Transparence : avantages de Sarkozy dévoilés

Anne-Sophie Jacques - - 0 commentaires

Dans la série mon amie la transparence,

Mediapart révèle le coût des privilèges accordés à Nicolas Sarkozy en tant qu’ancien président de la République. Des privilèges exorbitants alors que Sarkozy est de retour dans la vie politique et pas seulement au premier plan sur la photo. A l’origine de ces révélations : la demande d’un citoyen féru de transparence, Raymond Avrillier, que nous avions reçu en juillet sur notre plateau consacré aux lanceurs d’alerte.

La liste ressemble à La complainte du progrès de Boris Vian : suffit juste de remplacer "le bel aérateur pour bouffer les odeurs" et "le pistolet à gaufres" par des "fauteuils avec «accoudoirs fixes et réglables», des porte-manteaux, des ordinateurs ou des bureaux en verre transparent"… Sans compter le loyer (16 341 euros par mois), les voyages tout mode de transports confondus, la Citroën C6 – et son essence et son entretien – ainsi que les salaires des cinq conseillers contractuels, dont la demi-sœur de Carla Bruni, qui touchent entre 5 247 euros et 7 020 euros net par mois. Cinq collaborateurs qui s'ajoutent aux cinq fonctionnaires d'État mis à disposition de l'ancien président de la République.

L’ensemble de ces privilèges dont bénéficie Nicolas Sarkozy a été dévoilé par Mediapart vendredi dernier. Cette enquête a été relayée et complétée dimanche par Challenges qui s’est intéressé également aux privilèges de Jacques Chirac et de Valéry Giscard d’Estaing, puis aujourd'hui par Le Point qui affirme que Sarkozy coûte davantage que Georges W. Bush. Ce dernier, le mieux loti des quatre ex-présidents des Etats-Unis toujours en vie, bénéficie en effet de 1,3 million par an. Soit légèrement moins que notre ancien président.

Ces largesses françaises ne doivent leur existence qu’à une simple lettre paraphée par Laurent Fabius en 1985 quand il était premier ministre sous la présidence de François Mitterrand. Ce document précise que l’État met à la disposition des anciens présidents un appartement de fonction "meublé" et "équipé" sans pour autant mentionner "ni plafondni limitation de durée" selon Challenges. Pour Mediapart, "la nature et le coût exacts de ces largesses, estimées entre 1,5 et 2 millions d'euros annuels par tête de pipe, sont toujours restés confidentiels…" jusqu’à la publication de leur enquête qui se base sur des documents exigés par un militant de la transparence, Raymond Avrillier, documents obtenus du gouvernement mercredi dernier.

Ce militant n’est pas inconnu de nos abonnés : nous l’avions reçu lors de notre émission sur les citoyens lanceurs d’alerte et l’homme, qui s’intéresse également de près aux fameux sondages de l’Élysée du temps de Sarkozy, nous racontait son engagement pour la transparence et la possibilité pour chaque citoyen de demander des comptes à l’administration. Initiative qui lui a permis de mettre au jour les privilèges de Sarkozy, comme l’explique Mediapart dans la partie Prolonger de l’enquête. Ainsi, "le 22 septembre 2014, Raymond Avrillier a adressé une requête au Premier ministre, demandant communication des documents administratifs relatifs aux moyens alloués par l'Etat à Nicolas Sarkozy, au titre d'ancien président de la République". Pas de réponse dans le délai d’un mois : Avrillier saisit alors la Cada – la Commission d’accès aux documents administratifs – qui rend un avis favorable le 27 novembre. Après quelques tergiversations, "Matignon a fini par transmettre les documents demandés le 12 janvier dernier alors que Raymond Avrillier avait lancé en parallèle un recours devant le tribunal administratif pour obliger le secrétariat général du gouvernement à s'exécuter" précise Mediapart.

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