OpinionWay accuse ses concurrents (Le Monde / Bakchich)
La rédaction - - 0 commentaires"Non, nos sondages ne sont pas "trafiqués"". C'est ainsi que les dirigeants d'Opinion Way titrent une tribune publiée par Le Monde daté de vendredi et reproduite par Bakchich. Pour leur défense, ils mettent en cause (mais sans citer aucun nom) leurs "amis les confrères" qui chercheraient à les déstabiliser.
Hugues Cazenave et Denis Pingaud, Président et Vice-Président d'OpinionWay, contre-attaquent. Et ils n'y vont pas de main morte.
En première ligne de leurs critiques, la presse : "La désinformation [...] le dispute à la diffamation dans un emballement sans fondement qui en dit long sur la misère du journalisme d'investigation en France" jugent-ils.
Mais OpinionWay voit surtout la main des autres sondeurs dans la polémique dont il est l'objet depuis plus de deux semaines : "Les nombreux journalistes auxquels nous avons exposé nos arguments n'ont jamais manqué de nous opposer un point de vue présenté comme étant celui de la profession, orchestré avec minutie par nos confrères et néanmoins concurrents!" Cazenave et Pingaud rappellent malicieusement que lesdits concurrents "étaient contraints d'émarger, il n'y a pas si longtemps, au système des fonds secrets de l'Elysée".
"Pourquoi tant de haine ?" font-ils mine de s'interroger. Pour eux, OpinionWay agace ses concurrents pour avoir "pris pied, depuis quelques années, sur le marché convoité et symbolique des études d'opinion".
Pour tenter de démontrer sa fiabilité, OpinionWay met en avant quelques-uns de ses résultats défavorables à Nicolas Sarkozy et publiés par Le Figaro (sous des titres pourtant peu critiques à l'égard de Sarkozy comme ici). Etrangement, pour démontrer "l'impartialité de [leur] travail", ils évoquent aussi les sondages "sortie des urnes" lors des dernières élections européennes, livrés par les chaînes de télévision à 20h. Or, dans l'hypothèse d'une manipulation de l'opinion, fausser ces chiffres, alors que les bureaux de vote sont fermés, n'a aucun intérêt.
Hugue Cazenave et Denis Pingaud menacent d'attaquer en justice les médias qui "ont franchi délibérément la ligne jaune de la diffamation". Une attitude qui contraste avec celle de Patrick Buisson, à qui l'Elysée a payé ses sondages : il n'a toujours pas réagi publiquement à la polémique.
Par ailleurs, le site Bakchich assure qu'il "continuera de travailler" avec OpinionWay.
(Par Pierre Boisselet)
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