Exit RFI en russe : merci Kouchner ?

Gilles Klein - - 0 commentaires

Christine Ockrent, patronne de l'audiovisuel extérieur (dont RFI) veut, entre autres langues, supprimer les émissions en russe de notre radio internationale. S'agit-il de faire plaisir à Poutine, alors que le mari d'Ockrent, Bernard Kouchner ministre des Affaires Etrangères souhaite naturellement de bonnes relations avec le gouvernement russe ? C'est ce que se demande une blogueuse.



NoëlMamère avait dénoncé ce projet à l'Assemblée nationale le 3 décembre dernier : "vous êtes en train de supprimer les émissions en langue russe. Dans la Russie de Poutine, celle qui commet des crimes en Tchétchénie, celle qui assassine des journalistes, il est utile que ceux qui veulent se battre pour défendre leur vie, la liberté et la démocratie naissante dans ce pays, puissent entendre des radios comme RFI."

Le site Internet de RFI en langue russe picto


Une pétition en ligne a été lancée pour contrer ce projet. Elle souligne d'abord le contexte : "Les journalistes paient de leur vie le droit d’informer. Le correspondant du service russe de RFI, M. Giga Tchikhladze, a été tué le 8 août dernier en Ossétie du Sud, le lendemain du déclenchement du conflit russo-géorgien. Dans ce contexte tragique, la Direction de RFI s’apprêterait à fermer la diffusion des émissions russes de RFI sur ondes courtes dès le 31 janvier 2009."

Mais la pétition apporte surtout des éléments supplémentaires qui montrent qu'Internet n'est pas encore en Russie un moyen de diffusion fiable, pour deux raisons: la censure et la rareté des accès : "Seul subsisterait le site Internet en langue russe de RFI, lancé il y a moins de 6 mois. Ce site connaît déjà un succès certain mais il reste bloqué par les moteurs de recherche russes. (...) Selon les données statistiques russes officielles (en date du 30 septembre 2008) seulement un foyer russe sur cent – essentiellement à Moscou et Saint-Pétersbourg - a un accès facile à l’internet. L’internet est d’accès encore plus difficile en Ukraine et autres ex-républiques soviétiques, sans compter que la Russie, le Bélarus et les républiques d’Asie centrale contrôlent étroitement l’internet et les réseaux téléphoniques."

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