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MrClutch
Emission intéressante sur un sujet important, même si on aurait apprécié des exemples de traitement biaisés venant de médias de gauche aussi (ils sont mentionnés par les intervenants, mais pas illustrés il me semble). Félicitations à Clara Barge pour sa première émission.
Quelques pensées me viennent en vrac :
1) Que faire des entrepreneurs de cause ? Peuvent-ils avoir un rôle positif ou sont-ils à contrecarrer par défaut ? La figure de Lumir Lapray m'est venue instantanément quand le concept a été expliqué - et son profil semble correspondre parfaitement. Lorsque j'observe ses interventions médiatiques, j'ai du mal à estimer si son impact est globalement positif (par ce qu'elle exprime sur le fond) ou négatif (dans ce qu'elle ne dit pas de son positionnement) dans la bataille culturelle en cours.
2) Par ailleurs, je me souviens très bien que suite aux élections européennes, il y avait un grand débat à gauche sur la conquête du vote de la ruralité, pour aller vite entre la ligne Ruffin et la ligne Mélenchon. Le bouquin de Cagé et Piketty semblait confirmer une tendance en termes de vote qui sépare les territoires ruraux/péri-urbains et les territoire urbains/banlieues, mais il ne concluait pas sur les raisons profondes. Il me semble à entendre cette émission que Mélenchon avait plutôt raison : la "ruralité" ça n'existe pas, les êtres humains sont avant tout des êtres de culture, et cette culture n'est pas majoritairement définie par le nombre d'arbres autour de soi. Donc la réponse politique n'est pas nécessairement de se placer dans ce cadre "urbain vs rural" mais d'analyser finement chaque territoire et ses réalités sociales et politiques, comme le souligne Benoît Coquard, et de proposer des solutions politiques en conséquence. Si les bonnes réponses politiques sont les mêmes ou peu ou prou, ainsi soit-il.
3) Au-delà des positions politiques stricto sensu (j'entends par là sur les décisions de politique publique à mener par exemple), il y a un combat symbolique. La figure du "rural", du "petit blanc", est idéalisée et manipulée dans le cadre du contrat racial. D'une part pour calmer la colère desdits ruraux en leur faisant miroiter qu'au moins, ils ne seront jamais complètement relégués aux plus basses couches de la société, au moins sur le plan symbolique. D'autre part pour antagoniser au maximum et empêcher la convergence des luttes entre les habitants des différents territoires défavorisés, qui ont objectivement beaucoup d'intérêts politiques communs (sur la question des inégalités, de l'accès aux services publics, de l'alimentation, de la santé etc.). Un exemple marquant récemment, la sortie de Praud sur les agriculteurs blancs et les policiers pour qui "c'est pas facile" de leur taper dessus.
Je pense que toute initiative visant à créer des ponts politiques entre ces deux espaces est à souligner et encourager. Je vous signale donc ici la récente émission sur l'accord Mercosur organisée sur le média décolonial Paroles d'honneur avec des représentants de la confédération paysanne et des soulèvements de la Terre.
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Ghis
L'émission est vraiment très bien ! J'ai particulièrement apprécié les propos d'Emma Coquet. le sociologue apporte aussi un regard complémentaire, mais je rejoins un commentaire plus bas, avez-vous essayé d'inviter un.e travailleur.se rural.e ?
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Croqfiloribo
Merci,très intéressante émission.
Après le lâchage des ouvrier-e-s,maintenant les agriculteur-trices,merci qui............les bobobourins citadin-ne-s,depuis 2 générations minimum.
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smurf
Très bonne émission.
Oui, à la campagne, les gens et leurs situations sont très divers (comme partout ailleurs). Les représentations qui en sont faites notamment à la télé sont souvent très partielles voire caricaturales...
Et, par exemple, on peut remarquer que les agriculteurs ne représentent qu'une infime partie des "ruraux". Cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas parler des agriculteurs mais il faut le garder en tête. Et, d'ailleurs, les agriculteurs eux même sont très différents selon leur activité agricole, leur classe sociale, le lieu de leur exploitation...
Bref, pour bien parler des campagnes, il faut y passer du temps, rencontrer des gens divers et certainement ne pas faire un reportage sur "la campagne".
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pas de nom
bonjour je ne veux pas reprocher aux intervenants d'utiliser un vocabulaire trop académique mais quand même, il y aurait un équilibre à trouver.
Pour rappel, en citant la présentation de Wikipedia(https://fr.wikipedia.org/wiki/Arr%C3%AAt_sur_images), "L'émission avait été voulue et soutenue par le président de La Cinquième, Jean-Marie Cavada, comme un outil pédagogique répondant parfaitement au rôle éducatif fixé à sa chaîne par le CSA."
Quel serait le public de cette émission ? Ou se trouve le projet pédagogique ?
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Lorie
Bonjour Emma,
Emission intéressante mais où sont les travailleurs ruraux? Ils sont trop bêtes pour venir parler sur le plateau? Ils ne pourraient pas s'exprimer?
C'est de l'entre soi journalistique! On ne peut le nier!
Je suis sûre qu'Emma connaît Pierre de la Confédération Paysanne lotoise, paysan instruit, qui prend toujours la parole lors de manifs pas seulement paysannes.
Je suis du Lot, née à Cahors. J'ai passé la plus grande parie de ma vie en Région Parisienne, et ne suis de retour en terre natale que depuis quelques années. Je prétends ne rien connaître au monde rural par contre je côtoie des ruraux lors de manifs, ou rencontres festives, telles le cinéma, des concerts classiques(mais oui!) des festivals de musique, des fêtes populaires. Mais oui! les paysans de nos jours sont instruits!
Celle qui a le plus parlé dans cette émission est la plus manucurée. Je l'imagine traire une vache (tout comme moi d'ailleurs).
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Odyssée
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FORTUNALAND
Très bonne émission sur un sujet peu traité.
Propos et analyses pertinentes de tous les invités.
Présentation très pointue de Clara Barge. Assurance et professionnalisme pleinement dans l'esprit ASI, très bonne diction, pas de superflu, grande efficacité au service de l'émission : bra-vo et longue vie ici ! -
C
Excellente émission, super invités, bienvenue à notre nouvelle présentatrice !
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LeCouzin
Très intéressant, je suis resté du début à la fin.
Et " du coup ", je me suis tapé un " du coup " à quasi chaque minute d'écoute.
Que pouvons-nous faire contre les " du coup " à chaque prise de parole ?
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Romaine du Nord
Au fond on est à peu près tous d'accord qu'il y a des biais énormes dans le traitement de l'information (que l'on soit rural, péri urbain ou autre) mais c'est parce que les journalistes sont tous à la merci de leur boss urbain.
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komp
En tant que sujet parlé, je commence par saluer la qualité des échanges que j'ai entendu dans cette émission. Ça tient évidemment de la qualité des intervenants et aussi du fait qu'ils sont tous globalement d'accord et ne s'invectivent donc pas pour un oui ou un non... Mon côté casse-pieds aurait été comblé si un "magnéto" de l'émission de 2023 sur la "mise en scène de la colère agricole" avait été analysée avec la même grille de lecture que celle utilisée pour l'Amour est dans le Pré. Si j'avais eu cet outil qu'est l'urban gaze, ça m'aurait évité de m'époumoner toute seule sur le forum de la dite émission .... Ce regard surplombant qui distribue les bons et mauvais points sur la base d'un horizon à atteindre défini par les besoins des consommacteurs urbains de la campagne (paysage, environnement, discours et produits) et les "entrepreneurs de cause" (tout nouveau concept pour moi aussi, mais qui dit mieux que tant d'autres termes (lobby, militantisme...) ce rapport malaisant qu'entretiennent les bonnes idées et le buisness de ces dernières.
Bref : bravo !
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Raminagrobis
Regard intéressant mais... sans surprise. Les médias " Bolloreistes" en bons rouleaux compresseurs nous assènent de leurs prêt à penser mortifères