Lavrov sur France 2 : "l'une des plus grandes réussites de l'influence russe"

La rédaction - - Médias traditionnels - 28 commentaires


Rarement une interview n'a donné lieu à une critique aussi unanimement acerbe à la fois des chercheurs spécialistes de la Russie, des journalistes qui travaillent sur le sujet et des officiels français. L'interview en question, c'est celle du ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, un entretien de dix minutes mené par Léa Salamé, lui à distance depuis Moscou, elle depuis le plateau du JT de France 2, enregistrée jeudi 26 mars 2026 et diffusée le soir-même dans l'édition du 20h. A la demande de Lavrov, la version longue d'une heure a été mise en ligne sur le site de France Télévisions.

Sur X, l'ambassadeur d'Ukraine en France s'interroge : "À quoi bon offrir une tribune à un fasciste ordinaire, et à un criminel de guerre?". Le chercheur spécialiste de la Russie, Dimitri Minic, évoque lui "une séquence catastrophique sur le service public", fustigeant "une interview inutile, mal préparée et au final, dangereuse".Jean-Noël Barrot, le ministre des Affaires étrangères accuse France 2 d'avoir laissé Lavrov "dérouler tranquillement sa propagande". Le député Laurent Mazaury (Liot) qui dénonce "un entretien sans contradictoire adéquat ni mise en perspective" a sasisi l'Arcom.

Cet entretien provoque une série incalculable de questions : comment qualifier cet entretien ? S'agit-il d'une opération d'enfumage, d'une complaisance de France Télévisions, d'un manque de préparation ou de travail ou d'une recherche effrénée du scoop dans un contexte de concurrence informationnelle ? Cet entretien, fallait-il le mener dans les conditions imposées ? Pouvons-nous encore donner la parole aux représentants d'un pouvoir russe qui musèle, menace, liquide les journalistes et manipule les vérités ? Si oui, comment gérer ces interviews pour éviter qu'elles ne se transforment pas en outils de propagande ? 

Pour répondre a toutes ces questions, deux invités : Paul Gogo, journaliste, correspondant en Russie pendant près de sept ans pour de nombreux médias français et Maxime Audinet, professeur junior titulaire de la chaire "Stratégies d'influence et de contre-influence en contexte numérique" à l'Inalco, spécialiste de la politique étrangère de la Russie.

ALLER PLUS LOIN

- Paul Gogo, Moscou Parano, éditions du Rocher, mars 2026

- Maxime Audinet, "Un média d'influence d'Etat, enquête sur la chaîne russe RT", INA, mars 2024

"Alexandre Dougine ou la porosité des médias français à la propagande russe", Libération, décembre 2025

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