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joss_beaumont
Judith, je vous aime -
Olivier
Deux grandes intelligences dans une rencontre sans concession mais avec beaucoup de finesse et de respect, merci ! -
Msettimio
Il y en est croient encore qu'en février '34 La Roque a fait échouer la Révolution nationale parce qu'il a retenu ses troupes sur le pont de la Concorde.
Opposition d'idées consanguinité d'esprits : Croire que '68 a échoué parce qu'on n'a pas osé entrer à l'Elysée. Pas vous Judith, pas ça.
Judith, la merveilleuse, la lucide, la perçante Judith redevient une midinette quand elle parle de révolution. -
Adeline Paris
Emission passionnante. Merci -
Juléjim
J'ai lu récemment le roman de Ferrari qui, lui aussi, traite à sa manière de ces mondes que chacun porte en soi et qui "naissent, grandissent et meurent" avec soi.
Voir ci-dessous le copier-coller d'un texte de l'auteur, présentant et explicitant son projet :
[large]« J’IMAGINE QU'ILS VIENNENT DE DÉCOUVRIR DOULOUREUSEMENT que les mondes sont mortels mais ils n’arrivent pas encore à y croire et, pendant l’hiver 410, dans la cathédrale disparue d’Hippone, ils écoutent Augustin, l’évêque qu’ils aiment, le leur confirmer en une phrase limpide et cruelle : “Le monde est comme un homme : il naît, il grandit et il meurt.” Car, de la chute de Rome il faut d’abord tirer un enseignement sur l’effrayante fugacité des mondes dont l’épée d’Alaric vient alors d’apporter la preuve incontestable et brutale.
Rome n’est donc ici que l’un des multiples noms portés par le monde et je voulais poser à mon tour, avec ce roman et dans les termes qui sont ceux du roman, la question : qu’est-ce qu’un monde ? Chaque personnage a le sien, qui le sépare irrémédiablement des autres. Il y a un très vieil homme qui a traversé tout le XXe siècle à la poursuite de l’Histoire sans jamais la rattraper ; une jeune femme qui ramène à la lumière des vestiges enfouis et ne veut pas laisser la vie s’éteindre ; deux amis d’enfance qui reprennent le bar de leur village et cheminent côte à côte vers le désastre. Mais chacun d’eux répond à sa manière à la même question. En chacun d’eux se manifeste la présence ou l’absence d’un monde, avec les éléments qui en assurent la cohésion provisoire autour d’un centre de gravité trop fragile, et chacun d’eux, puisque un monde, quelles que soient son ampleur ou sa durée, doit naître, grandir et mourir comme un homme, vient porter témoignage à sa manière des origines et de la fin. Si Rome n’est que l’un des multiples noms portés par le monde, j’aimerais pouvoir penser que ce roman est exactement ce que son titre indique : un sermon sur la chute de Rome qui fait écho à ceux que prononça Augustin dans la cathédrale disparue d’Hippone pour consoler ses fidèles d’avoir survécu à la fin du monde. » Jérôme Ferrari[/large] -
Robert·
Vous avez eu raison, Judith, d'abandonner le décor artificiel de "D@ns le Texte", abrité (comme vous le dites) par Arrêt sur Images,
et de l'implanter dans un café (provisoirement peut-être, car il existe sûrement de "texteurs" provinciaux) parisien. Votre émission n'est pas une émission littéraire. C'est son caractère "hors formats" et la confrontation de votre personnalité de lectrice engagée avec vos interlocuteurs qui en font l'intérêt. Vous y apparaissez maintenant une peu plus comme une redoutable "débatteuse". On y sent vos complicités comme vos oppositions. La discussion peut frôler la dispute et c'est merveille de vous voir essayer de convaincre François Cusset qu'il y a encore possibilité de politique dans l'évanescence de la passion révolutionnaire qui n'en était pas une.
J'aime vos émissions. -
Lorie
ex soixante huitarde,et fière de l'être,je ne peux me reprocher l'échec de ce mouvement car j'étais très jeune,mais j'y ai tellement cru,que psychiquement,je n'arrive pas en m'en relever.C'était une vraie joie de vivre,tout le monde parlait à tout le monde.Ceux(et celles)qui n'avaient pas la parole auparavant pouvaient la prendre.On voit des films où des gens ordinaires s'expriment dans des théâtres,à la Sorbonne.J'y ai tellement cru que ma vie durant,j'ai espéré le moment où ça reviendrait.Puis,un jour,je me suis dit c'est fini.Peu de temps après,mon fils,que j'avais bassiné avec mes histoires d'ancienne combattante,m'a entrainée au rassemblement des "Indignés"et là,j'ai revécu l'ambiance de 68.Chaque génération peut trouver son combat,et...ses échecs.
Les écrivains,vivant dans la classe bourgeoise,ne savent pas par essence,décrire autre chose que leur milieu,et c'est bien dommage!Vous auriez mis une ouvrière travaillant chez Wonder,votre livre aurait eu à coup sûr une image politique.(je dis ça sans l'avoir lu). Ne me dîtes pas que 68 était le fait seulement d'étudiants boutonneux,il y avait aussi la classe ouvrière d'où le fait de l'ouvrière de chez Wonder qui a,par ailleurs, inspiré un film documentaire long métrage.Il y a eu au bas mot 10 millions de personnes,qui ont participé activement à cette époque exaltante;époque qui ne m'a pas détruite,mais c'est la suite qui m'a plongée dans un dégout certain,surtout l'ère Sarko! -
Michel Colot
certains diraient rien et ils auraient raison de me remettre à ma place avant même de me lire ;-)
J'ai trouvé l'émission intéressante, Judith un peu carricaturale par rapport à elle même (clin d'oeil d'absolution dans mes yeux)
François Cusset peu capable de dépasser son discours rôdé...
Une remarque quand même, les instits m'ont toujours dit : "on ne dit pas "on". On c'est personne." Je doute fort que "on" et "nous" soient
synonymes ... On sait pas qui c'est On ... Nous non plus mais bon ... Bref, je nous vois pas sorti de l'aube gerbe même espagnole.. On est des autres mais lesquels ;-) -
invitée permanente
Bonjour,
J'ai tant à moi, apprécié cette émission.
Ou l'on retrouve Judith en "hussarde de la révolution " (j'exagère à dessein !) . François Cusset peut développer ces théories, et
perceptions.
Personnellement, j'aime bien quant Judith accompagne sa pensée par une gracieuse gestuelle,
et même si je ne suis souvent pas d'accord avec elle, c'est toujours un enchantement de l'écouter, elle soulève de vraies questions;
et surtout ce que j'apprécie le plus, c'est quand elle dit : "Vos personnages ne s'aiment pas, il y a un moment ou on a envie de leur dire
"Mais vivez, quoi !"
Je trouve cet élan vital absolument réjouissant.
C'est pourquoi, Judith, ce sont vos émissions que je guette avec le plus d'impatience.
Les critiques sont parfois dures à avaler, mais ne vous laissez pas abattre, comme disait ma grand mère :
"Les gens qui ne t'aiment pas, ne t'en occupe pas !"
Bonne continuation et au plaisir de vous entendre.
Aurélia -
Juléjim
Pierre, je vois que vous êtes abonné depuis 2008 mais que vous postez peu sur les forums (42 envois à ce jour), je propose donc de vous absoudre pour cette fois mais sachez que ...
[large]JUDITH BERNARD N'EST PAS JOURNALISTE !!! ELLE EST PROF DE LETTRES, METTEUR EN SCENE ET COMEDIENNE, CHRONIQUEUSE SUR ASI etc...[/large]
Juléjim qui fait son YG
;-))) -
FORTUNA
A 1:05, j' ai adoré le substantif "la conflictualité"... mais quelquepart j' me dis que ça ne doit être rien d' autre que "le conflit" (sic).
Hé, vous faites de plus en plus prof-pédante-et-narcissique-qui-s' écoute-parler et de moins journaliste ouverte aux autres, Madame. -
Juléjim
Après avoir visionné ce Dans le texte, n'ayant pas lu le livre de F. Cusset, je me suis livré à une modeste expérience que j'aimerais vous livrer et, pourquoi pas, vous inciter à vivre. A moins que vous n'y ayez déjà pensé !
Il suffit de se rendre là.
21mn d'une vidéo où F.C est interviewé sur son livre mais où les questions et l'intervieweur lui-même ont été coupés au montage ! Une sorte de mini D@ns le texte sans Judith, en quelque sorte !
L'expérience m'a paru instructive à plus d'un titre. D'abord notre rapport de lecteur potentiel du livre se retrouve en prise direct avec son auteur et ce qu'il peut nous dire de son projet ou de son travail, sans qu'il soit médiatisé, comme passé par le filtre de la lecture d'une "super-lectrice" telle que J. B. Ensuite, même si l'on devine le contenu ou le sens général de la question qui justifie les réponses de l'auteur, celui-ci est totalement libre de son développement, il n'est pas interrompu ou perturbé par une relance ou une réaction du questionneur, il va où bon lui semble. Enfin, si l'on a d'abord visionné D@ns le texte on retrouve dans certaines des réponses faites, des thématiques, des remarques, des précisions ou des interrogations également abordées avec Judith.
Au total, un complément possiblement utile, que l'on choisisse ou non de lire le livre. -
titi
François Cusset exprime très bien mon gros cas de conscience actuel. D'un coté le cycliste aide-soignant à domicile, décroissant dans l'âme, mes 2 enfants, ma femme, l'appart le budget juste pile, de l'autre la révolution à 30 km de chez moi, la guerilla à Notre-Dame des landes. Je choisis les manifs le samedi pépère. J'y suis content, mais plaqué ma famille pour la révolution, ça m'est impossible. Célibataire là oui. En couple au chomage là oui, mais avec mes 2 enfants, ben non.
2 mois de salaires en moins tout est en l'air c'est tout dire. Le système m'autorise la manif hebdomadaire, même pas le temps de l'organiser. C'est bien foutu. C'est évident que la famille est un des principaux motifs de non-insurection. Nous ne sommes pas près à sacrifier la création de notre propre collectif, le risque est trop grand de perdre le plus beau.
Nous avons encore quelques retours sur Chouart, c'est réjouissant. La sortie se fera gràce à lui. Les grecs avaient des esclaves pour avoir le temps de s'occuper de politique, nous avons la technique et la simplicité volontaire pour nous extraire du temps. Nous devons pouvoir exiger du temps pour nous occuper de politique. -
icare
Relisez dans l'Education sentimentale le monologue de Deslauriers lorsqu'il espère créer un journal avec l'argent de Fréderic. Le débat post 68 est déjà là tout entier, ante-1848. -
Geugeu
Ceux qui veulent prendre le pouvoir il me semble c'est les Chouardistes, ceux qui réfléchissent a quelle constitution il faudrait écrire, quelles institutions il faudrait mettre en place. Avec un plan de ce type, un quoi faire précis et bien pensé, on hésitera moins aux portes de l'Elysée.
Je suis en train de lire "La démocratie athénienne à l'époque de Démosthène" et c'est assez hallucinant; tribunaux avec 500 jurés tirés au sort, des magistrats tirés au sort pour l'année avec un mandat non-renouvelable, les avocats interdits, etc.
Spinoza explique dans le Traité politique qu’il ne faut pas attendre le bon gouvernement de la vertu des gouvernants — pari sur un miracle voué à être perpétuellement déçu —, mais sur la qualité des agencements institutionnels qui, en quelque sorte, déterminent des comportements extérieurement vertueux mais sans requérir des individus qu’ils le soient intérieurement.
Parce que ce sont les institutions, spécialement quand nous sommes exposés à un air du temps aussi nocif que celui d’aujourd’hui, parce que ce sont les institutions, donc, qui déterminent les choses aimables à penser, il n’y a pas de salut hors de la reformation des institutions. -
djinneo
Emission très stimulante: merci à l'animatrice et à l'auteur. -
Robert·
Le room-mating entre vieux est tellement prévisible qu'il existe déjà et qu'on en a fait un film Et si on vivait tous ensemble ? -
Ellis
A propos de l'utilisation du "nous/ils/on" comme instance narrative principale, je n'ai pas en tête d'exemples étrangers et/ou classiques, mais j'en connais au moins une illustration récente : Les années, d'Annie Ernaux, ouvrage que j'ai déjà eu l'occasion de citer par ici, exercice formel autant que témoignage historique, autobiographie impersonnelle et collective.
(Sinon, c'est vrai que je me surprenais à attendre que Cusset renverse un verre, parte à la renverse, ou bafouille : la ressemblance avec Pierre Richard est frappante !) -
Yanne
La discussion entre deux intellectuels habitués à manier des concepts complexes, intervenant néanmoins très pédagogues, était un enchantement.
Maintenant, sur le fond, et je pense qu'Acephale l'exprime très bien, ce débat est spécifiquement celui de l'après-68.
Non seulement, il ne s'est pas résolu depuis les années 70 entre les intellectuels de gôche et les activistes, mais la discussion indique qu'il s'est brouillé un peu plus lorsqu'il a noyé les générations suivantes dans le néo-libéralisme, qui sous divers avatars, et par un effet de réaction/contre-réaction, est un produit de mai 68.
Maintenant, qu'un intellectuel réel ait sauté le pas, et ait initié une lecture émotionnelle de ce questionnement à travers ce roman, représente une évolution qualitative exceptionnelle en soi. Car le mettre sur le terrain de la recherche de soi dans le collectif, semble une impasse.
Mais pourtant, forcément, il y a une articulation puisque nous vivons une vie individuelle et collective, séparément ou ensemble, continuellement, tous les jours.
Dans ces conditions, il faut reconnaître que ce débat est abscons et il faut le transcender, chercher une pensée qui inclue le politique, le collectif, le social, et l'individu, y compris dans sa dimension psychanalytique, et le structure en un tout qui ne serait pas totalitaire.
Le monde ne peut changer ou être changé, car la notion de révolution me semble en soi suspecte (à mon avis, elle cache des enjeux psychologiques très louches, regardez son étymologie, son sens de retourner le monde -et quoi, après, que pouvons-nous bien faire la tête en bas ?), que si nous nous comprenons nous-mêmes, nos instincts, nos objectifs inavoués et organiques, et cette articulation en nous entre l'individuel et le politique dans son sens de vivre-ensemble. -
Nicolas Vignon
Enfin le 16/9...