Sarkozy et Guillon (Nouvel Obs)
Gilles Klein - - 0 commentairesDans un long entretien exclusif (accordé dans des conditions qui ont surpris sa rédaction) au Nouvel Observateur à paraître jeudi 2 juillet, Nicolas Sarkozy est interrogé sur les critiques qu'il a formulées contre Stéphane Guillon.
"N. O. – Lorsque vous vous attaquez à un humoriste comme Stéphane Guillon sur France-Inter parce qu’il prend pour cible DSK, Martine Aubry ou vous-même d’ailleurs, vous sortez de votre rôle. N. Sarkozy. – Je ne m’attaque à personne même si je considère que traiter sur le service public Mme Aubry de "pot à tabac" n’est pas respectueux de la dignité des personnes. N. O. – Mais c’est un humoriste qui dit cela. N. Sarkozy. – Si M. Le Pen disait cela, je suis sûr que vous le dénonceriez. N. O. – Le prince doit laisser le bouffon faire son métier. N. Sarkozy. – Je le pense tellement que c’est ce qui m’avait conduit en pleine campagne présidentielle à soutenir "Charlie Hebdo" dans son procès à propos des caricatures du Prophète." | La Une du précédent numéro du Nouvel Observateur daté du 25 juin 2009 |
N. O. – "Et ce Marseillais convoqué devant un tribunal pour avoir dit: "Sarkozy, je te vois", lors d’une intervention policière. Cette crispation autour de la protection de l’image du chef de l’Etat, c’est inquiétant pour les libertés."
N. Sarkozy. – "Je suis désolé de
cette affaire que j’ai apprise par la presse. C’est ridicule. J’en ai
été choqué. Je n’ai porté plainte en aucune manière. Je ne comprends
pas pourquoi cet homme a été poursuivi devant un tribunal de police.
D’autres choses ont pu me blesser – et je n’ai pas réagi pour autant.
Il y a des centaines de livres, d’articles dans lesquels je suis
attaqué. Je n’ai jamais réagi, quoi que j’en pense. Je ferai ainsi tout
au long de mon mandat. C’est le respect que je dois à ma fonction. Je
ne peux pas réagir comme un simple citoyen, y compris au Salon de
l’Agriculture!"
L'occasion de consulter notre dossier: Les comiques dans le débat