ASI à Trappes : deuil, colère et résilience

La rédaction - - Médias traditionnels - Déontologie - (In)visibilités - 18 commentaires


Il s'appelait Pengo Bossio Wangi, il avait 26 ans et il est mort vendredi 23 octobre 2026 square Louis-Pergaud, à Trappes, cible de plusieurs balles tirées au mitrailleur par Kevin Tessier, 39 ans, originaire de la ville voisine de Guyancourt, qui s'entraînait au tir, biberonné aux discours racistes des chaînes de flux en continu, Cnews notamment. Au total, le terroriste a fait 22 victimes, blessés directs et indirects. Parmi elles, une enfant de 12 ans, Ramatou, grièvement touchée par 8 balles.

Aux enquêteurs, Kevin Tessier a avoué avoir visé Trappes car la ville de 35 000 habitants était un "repaire d'islamistes", et ciblé spécifiquement des Noirs, des Arabes et des musulmans pour venger les commerçants victimes de pillage après les manifestations du 17 octobre 2026, reprenant une fake-news de l'extrême droite liant ces événements à l'immigration. À son domicile, ont été retrouvés des autocollants à l'effigie du Rassemblement national et un exemplaire du livre "Mein Kampf".

Nous ne pouvions pas commencer cette émission spéciale, tournée au cinéma Omar Sy de Trappes, autrement qu'en adressant les condoléances de l'ensemble de notre équipe aux habitants, choqués par l'attentat et dire notre soutien aux victimes et à leurs familles.

À Arrêt sur Images, nous connaissons trop bien les discours de stigmatisation qui ciblent les villes populaires comme Trappes ou de nombreuses autres communes de région parisienne comme en Seine-Saint-Denis. Comment grandir dans une ville systématiquement renvoyée à ses côtés sombres marginaux ? Comment lutter contre l'essentialisation d'une commune entière quand on est maire ? Quelles conséquences dans la vie quotidienne des habitants ? Comment continuer à faire confiance aux journalistes tant ces stigmatisations traversent l'ensemble des médias, y compris du service public ?

C'est à toutes ces questions que nous avons tenté de répondre dans une émission délocalisée à Trappes, au format spécial : un entretien avec le maire, Ali Rabeh, et une table-ronde avec trois Trappistes : Ramata Soumaré, enseignante d'histoire-géographie, Naïla Jaaouane, fondatrice de l'association "Mamans du coeur" et Assa Traoré, gérante d'entreprise.

Aller plus loin

- Célia Chirol, "L'attentat raciste, négrophobe et islamophobe de Trappes à la télé : le strict minimum", 30 octobre 2026

- "Les médias Bolloré ont contaminé la plupart des médias d'information", Télérama, 6 novembre 2026

- "Après Trappes, le procès du racisme médiatique", Bondy Blog, 3 novembre 2026

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