Présidentielle : "42% d'abstention chez les jeunes, c'est un succès"

La rédaction - - 162 commentaires

Les jeunes, les vieux, le vote et l'abstention


Les vieux ont-ils volé l’élection aux jeunes ? Au lendemain du premier tour de l'élection présidentielle, étudiants et associations ont occupé plusieurs bâtiments universitaires pendant que le mouvement Extinction Rebellion organisait le blocage d'une partie des Grands boulevards à Paris. Tous estiment que la jeunesse est dans une impasse face au choix proposé Macron-Le Pen au second tour. Ces mouvements ont été mal reçus par nombre d'éditorialistes et par une partie de la presse, accusant les jeunes de remettre en cause le système démocratique. Comment pousser les jeunes au vote ? Faut-il revoir les règles démocratiques pour mieux prendre en compte les aspirations de la jeunesse ? La violence est-elle une forme de protestation légitime ? Pour répondre à toutes ces questions, Daniel Schneidermann reçoit Vincent Tiberj, sociologue spécialiste du vote, Eulalie Uguen, étudiante qui participe au blocage de l'ENS Jourdan, Yohann Brun, militant au sein d'Extinction Rebellion France, et Julien Damon, enseignant à Sciences Po opposé au blocage des universités. 

Les étudiants moqués pour leurs actions

Sur les chaînes info, on moque allègrement les étudiants qui participent au blocage de leur fac. Capricieux, privilégiés... Céline Pina, sur LCI, estime même qu'ils méritent "une fessée". Sur notre plateau, l'étudiante Eulalie Uguen s'insurge de cette vision tronquée du mouvement qui témoigne d'"un  grand désintérêt pour l'organisation étudiante en France"

Aller chercher les jeunes là où ils sont

Aux États-Unis, une association anti-Trump et anti-abstention, Knock the vote, mettait en scène avec humour des retraités républicains surmotivés, censés donner envie aux jeunes Démocrates d'aller voter pour prendre en main leur destin. Une initiative que valide Eulalie Uguen : "C'est très bien, c'est ouvrir un discours politique à d'autres supports. [...] C'est très bien la provoc', c'est un truc de jeunes. Faites-nous rire, parce que nous on a plutôt envie de pleurer."

"C'est grave les tags ?"

Pendant l'occupation de la Sorbonne, les étudiants ont tagué les murs et jeté du matériel par les fenêtres. Un comportement que condamne Julien Damon, qui regrette que ce soit "les employés très mal rémunérés par l'Éducation nationale" qui soient contraints de nettoyer derrière les étudiants. Eulalie Uguen, pour qui la pratique du tag n'est pas "aberrante", explique qu'à l'ENS Jourdan, occupée par une partie de ses étudiants, il n'y a "pas de violence, pas de dégradations pas de tags". Mais, rappelle notre invitée, "la prise de la Sorbonne n'était pas arrivée depuis mai 68, évidemment qu'il y a de l'effervescence !"

Pour aller plus loin 

- L'analyse de Vincent Tiberj sur le vote des jeunes au second tour de l'élection présidentielle 2022.
- Le plaidoyer de Julien Damon pour le vote à 16 ans. 
- Le récit fait par Reporterre de l'occupation d'une partie des Grands boulevards par le mouvement Extinction Rebellion.

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