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theomart
Cher Fred B,
Vous avez raison de citer l'avertissement du site Acrimed qui se termine par : "C’est pour que chacune et chacun puissent librement se faire une opinion." .
J'ai lu l'ensemble des documents et je me suis donc fais librement une opinion.
Mais voilà, pour vous cette opinion que je me suis faite librement cela correspond à, je vous cites : "Vous avez le droit de prendre pour argent comptant les propos de ceux qui attaquent Mermet", "vous vous permettez de juger alors que vous n'avez ni les éléments ni la fonction", "vous faites du commérage et vous jugez" etc, etc.. Pire, non seulement vous ne m'autoriser pas à me faire une librement une opinion et l'exposer publiquement ici mais en plus vous avez le culot d'écrire en arguement de votre propre opinion qui de toute évidence semble valoir mieux que la mienne : "Et vous ne permettez pas à chacun de se faire librement une opinion", un diction s'applique parfaitement : "c'est l'hôpital qui se moque de la charité...".
Or, donc, je me suis fais une opinion sur les informations produites par Acrimed (que j'ai ajouté à d'autres informations issus de salariés de Radio France de ma connaissance), je l'exprime librement et publiquement, et j'ai bien peur que quelque soit le petit procureur auto-proclamé détenteur du droit de décider qui peut exprimer une opinion, je n'en changerai pas tant que de nouveaux éléments à décharge de Mermet n'apparaissent. -
theomart
Et les tracts syndicaux ? Les réponses de deux collaborateurs éjectés ?
Bien entendu, eux mentent alors que Mermet lui bien entendu ne peut en aucun cas se défendre de façon mensongère ? Ce qui est incroyable c'est que sitôt que quiconque essaye de critiquer Mermet d'une manière ou d'une autre, il y a une sorte de barrière défensive qui s'élève d'un coup. Une nana tente de suicider dans les locaux de Radio France ? Elle était fragile psychologiquement ! Le problème est qu'elle explique l'origine de cette fragilité => Mermet..
Mais bon, j'imagine qu'il est normal de résumer cette tentative de suicide à une fragilité psychologique pour dédouaner d'autres causes liées au travail, Orange nous a montré la voie....
Deux ex collaborateurs donnent une autre version que celle de Mermet, guide suprême du prolétariat, sur leur renvoi ? J'imagine qu'il faut bien évidement mettre ces témoignages ainsi que le soutien de ce syndicat de jaunes vendu au grand capital qu'est la CGT, sur le compte d'une manipulation de la Direction de France Inter destinée à nuire à Mermet, le phare de la pensée altermondialiste....
Et bien oui, j'ai fais mon choix. Après avoir adulé pendant des années Mermet, les témoignages de salariés qui n'ont objectivement aucune raison de chercher à nuire à Mermet, génie des carpates parisien, et que j'ai pu entendre depuis que je fréquente des salariés de Radio France (à Paris et en province) ont radicalement changé ma vision de cet animateur. Bien sur, on me rétorquera : "rumeurs", "calomnies", etc... Le problème est que lorsqu'une rumeur correspond à des faits qui plus tard se vérifient, ce n'est plus une rumeur, idem pour la calomnie. -
theomart
Bonjour,
Émission très décevante, j'y ai vu essentiellement un panégyrique de Chomsky.
Et puis, il y avait Mermet que je ne supporte plus ou plutôt dont je ne supporte plus l'hypocrisie de gourou radiophonique de l'altermondialisme. Tiens d'ailleurs, à quand un reportage d'@si sur celui qui malgré toutes les casseroles qu'il traîne (harcèlement moral vis à vis de ceux qui travaillent POUR lui par exemple) arrive chaque année à rester en place ?
Quant à ce pauvre Pica, tout émotionné de se retrouver sur le plateau, visiblement pas très à l'aise s'est englué dans des démonstrations professorales qui finalement n'apportait rien au débat sinon faire savoir combien il aimait Chomsky. -
Li
Excellente émission ! je commande tous les bouquins de Chomsky !
Mermet toujours brillant. Vraiment que vive ASI, merci encore je ne regrette pas mon abonnement :-)) -
DanetteOchoc
Je lis le texte de Lepage.
Et je bondis en lisant une citation de Condorcet (décidément mon philosophe préféré), datant de 1792 :
"Attention, si vous vous contentez de faire de l?'instruction des enfants, vous allez simplement reproduire une société dont les inégalités seront désormais basées sur les savoirs ! ».
Voilà Daniel, pourquoi les élites sont si conformistes, si délavées - elles sont le meilleur espace où s'exprime (quelle ironie) le vide politique total - instruites, mais dépolitisées, de vrais moutons de panurge.
Ce qui a poussé Condorcet, une fois passé le constat de l'insuffisance de l'instruction, à plaider pour l'éducation politique.
Education absente de nos écoles, définitivement, désespérément absente... -
DanetteOchoc
Déçue aussi... Je l'ai regardée comme j'aurais mangé une friandise mais je dois dire que je reste sur ma faim.
Je comprends bien le thème de l'émission, qui ne concerne pas les travaux de Chomsky mais bien les raisons du silence médiatique sur sa venue.
Cela étant dit, on ne comprend pas le silence des médias sur Chomsky si on n'a pas lu La fabrication du consentement, dont vous n'avez pas exposé les thèses !!!
Chomsky y démontre magistralement les mécaniques qui empêchent toute indépendance journalistique. Le silence des médias ne réside-t-il pas essentiellement dans ces travaux de recherche (qui comportent certes une composante militante, mais être chercheurs en sciences humaines et sociales c'est aussi ça) ? Pourquoi n'avoir pas exploré le propos du livre ?
En ce qui concerne le formatage des esprits de "l'élite", j'ai souri en regardant l'émission : j'ai fait passer un grand oral d'IEP pendant deux jours la semaine dernière, et le lavage de cerveau est manifeste chez les étudiants, c'est à se demander ce qu'ils apprennent en classe, ou plutôt quelles forces motrices sont à l'œuvre pour générer une pensée aussi délavée. Des jeunes gens intelligents, pour la plupart, manifestement, incapables pourtant de s'interroger, de raisonner, de questionner les concepts et mots des médias.
Sont revenus, en boucle, comme un mantra, une décoction qui assure la bonne note, les expressions "développement durable" (l'écologie c'est indispensable hein, faut être écolo - mais partir en vacance à bali et s'acheter une grosse caisse quand même - et puis bon ça coûte cher à l'Etat), "croissance" (condition de ce même développement), "performance" (crucial dans le monde d'aujourd'hui, très "compétitif", "utilité" (ah ben les sciences sociales on pas su faire la preuve de leur "utilité"), "droits de l'homme" (ah ben oui c'est important. mais totalement compatible avec la lutte contre le terrorisme).
Au secours. La moindre interrogation sur le sens profond de ces expressions, leur sens passé, présent et à venir, donnait lieu à un spectacle semi comique, entre le "ah ben tiens je m'étais jamais posé la question" et le "vous pouvez répéter la question".
J'ajoute que nos futures élites, moyenne d'âge 22 ans, et toutes leurs dents, sont persuadées que la presse est effectivement indépendante, n'ont jamais ou presque entendu parler de critique des médias, pensent que les juges sont pas gentils avec les hommes politiques et leur font trop de procès (hein quand même les procès c'est méchant) et estiment que oui la discrimination positive à l'entrée des écoles c'est la solution sociale à l'intégration. Ils croient enfin que oui, les juges du conseil constitutionnel empêchent l'action gouvernementale, et que bon, les experts, en gros, ils font chier. Hum hum. A la question "et à l'aune de quel texte les juges censurent-ils les lois", je n'obtins qu'un plat "ben la constitution", comme si celle-ci n'était qu'un morceau de papier inutile, qui ne dit rien du régime dans lequel nous vivons. La démocratie réduite aux procédures, et le régime oublié...
Enfin oui, la justice, selon que vous êtes puissant ou misérable, "s'attaque" à vous de la même manière.
Ben voyons, et moi j'm'appelle Maurice.
Bref, quand on pousse, bouscule, ça décoiffe un peu (toujours autant de plaisir à torturer intellectuellement les étudiants), mais pas des masses, et c'est effrayant. de quoi s'interroger justement sur le formatage des esprits dits cultivés, éduqués... Peut-être leur manque-t-il ce bon sens populaire, cette common decency dont parle Orwell, oubliée dans les ors et l'illusion d'une naissance privilégiée.
Une petite vidéo pour détendre l'atmosphère, parfaite illustration de ce grand oral qui fera date dans mon esprit.
ps : il y a quand même des gens vraiment brillants... -
Nicolas T.
Bonsoir à tous,
en début d'émission, est dit une remarque que j'ai l'impression d'entendre de plus en plus souvent mais que je n'arrive pas vraiment à intégrer ni à me représenter...
Il est dit "c'est ce qu'on apprend dans les écoles de journalisme".
J'entends régulièrement des propos de ce type, que ça soit chez vous ou même chez des connaissances qui connaissent un cousin dont la soeur de la petite amie du grand frère a commencé puis quitté une école de journalisme pour des raisons qui me sont encore obscures...
Peut être serait il envisageable de faire une émission justement sur ce sujet afin de nous éclairer (j'ose espérer que je ne suis pas seul dans l'ignorance ;-)) sur ce qu'on apprend dans les écoles de journalisme, sur les critères de réussites ou d'échec, sur la renommée de telle ou telle école et de ses débouchés... Cela permettrait justement de répondre à une question simple qui est de savoir comment peut on proposer sur les grands médias autant de sujets aussi peu interessants et si peu pertinents.
Merci à ASI pour son existence,
Cordialement,
Nicolas. -
Goulven
Je suis agréablement surpris par l'émission, après avoir fait l'erreur de regarder le forum avant. On ne m'y reprendra plus. C'est un plaisir de voir le vieux briscard Mermet dans ce cadre là, alors bien sur ça souffre un peu d'un manque de contradiction, mais personnellement je ne vais pas bouder mon plaisir.
Il en ressort quand même une info intéressante : ce n'est pas tant les médias qui boudent Chomsky, que l"entourage" de Chomsky qui dresse un drôle de cordon sanitaire autour de lui. A ce titre, Pierre Pica n'est pas bien clair (à d'autres titres d'ailleurs aussi) -
coca
Émission qui à commencé à être intéressante vers la fin.
Enfin @si commence à creuser les sujets de critique. Dommage que l'émission s'arrête au moment où cela devenait intéressant.
Il serait intéressant de présenter les pensés d'intellectuel comme Bourdieu, Chomsky, Badiou...etc et de l'opposé à une critique objective. Peut-on vraiment changer la société et les rapports de domination ? Quels sont les contres pouvoirs à mettre en place ?
Les vidéos de Bourdieu du collège de France sur le champ journalistique était très intéressante...
Invité plus d'intellectuel. Présentez leur pensé.
C'est peut-être ce qu'on attend aussi d'@si. -
Gee Lou
(re)voir "la sociologie est un sport de combat" de PCarles avec bourdieu.... on y retrouve le besoin de certains intellectuels tel Chomsky de s'adresser directement au gens du peuple... -
Aude
Sur les conflits théorique en linguistique, en réaction aux propos de Pierre Pica.
Je voudrais faire un point sur un extrait de l'émission pour faire justice à ma paroisse scientifique. Voici l'extrait en question (De 21'27 à à 22'11) :
PP : La théorie de la transformation – qui est un type de règle tout à fait particulière qui est linguistique. Un certain nombre de travaux en France par des intellectuels très connus, ont dit « la transformation linguistique et la transformation sociale, c'est la même chose »
DS: Et qu'est-ce qui l'a heurté lui là-dedans
PP: Ben ce qui l'a heurté c'est que c'est tout simplement aberrant de dire ça.
DS : C'est faux. C'est la même chose que si je vous dis – euh – je ne sais pas moi – vous aimez euh – imaginons vous allez au jardin des plantes, euh vous aimez les fleurs et vous aimez les oiseaux et moi je vous dis, bon ben c'est évident il y a une relation scientifique entre les oiseaux et les fleurs et vous me l'avez démontré »
Pour éviter de rentrer dans une dissertation épistémologique je reprendrais point par point les propos de Pierre Pica. Les spécialistes me pardonnerons d'aller vite et de ne pas rentrer dans le détail.
PP : La théorie de la transformation
(Ou plutôt la théorie de la variation)
qui est un type de règle tout à fait particulière
(Considérée par les sociolinguistiques, non pas comme une particularité mais comme l'usage le plus courant du langage : chacun d'entre nous adapte son lexique, sa syntaxe, sa prononciation selon qu'il se trouve avec sa famille, ses amis, ses collègues, ses supérieurs hierarchiques, sur le champ public ou privé etc... De même lorsque nous écoutons quelqu'un parler il nous livre des informations sur son appartenance sociologique (ou plutôt nous lui attribuons des caractéristiques sociologiques) )
qui est linguistique. Un certain nombre de travaux en France par des intellectuels très connus,
(et aux États-Unis avec une forte présence dès la fin des années 60 et dans bon nombre de pays. Quelques auteurs pour ceux que cela intéresse : Labov, Gumperz, Calvet, Marcellesi, et bien-sur Bourdieu pour ce qui est des contributions des sociologues)
ont dit « la transformation linguistique et la transformation sociale, c'est la même chose »
(pas tout à fait : variation linguistique et contexte sociologique sont liés et interdépendant)
DS: Et qu'est-ce qui l'a heurté lu là-dedans
(bonne question!)
PP: Ben ce qui l'a heurté c'est que c'est tout simplement aberrant de dire ça.
DS: Pourquoi ? (toujours une bonne question)
PP: C'est faux. C'est la même chose que si je vous dis – euh – je ne sais pas moi – vous aimez euh – imaginons vous allez au jardin des plantes, euh vous aimez les fleurs et vous aimez les oiseaux et moi je vous dis, bon ben c'est évident il y a une relation scientifique entre les oiseaux et les fleurs et vous me l'avez démontré »
(à moins que je n'ai pas compris, il me semble que Pierre Pica utilise ici un sophisme qui n'a ni lien, ni pertinence argumentaire. Il ne me semble pas que les fleurs soient utilisés pour rentrer en contact avec les oiseaux ou inversement.
Les linguistes ont pu observer que les locuteurs de langues mettaient en place certaines stratégies communicationnelle différentes selon les divers groupes sociologiques avec lesquels ils rentrent en contact. D'où le lien entre le changement linguistique (exemple en français : apparition du verlan, disparition progressive de l'imparfait du subjonctif dans certains milieu et/ou contexte) et changement social.
Que savoir mettre en place des stratégies communicationnelles fait partie de l'apprentissage linguistique.
L'idée est de voir que les locuteurs d'une langue, sont également des êtres sociaux. Les codes sociaux évoluent, ou plutôt varient, la langue fait partie de ces codes.
Cette guéguerre scientifique dure depuis les fondement de la linguistique, lorsque Saussure voulut isoler langue (comme entité homogène) et parole (pratique de la langue).
Les linguistes générativiste ont choisi de travailler sur le fonctionnement interne des langues. Chacun son travail, ok.
Cependant je ne vois pas l'utilité de nier l'évidence d'un lien entre le monde social et la pratique linguistique, que Saussure lui-même n'a jamais démentis! Et de discréditer toute une discipline qui a assis la scientificité de ses découvertes par un simple sophisme qui ne tient pas la route. Dire que quelque chose n'existe pas ne suffit pas à le rendre invisible.
La coexistence de deux modèles théoriques en linguistique ne peut-elle pas être envisagée !?
En tout cas il est regrettable que chacun nie l'existence de l'autre, car il me semble impossible qu'une des deux n'aient aucune pertinence dès lors que leurs scientificité à toute les deux sont reconnus sur le plan international.
Une question reste : Mermet à beau dire qu'il y a "deux Chomsky", un chercheur et un philosophe engagé, son positionnement politique et philosophique et son positionnement scientifique me paraissent difficilement compatible. Mais peut-être que d'autre pourrons me l'expliquer. -
Willdub
Voici une modeste réflexion que je me suis faite sur Chomski, le langage et ce qui le différencie des intellectuels français.
Tout d'abord, en le lisant et en écoutant quelques interventions qu'il a pu faire lors de son séjour en France, je trouve que ses discours sont littérairement « pauvres ». En effet, en le comparant à certains penseurs français, il me semble que Chomsky utilise toujours un langage simple et qu'il emploie avec beaucoup de circonspection certaines figures rhétoriques ou poétiques, là où l'homme de lettres français tend à les multiplier. On trouve chez lui peu d'euphémismes, d'hyperboles, d'anaphores ou de questions rhétoriques – d'où aussi l'impression, comme le dit Mermet, que le discours de Chomsky n'a peut-être pas vocation à convaincre. Mais, cette « pauvreté » est aussi séduisante car elle semble plus rigoureuse (elle conduit moins souvent à l'amalgame et à la caricature) et accueillante (elle évite de disqualifier trop facilement une opinion contraire).
Ensuite, il me semble que cette méfiance pour les outils langagiers se reflète aussi dans sa manière de considérer l'interlocuteur. Alors que l'intellectuel français – comme un politique aguerri à l'exercice du plateau – introduit sa réponse, jusqu'au moment où il reformulera la question qu'il a cru entendre et à laquelle il a envie de répondre, Chomsky répond sans détour, prenant note des éventuelles remarques qui lui sont adressées, et considère son interviewer comme un être à part entière et non comme un médium, un outil par lequel sa pensée doit transiter ou se propager.
L'impression que j'en garde, c'est donc que s'il y a chez Chomsky une méfiance de l'« Intellectuel », c'est aussi et surtout parce que celui-ci est le détenteur de la langue et qu'il sait à ce titre l'asservir à ses fins pour persuader, discréditer, manipuler, bref fabriquer du consentement. -
pierrepica
En réponse à :
@ Pierre Pica
Il y a aussi un petit passage peu clair : lorsque vous parlez du "&" dans (si j'ai bien compris) l'article du Monde Le savant et le militant, un petit "&" énigmatique, vous dites notamment :
"S'il n'est pas capable de comprendre ça, de mon point de vue on est vraiment dans le cadre de la manipulation médiatique."
Il m'a semblé que là vous parliez de Jean Birnbaum, or l'article en question est signé Patrice Maniglier (mais peut-être j'ai mal compris).
_____________________
C est correct en effet, et je vous remercie d avoir souligné cette erreur; qui me permet de poser une question :
Pourquoi et comment deux auteurs distincts 'disent-ils' la 'même chose', (le même jour) sur la même page du Monde :
(i)
que Platon et Orwell, ce n est pas très différent chez Chomsky
(ii)
et semblent dire que les jugements de Noam Chomsky mettent Foucault et Derrida sur le même plan
Ce qui est absurde
Cordialement
Pierre Pica -
marilyne mottier
Je ne comprends pas le questionnement sur le fait que N Choamsky utiliserait sa renommé internationale scientifique pour venir soutenir des postions...
C'est vraiment de la démagogie.
Fait on la même reflexion à des personnes comme A Kahn, A jacquart, etc....
Poser cette question en soi pose déjà problème ! -
Benoît
Je me permets d'ajouter mon commentaire.
J'ai trouvé cette émission sur de nombreux points très éclairante, sur d'autres extrêmement décevantes. J'ai beaucoup apprécié que vous soyiez partis dans des directions multiples pour trouver les raisons du traitement médiatique et plus globalement du désintérêt assez massif pour Chomsky en France. Par exemple, quand le plateau ne se limite pas aux questions immédiates (boycott de la part des intellectuels) mais va peut-être se rendre compte qu'avec Bourdieu, en France, la messe est dite (sur le fond du message), et qu'il ne reste chez Chomsky que la forme, à savoir l'idée que tout le monde est intellectuel.
Mais quelque chose m'a posé énormément problème, c'est l'attitude de Daniel Mermet. Ce que ce gars produit quotidiennement sur france inter m'a intéressé pendant un temps très restreint, jusqu'au moment où je me suisrapidement rendu compte qu'il s'agissait de la pire forme de caressage populiste dans le sens du poil de tout le côté un peu révolté de la gauche qui se limite au bout de son nez. Je suis de gauche, mais je n'estime pas pour autant que des émissions de l'acabit de là-bas si j'y suis font avancer le débat ; j'ai plutôt l'impression qu'elles servent à auto-satisfaire le gauchisme primaire dans son point de vue soi-disant critique de "tous des pourris".
Alors que l'émission de Mermet avait commencé à m'intéresser par la possibilité qu'il donnait à une certaine forme d'expression, j'ai rapidement revu mon jugement en me rendant compte que c'est le rabâchement sans cesse du même discours, qui ne va pas chercher très loin ses idées. Du populisme.
Tout ça pour dire que j'ai entendu le même Daniel Mermet. Pas qu'il soit globalement inintéressant, il a parfois des choses très pertinentes à dire. Mais j'ai extrêmement mal digéré (ça m'a gâché le reste de l'émission) le passage où Mermet-Le-Populiste engage un discours se résumant à dire que la sphère médiatico-intellectuelle française a boycotté Chomsky. Le fait qu'il utilise ce genre de termes "boycott" comme il se plaît à le faire dans son prêche quotidien pour expliquer à la France d'En-Bas que l'élite leur veut du mal, ça ne m'a pas gêné per se. C'est plutôt le fait que la question était à approfondir, et ça n'a pas été fait. Ça devient trop compliqué d'entrer en profondeur dans une complexité, quand on a un discours manichéen, je suppose. Il a beau lui être rétorqué que Le Monde a voulu une interview, que Chomsky soit pour des raisons médicales soit par auto-censure a refusé... on continue gentiment l'émission sur "bouu les intellectuels français tout méchants qui ne veulent pas entendre de Chomsky". La question PRIMORDIALE qui se pose est : "Pourquoi l'Huma, Libération, La Croix, la Monde Diplo, Là-Bas... et pourquoi pas Le Monde ? Est-ce que Chomsky ne sélectionne pas lui-même son public histoire que, bien qu'il ne le dise pas, reste dans l'air une vague (et fausse) impression de "Les intellos l'ont censuré" ? Histoire que son discours puissent survivre, et que Mermet puisse utiliser sans se poser de questions le terme de "boycott" ?". Mais bon. Cette question n'a pas été posée.
C'est tellement mieux de dire que c'est l'élite qui veut le mal du peuple. Je ne dis pas que l'élites n'a pas ses vices (soulignés sans cesse ici) de confort qui biaise le jugement. Mais bon, l'objectif semble rester la démolition sans états-d'âme d'un monde de pensée qui, vu du bas (c'est de ça dont il s'agit) est une belle cible pour populistes.
NB : Chomsky, un très bon journaliste... parce qu'il cite toutes ses sources ? Laissez-moi rire, la critique gauchiste a tellement cherché à avoir une attitude a-scientifique et anti-intellectuelle qu'elle ne sait plus que, en science aussi on cite toutes ses sources pour que son travail ait une validité ? Ce n'est pas propre au journalisme. -
Bondurant
Je suis satisfait de cette émission. Pourquoi? Parce qu'@si est une émission d'analyse des médias et que c'est ce qu'elle a fait en analysant le traitement médiatique de Chomsky par les médias francais pendant son passage an France.
Je pense que beaucoup de "décus" de cette émission ont oublié ceci, surexcités qu'ils étaient peut-etre de voir que le sujet traitait de leur idole Chomsky. @si n'a pas pour vocation premiere de vulgariser et d'analyser uniquement les théories chomskiennes, d'autres dont Mermet s'en chargent tres bien. -
Tangor
Je viens de finir le visionnage de cette émission passionnante. Merci à DS pour les efforts méritoires qui sont les siens pour faire "accoucher" les deux invités de ce qu'ils ont à dire, leur faire préciser leur pensée, se mettre à la place de l'internaute lambda etc. etc. -
Nicolas Vignon
Une raison simple, et qui me parait évidente, pour expliquer la théorie de Chomsky sur les élites et le conditionemment, cher Daniel, ne serait-elle pas que les élites s'enferment dans leur mode de pensée, car elles le considèrent comme bon, précisemment car elles se definissent comme élite, et ne se remettent pas de ce fait en question. Alors que les masses savent que leur mode de pensée est mauvais (genre "je sais, tf1, c est de la merde mais je regarde quand même...") et auront donc plus facilement tendance à se remettre en question et a sortir du moule?
D'autant plus que les élites encouragent les masses à modifier leur fonctionnement (ou devrait le faire), alors que rien ne tend à modifier les élites...
De plus, du simple fait du nombre, les échanges, qui favorisent de fait la diversité et la tolérance, est plus aisée dans les masses que dans une élite. -
yannick G
Wouai, vachement sympa la conclusion de cette émission, mais en attendant, on se fout de notre gueule.
Ce matin, j'ai pris un Chomsky dans ma bibliothèque, j'en ai toujours un à disposition, là, c'était "Deux heures de lucidité", un entretien avec Denis Robert et Weronika Zarachowicz (2001), on me l'a vendu à l'époque comme le couteau suisse de la pensée altermondialiste, et bien, vous me croirez ou pas, je ne suis pas arrivé avec à ouvrir une boîte de conserve, à tailler ma haie, à me coiffer, à regarder un papillon ou à couper mon rosbif.
Alors, là, question outil vous repasserez, enfin pas avec, car, même ça, il n'est pas foutu de le "fer."
:P yG -
antenne
@ arnaud romain
"quelqu'un qui verrait cette émission sans connaître Chomsky n'aurait quasiment rien appris de sa pensée."
effectivement, pour ça il faudrait faire une autre émission. Dont le sujet serait non pas "la visite de Chomsky en France et sa bizarre "médiatisation"", mais : "les analyses politiques de Chomsky", ou mieux : "Chomsky et sa critique de médias".
ça demanderait un certain boulot, mais pas tant que ça : en effet il me semble que Chomsky répète souvent (et patiemment) les mêmes idées (comme s'il fallait les faire entrer dans la tête de types pas forcément très rapides d'esprit), mais appliquées à différents cas, avec différents exemples ou illustrations.
Sur ces sujets un contributeur anonyme avait posté ce commentaire instructif :
Les 3 volumes de Comprendre le pouvoir de Chomsky (10€ pièce) paraissent indispensables (je suis dans le 1). En plus ça se lit très facilement, c’est construit à partir d’entretiens. Même si Chomsky traite en particulier des USA, ce qui concerne les médias et les techniques d’enfumage est universel.
Je commence tout juste à m’apercevoir de l’importance de ce Chomsky, de l’extrême pertinence (et en même temps rareté) de ce qu’il raconte. Il est incroyable qu’il soit encore peu connu ici en France, et d’ailleurs plus ou moins considéré comme un type un peu "suspect" - c’est ce qui semble ressortir de propos signés BHL et autres "éditocrates" français (il faudrait étudier ça en détail). Mais bon il est logique que les "faiseurs d’opinions" s’efforcent de discréditer le principal et plus glorieux critique de médias, au monde on peut dire.
Un truc étonnant chez ce type, est que lorsque quelqu’un lui dit "là quand même c’est difficile à croire", ou "là je ne suis pas d’accord avec vous", Chomsky aussitôt sort tels et tels cas concrets pour appuyer ce qu’il raconte, et documents à l’appui : tout ce qu’il raconte découle de l’étude de myriades de documents, il ne s’agit pas du tout de paroles en l’air (singulier contraste avec un certain nombre d'imprécateurs français ! - au hasard BHL ou Fink). A l’inverse, à tel moment il va dire : "je soupçonne fortement, bien que je ne sache pas comment le démontrer, (...)" (Comprendre le pouvoir, Tome 1, p. 99). Je trouve ce mec parfait, il est scandaleux qu’il ne soit pas davantage connu et donc écouté ici (quand des BHL et autres marchands de soupe ont tous les pignons sur rue). Il y a du boulot à faire sur ce sujet...
Avant de s’attaquer à ses bouquins on peut visionner le documentaire Manufacturing Consent - Noam Chomsky et les médias (1992), ça peut se télécharger ou visionner ici ou là assez facilement, y compris sous-titré en français.
Effectivement les 3 volumes de Comprendre le pouvoir paraissent parfaits pour s'initier à Chomsky-le politique, et vraiment c'est pas dur à lire (là je finis le tome 2) ; et le documentaire cité ci-dessus (Manufacturing Consent) constitue une parfaite introduction, assez centrée sur sa critique de médias qui est comme la base de sa pensée politique. On peut dire que Chomsky pratique avant tout et principalement le désenfumage (discipline rendue hautement nécessaire en France depuis 2007 et l'élection de qui l'on sait) : il devrait être immensément populaire ici. Or il est inconnu du grand public ! A l'occasion de sa venue en France de larges extraits de ses bouquins politiques auraient du être publiés dans les magazines ! Mais non il faut continuer à se taper la prose moisie des Alain Duhamel (celui-là jusque dans Libération !) et compagnie...
Bref il faut faire mieux connaître Chomsky. Je m'étonne que Acrimed ou @rrêt sur images n'en parlent jamais. Certes ce ne serait pas à proprement parler du "décryptage" (@si) ou de la "critique de médias" (Acrimed) : ce serait de la pédagogie. Cela ne me semble pas infamant (d'ailleurs Chomsky lui-même ne fait rien d'autre, avec toutes ses conférences et bouquins politiques) : je pense que @si, avec les moyens que Acrimed n'a pas (en personnel rémunéré tandis que chez Acrimed ce sont des bénévoles pas forcément très disponibles), je pense que @si devrait un peu s'y coltiner. D'ailleurs à la lecture des commentaires il semble y avoir une demande de la part des abonnés (mais sur ce point après tout peu importe : faire connaître Chomsky est de toute façon une mission de service public).
Diverses références (avec des liens où l'on peut trouver des extraits de ses bouquins politiques) sont réunies à la fin de :
Noam Chomsky, encore quasi inconnu en France : à qui la faute ?
(dans "Pour se familiariser avec Noam Chomsky")