Fuites Dray : le procureur ne parle plus d'enquête
Gilles Klein - - 0 commentairesProcureur de Paris, Jean-Claude Marin réagit aux fuites de l'affaire Julien Dray et à sa médiatisation, dans une interview réalisée par Mediapart (accès payant). Mais il n'évoque plus l'enquête interne sur ces fuites, pourtant annoncée le 23 janvier dernier.
Mediapart demande à Jean-Claude Marin, s'il regrette d'avoir choisi la procédure de l'enquête préliminaire (contrôlée par le parquet) dans l'affaire Julien Dray ? "L'enquête préliminaire, dès lors qu'il n'était pas envisagé d'expertises lourdes, de mesures de détention provisoire ou de contrôle judiciaire, permet d'explorer ce qui semble devoir l'être afin d'avoir, dans des délais raisonnables, une proposition de suite à donner à cette affaire : classement, poursuite par voie de citation directe ou alternative aux poursuites. Ce que je regrette, c'est cette médiatisation débridée qui, par-delà le devoir d'information, que je respecte, non seulement réduit à néant la présomption d'innocence, mais met en danger les personnes qu'elle dénonce, lorsque l'on publie par exemple des adresses personnelles..." |
Mediapart ajoute "N'est-il pas choquant que Julien Dray n'ait pas accès à un
dossier qui est sur la place publique, alors qu'il pourrait en avoir
connaissance si un juge d'instruction avait été désigné ?" Marin dément : "J'ai
beaucoup entendu cet argument, mais il est faux ! Je vous rappelle que,
tant qu'un juge d'instruction n'a pas signifié de mise en examen, la
procédure se déroule exactement comme dans une enquête parquet. Dans le
cas de M. Dray, qui vous dit que le juge aurait commencé par le mettre
en examen ? C'est même hautement improbable. Le juge n'aurait-il pas,
comme le parquet, commencé par vérifier la réalité des faits ? On
aurait un directeur d'enquête qui au lieu d'être le procureur serait un
juge d'instruction, mais M. Dray n'en saurait pas davantage !"
Marin ne parle plus d'ouvrir une enquête sur les fuites du dossier Dray dans la presse comme il le disait le 23 janvier dernier. A ce sujet, relire la chronique de Daniel Schneidermann : Le procureur de Paris invente l'enquête retardataire