La presse anglaise et les "ordres de bâillonnement"

Gilles Klein - - 0 commentaires

Polémique en Grande-Bretagne, où plusieurs célébrités (journaliste, sportif et autres) ont obtenu de la justice des "gagging orders" ("ordres de bâillonement") interdisant aux médias de révéler leurs noms lié à telle ou telle affaire, ou même de mentionner l'existence d'une procédure en justice les concernant. Dernier exemple en date, un footballeur dont le visage est apparu hier à la Une du Sunday Herald avec les yeux barrés par le mot "censuré".

La photo utilisée par le Herald montre Ryan Giggs. Le cas de ce footballeur est exemplaire, puisque après avoir obtenu de la justice que les médias taisent son nom à propos d'une aventure extra-conjugale, il veut obtenir les noms des utilisateurs de Twitter qui ont l'ont cité. L'affaire est étonnante : toute la Grande-Bretagne connaît son identité, y compris le Premier ministre David Cameron, comme il l'a déclaré lundi sur la chaîne ITV : "Il n'est pas logique que les réseaux sociaux puissent en parler et pas les médias, la loi et l'usage doivent s'adapter".

Ceci d'autant plus qu'un député libéral démocrate, John Hemming, profitant de son immunité parlementaire a cité le nom du footballeur en séance, ajoutant qu'il ne voyait pas comment la justice pourrait poursuivre les 75 000 utilisateurs de Twitter qui ont aussi mentionné le nom de ce sportif. Mais la cour de Londres a confirmé lundi l'interdiction de publication dans les médias.

The Herald évoque aussi l'affaire à la Une de son édition de lundi : "Tempête sur Internet alors que le footballeur est identifié."

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