Suspension d'une émission critique (presse portugaise)

Gilles Klein - - 0 commentaires

Polémique au Portugal après la suspension d'une émission télévisée hebdomadaire très critique du gouvernement, en baisse dans les sondages, à la veille des élections législatives, qui se présentent très mal pour lui.

"Le cyclone Moura Gedes" titre le quotidien Jornal de Noticias avec la photo de la présentatrice du Jornal Nacional, l'émission suspendue par la chaîne privée TVI, malgré ses très bonnes audiences. Manuela Moura Guedes est connue pour critiquer sans ménagement le Premier ministre dont le nom est cité dans une affaire de corruption qui devait être évoquée, ce vendredi, dans la première émission de la saison, après l'interruption des vacances d'été.

Le quotidien consacre trois pages à cette affaire, en citant le démenti du socialiste José Socrates, le Premier ministre portugais, qui explique que lui et son parti ne sont pour rien dans cette décision qui est du ressort de l'entreprise privée concernée. Mais Socrates avait lui-même critiqué la chaîne et sa présentatrice, avant l'été.

Les responsables de l'information de la chaîne TVI ont présenté leur démission en signe de protestation.

L'Entidade Reguladora para a Comunicação Social (ERC équivalent du CSA français) qui est une autorité administrative indépendante annonce qu'elle ouvre une enquête sur cette affaire.

La chaine privée portugaise TVI est une fliiale du premier groupe média espagnol, Prisa (radio, télé et aussi presse écrite avec le quotidien El Pais), proche des socialistes.


Jornal de Noticias vendredi 4 septembre




Le quotidien Diario de Noticias consacre quatre pages à l'arrêt de l'émission de Guedes, dont la photo figure à la Une et dans la première des deux double pages.

Dans la première double, à gauche, le titre estime que Moura Guedes a été "Evincée par le propriétaire de Prisa"

A droite, le journal explique que Socrates, le Premier ministre, "nie toute pression mais craint l'effet électoral". En clair, les électeurs pourraient lui reprocher d'avoir fait supprimer une émission et évincer une journaliste qui le gênait.



Diario de Noticias vendredi 4 septembre picto





Le quotidien populaire 24 Horas fait lui sa Une, en évoquant les larmes de Manuela Guedes. Dans l'une des huit pages qu'il consacre à cette affaire, 24 Horas explique (à droite) que "L'opposition crucifie Socrates" le Premier ministre. Le parti social-démocrate (opposition) parle d'un "attentat contre la liberté d'expression."

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