GB : l'embarrassant ami du ministre de la défense
Gilles Klein - - 0 commentairesLiam Fox, ministre britannique de la Défense est sur la sellette, depuis que les médias ont révélé, preuves à l'appui, qu'Adam Werritty, un de ses amis proches participait régulièrement à des voyages officiels, en s'affichant comme son conseiller. Il a aussi organisé, en se faisant payer, des rencontres entre le ministre et des industriels de l'armement. Fox avait d'abord vigoureusement démenti, parlant de contacts uniquement privés. Après l'avoir défendu, le Premier ministre David Cameron a finalement annoncé l'ouverture d'une enquête.
Fox, nommé ministre de la défense en mai dernier, est mis en cause pour avoir nié qu'un de ses proches amis, Adam Werritty (34 ans), qui fut son colocataire et son témoin de mariage, l'accompagnait dans ses voyages officiels. Il s'y présentait comme son conseiller, et organisait des rencontres avec des industriels de l'armement, en se faisant payer.
Le 4 octobre, des parlementaires de l'opposition ont commencé à évoquer le cas de cet étrange conseiller, n'aparaissant dans aucun organigramme officiel. Ces questions ont été reprises par les médias (comme le Guardian et des chaînes comme Channel 4), et la polémique n'a cessé de s'envenimer, jusqu'au moment où la presse a publié des preuves détaillant rencontres et déplacements officiels.
Samedi 8 octobre, le Guardian révélait à la Une, qu'entre 2007 et 2010, Werritty faisait du lobbying depuis le bureau de Fox au Parlement, à la tête d'une association soutenue par des groupes de lobbying américains. Il y détenait déjà une carte de visite le présentant comme conseiller de Fox, alors député. Werrity avait gagné plus de 90 000 livres à la tête de cette association.
Deux jours plus tard, le quotidien passe à la vitesse supérieure, en titrant: "Comment des lobbyistes ont été payés pour organiser un rendez-vous avec Fox." La photo montre Harvey Boulter, un homme d'affaires basé à Dubaï qui a payé 10 000 livres pour rencontrer le ministre de la Défense, via Werritty.
Le Guardian a aussi diffusé samedi 8 octobre un extrait d'un journal télévisé diffusé au Sri Lanka, montrant le ministre de la Défense britannique reçu par Mahinda Rajapaksa, le président du Sri Lanka, dans un hotel londonien, en compagnie de Werritty (qui n'a pourtant aucune fonction officielle). Le quotidien prouvait ainsi que Fox, qui niait les accusations, mentait. Face à ces révélations, Fox a du présenter ses excuses, et répondre aux questions des députés, hier, lors d'une séance mouvementée au parlement. L'affaire Fox est toujours à la Une de la presse britannique ce mardi, avec le visage du ministre de la défense. |
L'Independent souligne aujourd'hui que Werritty a bien voyagé avec Fox, et qu'il l'a même accompagné à l'étranger, à 18 reprises. Werrity a aussi rencontré Fox au siège du ministère de la défense, à Londres, à 22 reprises. Le Daily Telegraph cite le Premier ministre, qui reconnaît finalement que "Fox a fait de sérieuses erreurs".
Le Guardian explique aujourd'hui que Werritty a accepté de collaborer à l'enquête, et publie une liste précise avec dates et lieux (de Bruxelles à l'Afghanistan) de ses 70 rencontres avec le ministre. Le journal ajoute qu'il avait accès à l'agenda officiel du ministre. Le quotidien précise que Fox "savait que Werrity distribuait des cartes de visite professionnelles le présentant comme conseiller". Et qu'il lui avait demandé d'arrêter en juin dernier.
Les députés conservateurs sont venus en force, lundi, au parlement pour soutenir Fox, qui combat pour sa survie politique, explique le Times (conservateur), qui croit savoir que les voyages de Werrity ont été payés par des fonds privés. Ce qui ne l'a pas empêché de participer à des dîners et rencontres officielles de haut niveau à l'étranger.