n'est pas une sanction." À
la suite du rapport de la SJPL lors de la réunion du 27 février, les élu·es du CSE ont initié une procédure de droit d'alerte. "
Elle vise à ouvrir un cadre formel, avec la direction, pour mesurer l'ampleur des
troubles produits par cette situation dans l'organisation du travail et recueillir la parole des salarié·es
affecté·es"
, notait le CSE dans un message aux équipes, également consulté par ASI
. Selon nos informations, cette procédure a été rejetée par la direction, qui a cité comme raison la liberté d'expression.
Un ancien journaliste du quotidien, qui liste Quatremer parmi les raisons - plurielles - de son départ, estime que "ça fait au moins trois ans que la direction est alertée régulièrement"
par la SJPL et les élu·es, de propos tenus par le correspondant bruxellois. Les journalistes n'en peuvent plus : "On passe une heure toutes les deux semaines à parler de Quatremer, alors qu'on a du travail, des sujets importants à traiter"
, soupire l'un d'eux. Une autre ajoute : "Ça perturbe tout le monde. On perd du temps, de l'énergie, de la crédibilité... C'est extrêmement dommageable pour le journal."
"Un problème d'impunité"
Il existe pourtant une charte de bonne conduite sur les réseaux sociaux à Libération
, censée en théorie s'appliquer à tous les salarié·es. "On ronge tous notre frein"
, s'agace un journaliste. "On a quelqu'un qui nous dénigre, qui détruit tout ce qu'on fait, qui nous plombe en permanence."
Et impossible de lui répondre sur les réseaux sociaux, sauf à contrevenir soi-même à la charte de Libération
. "Nous, il faut qu'on soit d'une prudence extrême, dans nos articles, sur les réseaux"
, explique un membre de la rédaction. "On est tous tenus par la charte, sauf Jean, qui fait ce qu'il veut"
, résume un autre. Un ancien de Libé
souligne que c'est
que la direction a préféré ne pas traiter frontalement : "un problème d'impunité globale"
"Le problème Quatremer n'a pas été pris au sérieux plus tôt, mais il dure depuis des années. Et maintenant, il y a un péril d'image pour
Libé".
Quatremer en a-t-il conscience ? Aime-t-il seulement encore Libé
? Selon ses propres déclarations dans le livre La broyeuse
de Chloé Morin, sorti l'an passé, rien n'est moins sûr. Il y regrettait l'ancien Libé
, "génial"
car les journalistes "s'y engueulaient tous"
, et désespérait : "
Les gens
[de la rédaction] ne supportent plus la divergence. Ils ne veulent pas d'expression différente de leur pensée dans un journal qu'ils considèrent comme étant une sorte d'organe d'un parti informel."
Les articles de Quatremer se raréfient ces temps-ci : en avril 2026, il n'en a signé que deux. En mars, un seul. Et en mai... zéro. "Il cherche à imposer le narratif selon lequel la rédaction voudrait l'empêcher de faire son boulot de journaliste"
, soupire un collègue. "Mais c'est l'inverse ! Moi j'adorerais qu'il refasse du journalisme. Ça va bientôt faire deux mois qu'il n'a pas écrit dans
Libé. Le problème c'est justement qu'il est plus journaliste, il est polémiste."
Un ex-journaliste de Libé
résume la situation : "Il n'écrit plus, donc c'est un abandon de poste ; il
passe son temps sur les plateaux télé à Paris alors qu'il est correspondant à Bruxelles ; et il dénigre l'entreprise constamment et ne respecte pas les règles appliquées aux autres salarié·es."
Jean Quatremer doit-il sa liberté au soutien que lui offre Denis Olivennes, représentant à Libé
de l'actionnaire Daniel Kretinsky ? C'est ce qu'a récemment affirmé l'ex-journaliste de Libé, Guillaume Gendron, sur X. Contacté par ASI
, Denis Olivennes n'a pas souhaité s'exprimer sur l'image d'Hitler publiée par Quatremer, "
de crainte de sembler interférer avec la vie de la rédaction de
Libé, qu'[il] ne commente pas"
. Il a ajouté : "J
e suis profondément attaché à la liberté d'expression, qui doit s'exercer, dans les limites de la loi bien sûr. C'est encore plus vrai à
Libération compte tenu de son histoire et de ses valeurs. Je ne défends pas tel ou tel mais un principe applicable à tous. Ceci étant posé, il n'y a pas l'ombre d'un papier à cigarette entre la direction et moi, et j'ai toujours soutenu ses décisions."
Même si elle venait à se séparer du journaliste ?
"Tire-t-il du plaisir à foutre la merde permanente ?"
La question semble en effet se poser de plus en plus concrètement au sein de Libération. Et Jean Quatremer a récemment joué son joker : depuis le 13 avril 2026, il s'est syndiqué à FO Médias, obtenant ainsi le statut de salarié protégé. "
«
Si on m'avait dit que je commencerais une carrière de syndicaliste à 68 ans…
», s'amuse-t-il en privé, pas mécontent du tour joué à ses «
camarades
»"
, écrivait alors Marianne
, qui révélait l'affaire. "Il est présenté comme délégué syndical dans les médias, or ce n'est pas le cas"
, tempère auprès d'ASI
un journaliste de Libération
. "Il est représentant de la section syndicale, ce qui est différent : il tire sa légitimité uniquement du syndicat, et non d'une élection au sein de l'entreprise. FO n'existait pas à
Libé avant qu'il se syndique, ce syndicat n'est pas au CSE, n'a pas d'élus."
Une rédaction vent debout contre lui, dont il dénonce le "harcèlement"
au point de chercher protection auprès d'un syndicat ; une production qui se raréfie au fil du temps ; une ligne éditoriale pour laquelle il ne cache pas son mépris ; une carrière bien remplie et un âge éligible à la retraite... Mais pourquoi donc Jean Quatremer tient-il tant à demeurer salarié d'un journal qu'il semble désormais détester ? Comme l'a formulé auprès d'ASI
un journaliste de Libération
: "Tire-t-il du plaisir à foutre la merde permanente ?"
Le but serait-il de se faire licencier ?
Face à ce mystère, le journaliste de L'Humanité
Lio Venturini a émis, le 1er juin sur X, une hypothèse qui, si elle ne cite pas directement Quatremer, le vise directement : "Mon petit doigt me dit qu'un journaliste proche de la retraite tenterait par ses outrances de se faire licencier pour bénéficier de confortables indemnités."
Au sein de la rédaction de Libé
, ce tweet a circulé, et nombreux sont les journalistes à reconnaître que l'hypothèse tient. Selon nos informations, pendant le comité - la conférence de rédaction quotidienne du journal - du 1er juin, durant lequel le cas Quatremer a longuement été évoqué, la question de ses motivations profondes s'est posée. "Un cadre du journal s'est exprimé pour demander si Jean Quatremer ne cherchait pas tout simplement à se faire virer pour toucher une grosse indemnité"
, nous souffle-t-on. "Personne parmi la direction de la rédaction ou de la direction générale n'a pris la parole pour contredire cette version. J'ai l'impression qu'ils sont eux aussi consternés par l'attitude de Quatremer."
Toujours selon nos informations, la direction aurait assuré aux salarié·es être en relation avec les avocats du journal dans le cadre d'une procédure en cours qui concernerait Quatremer - sans donner plus de détails. "Depuis trois ans, ils nous parlent d'une «procédure» contre Quatremer, mais ils ne peuvent rien dire"
, s'agace un journaliste. Le correspondant bruxellois aurait également été à nouveau convoqué par la direction du journal. Questionné sur cette procédure en cours, Denis Olivennes nous a renvoyé vers la direction de Libération
, qui n'a pas répondu à nos sollicitations.
Plusieurs journalistes à qui ASI
a parlé sont de plus en plus convaincu·es que Quatremer pousse toujours plus loin la provocation pour se faire licencier. "Le meilleur scénario pour lui, ce serait de se faire virer pour se poser en victime"
, estime un collègue, qui n'y croit qu'à moitié. Mais voilà : le licenciement d'un salarié jouissant de plus de trente ans d'ancienneté, dont le salaire est conséquent et qui dispose, qui plus est, du statut protégé de représentant de section syndicale, coûterait forcément très cher à Libération
- en indemnités de licenciement, mais aussi, potentiellement, en frais d'avocats et en sanctions prud'homales, si ledit salarié venait à poursuivre son ancien employeur.
Surtout si le salarié en question est Jean Quatremer, défendu par l'avocat de Charlie Hebdo
, le très médiatique Richard Malka. Pour un quotidien comme Libération
, qui perd plus de 10 millions d'euros par an (11 millions l'an dernier ; 13 millions en 2024), une telle bataille judiciaire pourrait aller jusqu'à sérieusement compliquer l'avenir du journal. "Ce n'est pas un problème financier, c'est un problème de droit"
, tempère Denis Olivennes auprès d'ASI
."
Libé doit se protéger de tout dénigrement, mais en respectant scrupuleusement les droits des citoyens et ceux des salariés."
Justement, un journaliste souffle à ASI
que "le dénigrement, c'est le seul motif qu'a l'air d'entendre la direction."
Un départ en 2027 ?
La direction de Libération
va-t-elle oser trancher ? Pile, elle vire Quatremer, au risque de se voir attaquée aux prud'hommes, ce qui pourrait s'avérer un risque financier majeur dans un contexte déjà difficile pour la presse papier ; face, elle le maintient à son poste, et la colère continue de grandir au sein de la rédaction.
Reste une autre option, évoquée également par certaines de nos sources : en novembre 2027, Jean Quatremer aura 70 ans. L'âge légal auquel un employeur peut, selon le droit du travail, forcer un salarié à partir à la retraite. (Pour un salarié protégé, l'entreprise doit auparavant obtenir l'autorisation de l'Inspection du travail.) Mais avant cela, il y aura l'élection présidentielle de mai 2027. La perspective de couvrir une campagne durant laquelle les opinions politiques de ce très véhément collègue pourraient encore plus impacter l'image et le travail du journal, certain·es journalistes en cauchemardent d'avance. "Ça commence à peser très lourd"
, résume l'un d'entre eux. "La présidentielle approche, l'heure est grave [car l'extrême droite avance], et Quatremer ne pense qu'à lui. On a besoin de savoir quoi faire, collectivement."
Contacté, Jean Quatremer n'a pas souhaité nous parler. "Je vous invite à contacter la direction de la rédaction, n'ayant pas pour habitude d'étaler sur la place publique nos différends internes"
, nous a-t-il écrit. Contactée elle aussi, la nouvelle directrice de la rédaction de Libération
, Sonia Delesalle-Stolper, ne nous a pas répondu.
Jean Quatremer adore tester les limites. Cette fois, chercherait-il sciemment à les dépasser ?