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  • IT 13 janvier 2026 à 21:40

    Dans notre (longue et épuisante) série "Les Cons Contre Les Cons".


    Rokhaya Diallo sort un article dans The Guardian, au sujet de cette caricature et de ces suites. Elle y répond aux justifications que se donne le Charlie, à savoir la contextualisation par l'article et le fait de s'identifier comme journal féministe et antiraciste.


    Les deux justifications sont bancales. Rokhaya Diallo dit ne pas voir du tout le rapport entre l'image et l'article, et c'est certes bancal, mais on peut comprendre la caricature comme l'accusant de surjouer son identité "raciale" pour son public, ce qui fait sens dans la perspective assimilationniste du Charlie (pour lequel tout facteur identitaire devrait se fondre sans revendication propre dans une identité nationale unique et homogène - ce qui est une posture idéologique niaise et problématique parce qu'elle-même ignorant d'une part l'effet des assignations extérieures, et d'autre part stigmatisant comme "communautariste" toute déviance à une norme faussement neutre). Et bien sûr, le Charlie peut prétendre "nan c'est toi les racistes", ça a peu de valeur devant les discours soutenus et leurs implications réelles. Mais bref, c'est tout le vieux débat entre le salad bowl et le melting pot. Il y a de quoi s'écharper, prendre position les uns contre les autres, et tout ça, même en se comprenant mutuellement, ce que pas grand monde essaye de faire.


    Par contre, Rokhaya Diallo prend ensuite comme preuve du racisme de Charlie une caricature de Charb. Et là, on tombe dans l'effroyablement stupide. Charb dessine Christiane Taubira en singe (une imagerie effectivement férocement, salement raciste) à côté d'un sigle Front National et sous le titre "rassemblement bleu raciste", le tout en réponse au FN qui, tout en cherchant à se dédiaboliser et se prétendre non raciste, publiait des photos de signes censés représenter Taubira jeune. Donc bien sûr que le dessin de Charb, caricaturant le racisme FN pour le souligner quand celui-ci cherche à s'en dédouaner, est une image raciste. C'est le but. Mais elle est assignée au discours FN, un discours dénoncé. Un discours rapporté. S'en saisir pour prétendre Charb raciste, c'est juste, pour le coup, une lecture imbécile de son dessin et de son intention.


    Le Charlie actuel est tout pourri, parce que ses auteur-ices sont bêtes, et (au mieux) incapables de saisir les implications islamophobes de leurs propres discours. Riss, en particulier, dans ses éditos, se positionne comme très ouvert et tolérant vis-à-vis des musulmans "modérés", mais ses textes en reviennent régulièrement à impliquer que chaque signe distinctif, chaque réappropriation identitaire de l'Islam, est un effroyablement fanatique affront à la démocratie. Mais à l'inverse, les accusateurs du Charlie démarrent toujours au quart de tour pour interpréter une image, ou un bout d'image, au pire, au plus absurde et au plus gratuitement toxique, sans chercher à en saisir son intention précise - que cette intention soit défendable ou stupide. Rokhaya Diallo va jusqu'à affirmer tout simplement qu'aucune intention, aucun contexte, ne pourrait justifier de telles images. C'est délibérément obtus, il y a toujours la possibilité d'un contexte légitime - présent ou non, clairement lisible ou maladroitement hermétique, à déterminer. Tuer la discussion sur les intentions ou le sens d'un dessin, c'est tout le contraire de la détermination voire la critique du sens d0un dessin. C'est, typique de notre époque, la fierté militante d'en comprendre ostensiblement le moins possible. 


    Bref, typiquement, rien à sauver, d'un bord à l'autre de l'affaire. Tout le monde est de mauvaise foi, ce n'est même plus un désaccord ou une dispute articulée, juste des circuits clos qui tournent en rond chacun de leur côté. L'illustration de notre civilisation des bubulles, dans laquelle, mécaniquement, la plus grosse et la plus bête, la plus trumpienne des bubulles domine le monde. La règle du jeu conçu pour que le pire y triomphe. Diallo, au final, y participe autant qu'un Riss.

  • Max Médio 8 janvier 2026 à 00:04
    Riss semble souffrir d’un sérieux stress post traumatique et cela fait longtemps que je ne lis plus Charlie Hebdo. 

  • Ervé 7 janvier 2026 à 10:30

    Il y a 11 ans, jour pour jour.

  • Civa 4 janvier 2026 à 23:11

    Le problème mérite d'être réfléchi, mais là, à chaud dans la découverte du sujet, je dirais que Charlie-hebdo argumente plutôt bien : la caricature est là pour illustrer leur article où il est dit cette l'autrice vante un multiculturalisme en se vendant comme autrice pro-américaine et anti-laïcité française, leur article assimile l'exposition de cette opinion en Amérique au fait de se vendre comme noire sur la scène américaine, à la limite de la prostitution (là c'est moi qui extrapole). C'est aussi une critique du multiculturalisme à l'américaine, que l'on peut considérer comme une réduction des individus à leur "race" ou leur "origine", et donc cette autrice jouerait ce jeu là.


    En fait c'est un type de critique que l'on peut brandir pour pas mal d'auteurs qui veulent passer à la télévision (française) : se vendre, faire le guignol, quasiment se prostituer, et, en définitive, se ridiculiser, se dévaloriser.


    Après, la caricature est dure, et sortie de son contexte, elle perd ce sens. Elle aurait été plus claire si les spectateurs avait été reconnaissables comme des américains de la presse, ou qlq chose comme ça : bref, si le dessin avait repris plus de thèmes de l'article qu'il accompagne.

  • MaisonBorniol 3 janvier 2026 à 10:49

    Soutien à Charlie, RD passe son temps a être écouté par les anglo-saxons pour traîner la laïcité dans la boue sous couvert d oppression caricaturale.  Charlie a répondu sur la même tessiture mais avec un dessin. Puisque la laïcité est dépainte comme une pensée esclavagiste moyen ageuse,  et bien, Charlie l a dessiné telle qu elle la décrit.  Et puis, la caricature bien pensante,  n est plus de la caricature, ca suffit. 

  • Brenda Relax 3 janvier 2026 à 06:23

    Il faut arrêter avec les euphémismes. Il n'y a aucune confusion chez Charlie Hebdo. Juste un racisme bien de chez nous (enfin, de chez eux, du pays moisi qu'ils s'inventent dans leur tête) qui se cache derrière "l'universalisme rébublicain", version 3ème république option glorification coloniale.

  • Croqfiloribo 2 janvier 2026 à 10:19

    C'est Riss qui  a fait ce dessin,mais il me semblait que c'est lors de la réunion hebdomadaire que les dessins étaient choisis à l'unanimité avant publication.

  • Davesnes 2 janvier 2026 à 09:21

    La plus belle caricature de Joséphine Baker, c'est celle de Pascal Légitimus. Sa performance est bluffante, au point qu'à un moment, j'ai cru qu'il y avait des images d'archives. Pas d'ambiguïté de sa part, sa grand mère, Darling Légitimus, était danseuse dans la Revue nègre de Joséphine Baker.

  • Simon Delvaux 1 janvier 2026 à 18:08

    C'est amusant, j'ai lu l'article et je me demandais quelle était cette tribune dont il est question et en cherchant, je suis tombé sur un article de Marianne qui parlait de cette tribune  et grâce auquel on voit quelles sont les sources de l'auteur (qui est à deux doigts du plagiat).1 janvier 2026 à 16:51

    Ignorant que je suis, je ne connaissais rien de la vie de Josephine Baker hormis cette histoire de ceinture de banane, qui m'avait permis de la reconnaitre dans "Les Triplettes de Belleville".

    et puis, je suis tombé, il y a quelques années sur sa biographie en BD par Catel et Bocquet, où j'ai pu prendre la mesure de ses engagements qui resteront sans doute dans l'histoire, plus que son oeuvre.

    La ceinture de banane, c'est un "costume de scène" qu'on lui a imposé à 19 ans à son arrivée en France et ne represente rien par rapport à son oeuvre et surtout à ses engagements. réduire Josephine Baker à cette ceinture de banane, c'est déjà raciste.

    c'est pourtant le choix fait par Catel pour la couverture de la BD, mais avec une autre éléguence que la caricature de Riss

    Joséphine Baker - 1


  • Jiemo 1 janvier 2026 à 12:23

    "effectivement, ce dessin est un peu confus" ... il faut lire ""effectivement, mon pensum est un peu confus" .

  • Asinaute sans pseudo 3534a 1 janvier 2026 à 09:00

    qu'est ce que ça fait du bien d’etre du bon coté de l’histoire .Je ne suis pas charllie , je n’est jamais été charlie , je le serais le jour où en une de charlie on verra val en train de pomper sarko pendant que arfi l’encule , ça, ça me fera faire hara kiri  !

  • ucelli.paul-094900 ucelli.paul 31 décembre 2025 à 21:00

    Alors, là...! et c'est le chef qui signe... ! Avez-vous lu l'article de Charlie qui accompagne le dessin de Riss ? si oui, comme moi,  vous signez des deux pieds et des deux mains car il nous confirme que cette description "exotisée" est raccord avec l'activité de cette journaliste, notamment aux USA...

  • petit - saconnex 31 décembre 2025 à 18:41

    Merci d'avoir exposé clairement les enjeux . Je suis cependant en désaccord avec vous . La caricature  ne peut être séparée de l'article . Il est évident que la caricature   et l'article critiquent les prises de position de Rokhaya Diallo contre la loi interdisant les signes religieux à l'école et faisant une obligation de neutralité aux agents de la fonction publique .  Rokhaya  Diallo en parle surtout dans ses articles dans la presse anglo- saxonne , mais elle en parle , même si  c'est plus discrètement ,en France . Début décembre , elle était invitée aux Matins de France-culture consacrés précisément aux 125 ans de la loi de Séparation et elle a réaffirmé son hostilité interdisant les signes religieux à l'école . Ajoutons un point que vous abordez. La " Revue nègre" ,raciste, assignait Joséphine Baker  et les femmes noires en général à une identité humiliante , dégradante.  On pourrait  avancer l'idée que la défense du voile assigne les lycéennes et les femmes musulmanes agents du service public à  leur identité de femme musulmane . C'est parfois un libre choix ,mais la contrainte ( familiale , la contrainte du milieu  ) n'est pas à exclure comme le montre l'exemple de l' Iran.

  • JeNeSauraisVoir 31 décembre 2025 à 18:25

    Que l’on sache, le Sieur Laurent Sourisseau de la maison Charlie n’est pas centenaire ! Alors s’il avait voulu de bonne foi caricaturer Rokhaya Diallo sans équivoque et en restant dans l’apparence physique (si tant est qu’il fut indispensable de rester dans l’apparence physique), il aurait suffi qu’il prenne pour référence contemporaine une certaine Aya Nakamura par exemple. Mais cela aurait sans doute manqué de régime de banane qui est comme chacun le sait un accessoire d’une hilarité indépassable !


    Mais ayons un peu de mémoire : il n’y a pas si longtemps nous avons eu droit dans « je vous ai laissé parler » à une interview d’une coreligionnaire (quoique dans une branche légèrement différente) qui nous a expliqué (et nous en étions fort aise) que généralement l’humouriste commence une blague que chacun complète dans sa tête. Nous avons ainsi pu mieux saisir le sens de l’expression « on peu rire de tout mais pas avec tout le monde ».


    On aurait alors envie de demander à M. Sourisseau ce qu’il trouve de si drôle dans cette entame et à qui la destine-t-il en espérant en obtenir quelle façon de la compléter pour en rire aussi gaiement que lui-même - banane !


    Quand on est habitué à tenir tête et qu’on en a fait une seconde nature, on a tendance à tenir tête quand il ne faut pas. Monsieur Laurent Sourisseau aurait pu dire ‘on s’est peut-être trompé sur ce coup-là’. Le dira-t-il ?


    Avec mes meilleurs vœux pour la nouvelle année.

  • pompon 31 décembre 2025 à 17:52

    Charlie, la honte et une vraie erreur d'analyse qui le sauva par la mort de quelques justes  ...

  • kinkalou 31 décembre 2025 à 17:29

    Autant la caricature de la FI sur Hanouna était ambigüe et reprenait des codes picturaux antisémites de la période de l'entre deux guerre, autant cette caricature est parfaitement limpide dans son message et dans la filiation historique. C'est "ya bon banania". Ca ne s'attaque pas en justice un truc comme ça ?

  • totoro45 31 décembre 2025 à 15:30

    C'est le moment pour ceux qui ne l'auraient pas lu de se procurer ce  livre de Rokhaya Diallo :


    https://media.hachette.fr/fit-in/780x1280/imgArticle/MARABOUT/2020/9782501150873-001-X.jpeg?source=web

  • GeneParmesan 31 décembre 2025 à 15:24

    Le plus gerbant de l'article ce n'est même pas la caricature de Rokhaya Diallo, mais ces foutus guillemets de la honte à "islamophobie"... et dire qu'il leur reste des lecteurs qui pensent que c'est un journal de gauche

  • Oliborg 31 décembre 2025 à 15:05

    Charlie Hebdo ? MAGA Hebdo !


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