Supputations à grande vitesse, et ultra-curiosités

Daniel Schneidermann - - Le matinaute - 54 commentaires

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A l'heure matinale où ces lignes sont écrites, les motivations du groupe d'ultra-épiciers libertaires corréziens

qui aurait saboté les lignes TGV sont ultra-inconnues de tout le monde. Inconnues des policiers, et inconnues des journalistes et sans doute des "spécialistes" qui échafaudent sur le sujet. Quel peut être le lien entre des convictions "d'ultra gauche" et la désorganisation du réseau TGV ? Mystère et fer à béton. Attendons.

Pendant les quatre jours qui viennent, donc (durée de la garde à vue en matière de terrorisme), un conseil à nos @sinautes: méfiez-vous, davantage que d'habitude, de tout ce que vous entendrez sur le sujet. Toutes les informations et révélations qui vous parviendront par bribes, seront toutes de source policière indirecte (en général, selon la bonne habitude, syndicale). En attendant, on meublera avec des "spécialistes de l'ultra-gauche", qui supputeront sur l'ampleur de la "mouvance", l'âge moyen du matelot, et la nature de son ressentiment anti-ferroviaire.

En attendant, fonce l'information à grande vitesse. Les interpellés, ou leurs frères, ou leurs cousins, auraient été mêlés à la contestation des sommets du G8, à Gênes ou ailleurs. Certains auraient été vus, manifestant contre le CPE. Ils auraient même participé à la contestation contre le fichier Edvige. "Les policiers ont pu également identifier ces activistes lors de la récente contestation contre le fichier de renseignements Edvige, à laquelle plusieurs personnes du groupe de Tarnac ont participé" assure par exemple France Info. Tiens, tiens, le même Edvige que celui que défendit Alliot-Marie jusqu'au naufrage final ? Oui, le même. On est ultra-curieux de savoir comment cette information-là a été recueillie, puisque, comme le rappelait opportunément Claude Guéant le week-end dernier, "il n'y a plus de renseignement politique dans ce pays".

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