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  • sandy 30 septembre 2015 à 08:30
    Le peuple c'est l'ensemble de la population, Onfray raisonne de manière totalement caricaturale en essayant de différencier ceux qui exerceraient le pouvoir et ceux qui le subiraient, car tout le monde le subit, personne n'est au dessus de la loi et de l'état, pas même les présidents de la république. Quand à l'exercice du pouvoir il découle des élections, c'est collectivement que l'on décide qui l'exerce à la base.
    De plus, le pouvoir qu'exercent les journalistes ou autres actionnaires / financiers est totalement illégitime, et c'est d'ailleurs un des grands chantiers civilisationnels, se débarrasser de ces pouvoirs illégitimes, comme nos ancêtres ont réussit à le faire avec celui des religieux.
    On peut très bien dénoncer le fait que nos institutions soit disant républicaines et démocratiques instaurent un régime oligarchique dans les faits, que les politiques sont aux ordres des industriels et financiers, qu'ils dominent l'état et qu'ils l'utilisent pour leurs propres intérêts au détriment de l'intérêt de tous les autres, que tout est fait dans les institutions et l'organisation sociale pour qu'ils conservent leur pouvoir et leurs privilèges, que ducoup le pouvoir politique n'a plus rien avoir avec la volonté réelle du peuple et que nous ressentons un sentiment d'impuissance par rapport à cet ordre social et politique.
    Et il n'y a pas besoin de tout caricaturer pour dire tout cela.
    Si les Sarkozy et Hollande se retrouvent au pouvoir, c'est parce que des millions de français ont voté pour eux.
    Et quand la solution d'Onfray consiste concrètement à ne pas voter, donc à laisser faire, on comprend la grande confusion qui règne dans l'esprit de ce personnage.
    Ce qui est paradoxal c'est qu'il sait se montrer brillant sur certaines idées, mais il est en général beaucoup trop caricatural et sur certains sujets carrément réactionnaire, et pour cette raison il s'appuie plus sur des idées reçues que sur quoi que ce soit de fondé.

  • GPMarcel 28 septembre 2015 à 07:04
    Tout compte fait...On f'rait quoi sur un toboggan?

  • Faab 27 septembre 2015 à 14:52
    Un post d'un blog Mediapart que j'ai trouvé amusant et intéressant : Michel Pangloss Onfray, médiocre voix réactionnaire de la France rance.

    Les commentaires sont intéressants si on considère que les abonnés de Mediapart représentent une partie de la gauche. Il me semble y voir l'opposition entre la (vraie) gauche libertaire, celle des marges, et, ce que j'ai de plus en plus envie d'appeler la "gauche populaire", c'est-à-dire celle qui joue la partition hésitant entre Poujade et prolétariat d'usine en salopette ou du paysan au tracteur.

    Un commentaire cite l'article du Figaro où Onfray le dit quasi-explicitement :

    "Michel Onfray.
    Le peuple français est méprisé depuis que Mitterrand a converti le socialisme à l’Europe libérale en 1983. Ce peuple, notre peuple, mon peuple, est oublié au profit de micropeuples de substitution : les marges célébrées par la Pensée d’après 68 – les Palestiniens et les schizophrènes de Deleuze, les homosexuels et les hermaphrodites, les fous et les prisonniers de Foucault, les métis d’Hocquenghem et les étrangers de Schérer, les sans-papiers de Badiou. Il fallait, il faut et il faudra que ces marges cessent de l’être, bien sûr, c’est entendu, mais pas au détriment du centre devenu marge : le peuple old school auquel parlait le PCF (le peuple qui est le mien et que j’aime) et auquel il ne parle plus, rallié lui aussi aux dogmes dominants.

    Le Figaro. Est-ce «ce peuple» qui vote Marine Le Pen ?

    C’est à ce peuple que parle Marine Le Pen. Je lui en veux moins à elle qu’à ceux qui la rendent possible. Ce peuple old school se voit marginalisé alors que les marges deviennent le souci français prioritaire, avec grandes messes cathodiques de fraternités avec les populations étrangères accueillies devant les caméras du 20 heures. Si ce peuple pense mal, c’est parce que nombreux sont ceux qui l’aident à mal penser. Qu’un paysan en faillite, un chômeur de longue durée, un jeune surdiplômé sans emploi, une mère seule au foyer, une caissière smicarde, un ancien avec une retraite de misère, un artisan au bord du dépôt de bilan disent : «et qu’est-ce qu’on fait pour moi pendant ce temps-là ?», je n’y vois rien d’obscène. Ni de xénophobe. Juste une souffrance. La République n’a pas à faire la sourde oreille à la souffrance des siens."


    Comme dit un commentateur "une haine de la "pensée 68" qui est sont grand point commun avec Bhl", l'occasion de re-re-mettre cette critique des "nouveaux (pseudo)philosophes" par Deleuze, il y a presque 40 ans.

    Extrait : "Une rancoeur de 68, ils n'ont que ça à vendre. C'est en ce sens que, quelle que soit leur position par rapport aux élections, ils s'inscrivent parfaitement sur la grille électorale. A partir de là, tout y passe, marxisme, maoïsme, socialisme, etc., non pas parce que les luttes réelles auraient fait surgir de nouveaux ennemis, de nouveaux problèmes et de nouveaux moyens, mais parce que LA révolution doit être déclarée impossible, uniformément et de tout temps. C'est pourquoi tous les concepts qui commençaient à fonctionner d'une manière très différenciée (les pouvoirs, les résistances, les désirs, même la « plèbe ») sont à nouveau globalisés, réunis dans la fade unité du pouvoir, de la loi, de l'État, etc."

    Le peuple "old school", c'est ça qui intéresse Onfray, Zemmour, Le Pen etc., un noyau électoral, certainement pas les marges non-votantes ou la politique non-électorale, notamment, ce qu'il se passe avec la révolution du web, les nouvelles formes d'économie ("uberisation" et autre), les mutations démocratiques possibles, le rapport à l'étranger avec des migrants connectés etc.
    Pensez donc, les réfugiés ont des smartphones maintenant, des coups d'Etat en Afrique échouent à cause de réseaux sociaux tandis que des mouvements contestataires se coordonnent avec, mais c'est pas traditionnel, c'est pas "old school", c'est pas le marteau et la faucille, sans doute des trucs de "bobos", soixante-huitards drogués, pédés, psychanalystes.

  • salve 27 septembre 2015 à 00:38
    Pauvre Michel Onfray, qui maintenant s'enterre vivant chez les briseurs-de-tabous-de-la-bien-pensance-de-la-gauche.
    Pas plus libéral qu'un Finkie, membre éminent de l'Institut Thomas More (dirigé par le Medef), promoteur en France des idées de David Horowitz...Autour de quelle idée vont-ils donc pouvoir partager l'estrade? La liberté d'expression, ce piège à cons?

    Avec Pascal Bruckner, prétend-il défendre le bilan de l'intervention américaine en Irak - qu'il a jusque là dénoncée sur tous les tons?
    Avec Jean-François Kahn, souhaite-t-il revendiquer la liberté de "trousser les bonnes" - lui qui se prétend la voix des humbles?
    Avec Jean-Pierre Chevènement, va-t-il pouvoir enfin rentre en contact avec Dupont-Aignan, l'intrépide agent des Contribuables Associés et de l'Institut pour la Justice - alors que lui en appelle si souvent à la République?

    Le Cirque d'Hiver aurait sûrement mieux convenu pour un pareil raout, mi-néo-cons, mi souverainiste. Par contre, se réunir à la Mutualité, pour Bruckner, Debray ou Finkielkraut c'est sûrement l'occasion de revivre un peu de leur adolescence, si follement rebelle, si délicieusement boutonneuse. Un moment à ne pas rater avant de passer dans l'au-delà en somme.

  • curieux 26 septembre 2015 à 14:44
    On peut être pour ou contre, mais c'est mieux quand on laisse parler la personne que l'on a invité.
    C'est d'ailleurs une règle de politesse élémentaire.
    Qu'est ce que c'est que ces clowns blancs qui coupent la parole et empêche l'Auguste de raconter ses histoires.
    ONPC: on était proche de l'interview de Françoise Sagan par Pierre Desproges, interview où il parle de lui, de ce qu'il pense, et où Françoise Sagan n'est là que pour le décor.
    A la différence notable, qu'à ONPC il n'y avait pas d'humour, et beaucoup de haine.

    Dans un soucis d'équilibre, voici les réponses que l'invité aurait pu faire.

    islamophilie intérieure (c'était avant Charlie)
    le 25 mai 2013 Michel Onfray invité de Jean-Jacques Bourdin
    On va parler politique ...fin ... politique au sens très large du mot. Je vais simplement pour commencer vous lire... euh ... Nous allons parler évidemment de ce qui s'est passé à Londre, Je vais vous lire ce petit mail que j'ai reçu d'un auditeur d'RMC Il s'appelle George il est à Aubenas dans l'Ardèche, il nous dit: Bonjour Jean-Jacques, imaginons deux chrétiens qui égorgent deux musulmans nous aurions actuellement des banlieux en feu, des voitures brulées, cherchez l'erreur.
    https://www.youtube.com/watch?v=JX4RcYaN8Xs

    islamophobie extérieure
    https://www.youtube.com/watch?v=NCXlrjPyMlU

  • Jarogne 22 septembre 2015 à 23:06
    Tout ce débat est complètement piégé, car les mots sont systématiquement associées à des catégories la plupart du temps binaires et dont les termes sont mal pensés, voire impensés: bien-pensance, souveraineté, souverainisme, populisme etc...

    La cas Onfray sera vite réglé en ce qui me concerne : Onfray est totalement inconsistant sur le plan de la philosophie politique (je ne suis pas compétent pour en juger en matière de philosophie générale). Point.
    Onfray n'est donc pas mon sujet.

    Il n'empêche qu'il est évident que ce qu'il a entrepris de nous dire récemment, la plupart de ses interlocuteurs autorisés s'empêchent de l'entendre avant même qu'il ait ouvert la bouche.

    Sur le fond, ce qu'il dit ne présente en soi absolument rien de "provoquant": ses derniers propos s'inspirent vaguement de ce qu'écrit Michéa sur le libéralisme "culturel" dominant et l'incapacité des élites politiques et médiatiques à concevoir que ce qu'il peut y avoir de "conservateur" dans la morale et les affects populaires n'est pas forcément une pulsion fasciste, mais surtout une forme de survie psychique collective face à la déterritorialisation du capitalisme mondialisé.
    Que ces affects soient instrumentalisés par la droite et l'extrême droite ne doit pas empêcher d'en analyser les causes et les moyens de les traiter.

    Refuser de comprendre de façon élémentaire que l'abandon des classes populaires par les politiques - en particulier les partis supposés défendre leurs intérêts, c'est-à-dire essentiellement le PS qui était en capacité de le faire, est la première explication du vote FN et/ou de l'abstention - qui ne sont que les symptômes d'une même cause - en dit long sur l'état de "panique intellectuelle" et politique dans lequel ont sombré les grands media "progressistes".

    Refuser de comprendre que la question des réfugiés ne date pas d'hier, et que construire une politique sur le seul effet émotionnel de l'irruption médiatique d'une photo peut produire le pire comme le meilleur est tout aussi aberrant: toutes proportions gardées, le visage défiguré de "papy Voise" en pleine campagne en 2002 a grandement contribué à nous doter d'un Le Pen au 2d tour, et pour 5 ans d'un exécutif dont l'incompétence et la corruption rivalisaient avec l'obsession sécuritaire....sans parler du faux charnier de Timisoara en d'autres temps etc...
    Mettre en garde les gens sur le fait qu'on puisse par exemple déclencher une guerre avec une simple photo - fût-elle truquée ou non - ne revient pas nécessairement à se faire l'allié du FN.

    Nombreux étaient ceux dans les media qui dénonçaient doctement le "poids" abusif des images et des émotions dans la conduite des politiques publiques (la question fondamentale n'est évidemment pas celle du "trucage" possible, mais celle du piège émotionnel d'une image qui interdit de penser).
    Mais comme d'habitude ils ont la mémoire courte...


    Le "flash totalitaire" faussement unanimiste autour de cette photographie procède à peu près du même mécanisme que "Je suis Charlie": une construction médiatique en grande partie sans rapport avec le ressenti des gens ordinaires, avec à chaque fois la mise en étendard de grands mots - respectivement la "liberté d'expression" et la "solidarité" - sans que les causes du surgissement des évènements ni les conditions concrètes de l"application de ces grands principes ne soit jamais examinée.


    La vérité du temps long et de l'action politique concrète, au-delà de la mise en scène médiatique, est que de très nombreuses personnes se sont mises en danger depuis des dizaines d'années en recueillant illégalement des sans-papiers, en militant pour leurs droits, en les aidant aussi bien sur le plan matériel que psychologique sans que cela ne rencontre guère d'écho dans les tribunes des éditorialistes, et il y a quelque chose d'assez ironique à voir du jour au lendemain ces derniers appeler à un élan collectif de "générosité" sur le simple effet d'une photo de presse.

    Je fais partie des gens de gauche qui ont contribué à la défaite de Jospin en ne votant pas pour lui au 1er tour en 2002, en partie du fait de sa gestion honteuse de la question migratoire, non pas en raison du fait qu'il avait régularisé un certain nombre de sans-papiers, mais de celui qu'il n'en avait régularisé qu' UNE PARTIE, au nom d'un mégotage assez minable consistant à trier les "régularisables" des autres, simplement pour donner des gages à l'électorat de droite. Il s'agissait pour moi - et il s'agit toujours - d'une DEFAITE politique et idéologique IMPARDONNABLE.

    Je fais partie de ces même gens qui ont donc été à l'époque conspués par l'éditocratie "progressiste" pour avoir contribué à la perte de leur champion et à la "catastrophe" de 2002, ceux-là même qui en 2015 appellent brutalement à ce formidable élan d'ouverture et de générosité, qui à l'époque du mandat de Jospin leur aurait paru certainement "déraisonnable" et "irréaliste".

    Evidemment, aujourd'hui, il y a les BONS migrants - les réfugiés fuyant la guerre et la persécutions - et les MAUVAIS - les travailleurs cherchant des opportunités d'emploi: comme s'il existait une échelle des souffrances, et que les souffrances économiques - ne pas pouvoir travailler et faire vivre décemment sa famille - valaient infiniment moins que les autres formes de misère et de persécution...

    La responsabilité des politiques, de droite et d'extrême droite évidemment, mais aussi de la gauche - essentiellement le PS - est totale dans la politique ultra-restrictive de l'exécutif vis-à-vis des migrants en général et des réfugiés en particulier, faisant de notre pays la HONTE de l'Europe.
    La responsabilité des médiacrates, y compris ceux "de gauche" mais "réalistes" - la "misère du monde" etc...- dans le maintien d'une "opinion" globalement défavorable à l'arrivée de populations étrangères, et dans l'habituation progressive à la banalité des reconduites au frontières est aussi TOTALE.

    Ce sont aujourd'hui les mêmes qui découvrent que des milliers de gens meurent depuis plusieurs dizaines d'années pour tenter d'entrer en France, et subissent les pires persécutions policières pour tenter d'y rester, et qui conspuent un peuple "fermé" et "xénophobe", et se rachètent soudainement une "conduite" au motif de la parution d'une photographie représentant un enfant mort.

    Evidemment, il n'y avait pas eu de photo du petit africain découvert frigorifié il y a plusieurs années dans le train d'atterrissage d'un avion: la réaction de nos chers médiacrates "de gauche" en aurait-elle été différente?
    Rien n'est moins sûr.

    Le fait que l'indignation "collective" devant la photo du petit garçon soit une construction purement journalistique - essentiellement parce que les grands quotidiens français ont eu honte d'avoir loupé le "coche" par comparaison avec la presse mondiale - ne devrait échapper à personne. Les enquêtes montrent que cette photo n'a eu pas ou peu d'impact sur les "opinions" des gens, qui en France demeurent majoritairement hostiles à l'accueil massif de migrants, fûssent-ils réfugiés ou enfants réfugiés.

    Les media dominants et les politiques, y compris de gauche, devraient d'abord s'interroger sur leur propre consentement depuis des années à un climat globalement défavorable à l'accueil des étrangers, avant de conspuer un peuple mal élevé et "égoïste".



    Le procès en "bien-pensance" (ou son symétrique "mal-pensance") a en lui-même des effets complètement ambigüs qui empêchent de discerner clairement:

    1) L'invention par l'extrême droite française - puis sa reprise par la droite "décomplexée" - de cette catégorie du langage, qui par pure inversion paradoxale, attribue une connotation péjorative à un concept a priori chargé d'un signifiant positif: après tout qui se targuerait de "mal" penser? Cela reviendrait à revendiquer soit sa propre bêtise (penser de travers), soit sa propre méchanceté (penser à mal).

    Cette inversion du langage est absolument nécessaire à l'idéologie d'extrême droite, en particulier depuis la fin de la seconde guerre mondiale: les horreurs du fascisme et du nazisme ont malgré tout convaincu plusieurs générations que l'exaltation du mal et de la haine - cosubstantiels à ces idéologies - conduisent naturellement...au MAL absolu et à l'extermination de masse.
    La critique de la "bien-pensance" est en ce sens indispensable à l'extrême droite, et a commencé avec les travaux révisionnistes à propos des camps de la mort: puisque la morale élémentaire de tout sujet normalement constitué - non psychotique - face à cette réalité des camps lui inspire spontanément horreur et indignation, il fallait bien inverser ce systême de valeur...et s'autoriser à nier l'horreur sans être soi-même horrifié, en dotant cette démarche d'une connotation positive, courageuse et frondeuse.

    Par "adoucissement" progressif, cette inversion a permis finalement de doter tous les affects de haine et de rejet primaire de l'autre - étranger, homosexuel, etc..., et toute remise en cause des phénomènes d'émancipation - féminisme, liberté sexuelle etc...d'une connotation positive de "résistance" à une domination "bien-pensante". Ca c'est pour la fachosphère.

    Mais la droite "républicaine", certes plus ou moins éloignée de l'extrême droite, n'a pas été en reste dans la critique de la "bien-pensance". Par un adoucissement prolongé, la droite républicaine et libérale s'est arrogée cette critique de la "bien-pensance", en anesthésiant peu à peu chez les électeurs le sentiment de solidarité avec les plus faibles, et en faisant passer pour "courageuses" des réformes qui consistent à abandonner ces derniers à leur sort dans un contexte de mondialisation libérale qui détruit systématiquement les emplois peu qualifiés soumis à la concurrence internationale.

    Car le pessimisme anthropologique est la clé de voûte de l'idéologie de la droite conservatrice et encore plus de l'extrême droite - l'homme est un loup pour l'homme, seuls les plus forts survivent etc...: on le retrouve par exemple dans les aveux édifiants d'un N Sarkozy auprès du même ONFRAY:

    "Moi-même j'ai créé mon personnage en transgressant certaines règles de la pensée unique. Je crois en la transgression, mais ce qui me différencie des libertaires, c'est que pour transgresser il faut qu'il y ait des règles, il faut qu'il y ait l'autorité de lois. L'intérêt de la règle, de la limite, de la norme, c'est justement qu'elles permettent la transgression; donc pas de liberté. Car la liberté, c'est de transgresser."

    Autrement dit, l'homme est fondamentalement mauvais, égoïste, dirigé contre l'autre, incapable de coopérer: son moteur principal est la transgression, c'est-à-dire la triche et la tromperie. Ce cynisme fondamental de l'idéologie droitière a pour principal argument opposable aux idéologies de "gauche" ou émancipatrices celui de la LUCIDITE: les droits de l'homme n'existent pas naturellement, et y compris dans l'Etat social, l'aspect fondamentalement MAUVAIS de chacun demeure, seulement contraint par les lois.

    En ce sens, une personne généreuse ou partageuse, solidaire, affectée par le malheur d'autrui est simplement soit quelqu'une de NAIF, soit un HYPOCRITE. C'est-là où la droite (et a fortiori l'extrême droite) a nécessairement recours à la critique de la "bien-pensance": finalement, les humanistes de "gauche" ne seraient soit que des naïfs ou des idiots, soit bien plus souvent des hypocrites, c'est-à-dire des MENTEURS.
    Grâce à cette inversion faisant de la reconnaissance nécessaire du VICE en chacun des sujets non pas en soi une VERTU mais une marque de LUCIDITE, de COURAGE et d'HONNETETE intellectuelle, la droite et l'extrême droite se sont permises à peu de frais de surmonter le gros obstacle de l'idéologie droitière: celui du "monopole du coeur" de l'adversaire de gauche (cf Giscard).

    Autrement dit: n'écoutez pas les gens de gauche malgré leurs discours bien gentils, ce sont des menteurs et des hypocrites, autrement dit des "biens pensants".

    Vous n'aimez pas les étrangers, vous fraudez le fisc, vous trichez à l'école, vous dénoncez votre voisin qui héberge des sans-papiers, vous contribuez activement au licenciement d'un collègue de travail...? Vous avez raison, vous en avez le droit, après tout ce sont des penchants naturels, certes c'est moralement condamnable, mais la morale étant désormais privatisée (chacun la sienne, selon la devise de la "neutralité axiologique"), tout le monde le fait, et si vous ne le faites pas un autre que vous le fera - nous, vos représentants politiques en premier.

    Car, non pas "naturellement", mais "spontanément", du fait de leur socialisation familiale, scolaire, et par les pairs, la plupart des gens sont dotés d'un certain sens de la générosité, de la solidarité avec les pairs, les proches, le voisinage, mais aussi les inconnus: c'est un trait de "civilisation", non pas de la "nôtre", mais de l'humanité en général. Le rôle essentiel de l'éducation est justement d'endiguer l'égoïsme fondamental de la toute-puissance infantile pour rendre les rapports sociaux possibles et exclure la violence et la prédation.
    Contrairement à l'anthropologie lepéniste qui consiste à préférer successivement "ses parents, ses cousins, voisins etc...", la plupart des gens sont dotés d'un surmoi les rendant sensibles à la souffrance d'autrui et la compassion en général, quel que soit le lien d'APPARTENANCE ou de COMMUNAUTE préalable.


    Par conséquent, pour que la droite et l'extrême droite obtiennent des suffrages substantiels dans une société "civilisée", il faut donc qu'elles mettent en oeuvre un processus de "décivilisation" et de "désurmoiïsation" consistant à valoriser des comportements et des pulsions - de rejet, de haine pour l'extrême droite ou simplement d'égoïsme pour la droite libérale - que la morale ordinaire, c'est-à-dire concrètement la "bien-pensance", réprouve.

    Les régimes fascistes et nazi du XXe siècle ont atteint des sommets dans cet art de la "décivilisation" meutrière: la défaite de 1945 y a mis temporairement un terme.

    Le néolibéralisme triomphant n'est évidemment pas comparable avec ces régimes, et ne prône nullement la destruction des autres, mais est en passe de réussir un processus d'ampleur comparable en transformant les sujets en atomes interchangeables établissant des contrats entre eux, en dehors de toute autre forme d'autre lien: c'est AUSSI un processus de "décivilisation", évidemment bien moins meurtrier, mais qui revient in fine non pas à détruire les faibles...mais à les laisser crever dans l'indifférence.

    En ce sens , la critique de la "bien-pensance" révèle de façon grossière et perverse une idéologie absolument délétère, et il faut le garder à l'esprit.


    2) La critique LEGITIME d'une pensée médiatique dominante, généralement progressiste sur le plan des moeurs et convertie au néolibéralisme en matière économique, partagée globalement par ce qu'on peut appeler la "petite bourgeoisie intellectuelle", prompte à taxer toute pensée politique qui n'entre pas dans ce strict cadre de "populisme", et impliquant généralement un fort mépris de classe.

    En ce sens, la critique des "biens-pensants" ne revient pas à légitimer la pensée droitière décrite précédemment, mais à dénoncer l'INCONSEQUENCE, l'ARROGANCE et la TRAHISON d'une élite qui se prétend "progressiste" et soucieuse du devenir des faibles, mais qui concrètement s'allie aux forces du capital qui contribuent à la dégradation constante de leurs conditions matérielles d'existence, tout en appelant ces gens (le "peuple") à déployer de formidables démonstrations de générosité et d'empathie envers des gens encore bien moins lotis qu'eux-mêmes.

    C Lash a très bien décrit ce phénomène aux Etats-Unis dans les années 1980 à l'époque où la droite républicaine était extrêmement puissante, en réaction face aux "liberals" - la gauche américaine - et aux politiques "généreuses" envers les pauvres et les minorités ("busing", quotas et "affirmative action").
    Sans justifier le moins du monde cette réaction néo-conservatrice, il décrit très bien comment l'injonction à la "générorisité" et à la "solidarité" de la part des classes supérieures éduquées, sortant des grandes universités a été très mal vécue par les classes moyennes et les franges supérieures des classes populaires - au MOMENT même où ces classes dirigeantes progressistes faisaient littéralement SECESSION avec elles (en mettant leurs enfants dans le privé, en se regroupant dans des quartiers préservés de la délinquance etc...) - alors que ces classes moyennes vivaient un déclassement matériel, et se sentaient "menacées" par les classes pauvres et encore moins bien loties qu'elles.

    On ne peut pas comprendre la longue percée de la droite dure américaine durant cette décennie si on ne saisit pas ce sentiment mêlé d'abandon, d'arrogance et de mépris de classe - plus ou moins justifié - perçues par ces classes moyennes inférieures envers la gauche américaine formée dans les années 1960-70. Or il s'agit à peu près de l'équivalent américain de ce qu'Onfray appelle très maladroitement le "peuple old school" en France.

    Toutes proportions gardées, l'élite médiatico-politique "progressiste", de plus en plus étant le fruit d'une reproduction de la bourgeoisie par elle-même, n'est pas sans rapport avec les "liberals" tant honnis aux Etats-Unis dans les années 1980, et ayant conduit à un long "tunnel" réactionnaire dans ce pays.

    L'injonction à la "générosité" d'une élite perçue comme étant elle-même ouvertement égoïste et insensible au devenir des gens ordinaires produit des effets politiques dévastateurs: c'est ce que la caste médiacrate "progressiste" peine tant à saisir en France aujourd'hui.




    La grande difficulté pour quelqu'un d'authentiquement à gauche est évidemment de faire le tri entre cette deuxième critique légitime de la pensée dominante, qui fonctionne par automatisme et taxe de populiste tout ce qui n'est pas conforme à l'hystérie consumériste et "attalienne" du capitalisme contemporain, et la première critique de la "bien-pensance" consistant en une inversion des valeurs élémentaires par la droite dure, permettant de justifier les pires conditions qui sont faites au faibles, aux pauvres et aux marginaux (à commencer par les étrangers).


    Daniel, suivant en cela le troupeau des éditocrates "progressistes" qui hurlent au FN dès qu'un discours dit quelque chose que le FN ou la droite dure dirait AUSSI de près ou de loin, s'interdit comme les autres de distinguer entre ces deux critiques: c'est l'allégorie du "toboggan". Dans le schème de pensée de Daniel, le débat public serait comme une piscine aux bords glissants, le FN et la droite dure étant figurés par le fond de la piscine: dès qu'un discours peut, de façon très indirecte, s'apparenter à ce que peuvent raconter les leaders de ce parti, on glisse...et plouf, on plonge.

    Cette vision simpliste est dramatiquement aliénante et désarmante pour la gauche, et surtout revient à prendre les lecteurs pour de sombres abrutis, qui ne connaissent rien à l'histoire et aux idéologies: les lecteurs seraient des sortes d'atomes totalement hétéronomes, se baladant entre deux gros attracteurs - le "progressisme" d'un côté, le "populisme" de l'autre; et une fois pris dans la sphère gravitationnelle de l'un ou de l'autre, ils seraient irrémédiablement attirés et irréversiblement piégés.

    Ce raisonnement conduit évidemment à des apories et à des interdiction de langage dévastatrices pour la pensée de gauche. Un exemple simple suffit à le saisir: M Le Pen a popularisé le slogan "UMPS", pour décrire ainsi l'absence totale de différence idéologique qui séparerait les programmes et les politiques des deux grands partis de gouvernement en France.
    Nul esprit sensé ne viendrait aujourd'hui contester un tel état de fait: la conversion définitive du PS au néolibéralisme d'un côté, et la conversion majoritaire de la droite au "progressisme" en matière de moeurs et de faits "sociétaux", la convergence droitière des deux partis en matière de restriction des droits des migrants, de surveillance généralisée de la population etc...tout montre qu'il n'existe plus aucune différence.

    Et pourtant, essayez d'utiliser ce vocable d'"UMPS" finalement efficace et bien pratique, car synthétique, et que la plupart des gens partagent car elle recoupe une réalité tangible, dans une assemblée, de gauche ou de droite, et observez l'effet garanti....

    Cette "godwinisation" du débat politique est aussi absurde qu'inefficace, et pourtant.

  • Julot Iglésias 22 septembre 2015 à 09:17
    L'interview complète de Michel Onfray dans On n'est pas couché : https://www.youtube.com/watch?t=2&v=Ba9CSe6aspw

  • Sémir 22 septembre 2015 à 07:37
    Bonne chronique.
    Oh que oui Onfray a glissé et continue de glisser. Doucement mais surement.

    Il a dit qu'il était contre les guerres contre des pays gouvernés par les dictateurs mais il n'était pas contre le fait qu'une balle perdue les atteigne !! Elle est où la différence ??!
    N'est ce pas contradictoire ?


    Et surtout il a affirmé : "la France a politique a l'extérieur islamophobe mais à l'intérieur islamophile" (sic sic !!).


    Je ne savais pas que les "Musulmans" qui sont en fait dans la grande majorité des immigrés nord-africains étaient si bien traités !!
    Je ne savais pas que les enfants en garde à vue dans un commissariat à 8 ans étaient le résultat de l'islamophilie ??!!
    Je ne savais pas que les fillettes voilées exclues des écoles au mépris des droits élémentaires étaient le fruit d'une islamophilie.

    Pas plus tard que la semaine dernière les propos de Devedjian étaient à vomir.

    Onfray dit certaines vérités mais ces arrières-pensées il les fera à d'autres mais pas à moi.

  • samuel_ 21 septembre 2015 à 23:40
    Quand des gens comme Onfray disent : "il ne faut pas laisser ceci ou cela aux xenophobes", par exemple sur le cas des migrants, cela pourrait renvoyer au fait : qu'il y a 2 objectifs à satisfaire, d'une part générosité avec étrangers, d'autre part préservation de soi et solidarité nationale ; qu'il est difficile de satisfaire les 2 objectifs à la fois ; que les discours qu'on entend satisfont soit le 1-er objectif, soit le 2-eme, mais rarement les 2 ; plus precisement, que generalement, les non-xenophobes satisfont le 1-er mais pas le 2-eme, tandis que les xenophobes satisfont le 2-eme mais pas le 1-er ; qu'il ne faut pas laisser le monopole de satisfaire le 2-eme objectif à des gens qui ne satisfont pas le 1-er ; qu'il faut donc trouver une maniere de satisfaire les 2 à la fois.
    Ces gens comme Onfray disent qu'il faut satisfaire les 2 objectifs, mais ils peuvent ne pas etre convaincants pour une raison ou une autre, selon l'etat d'avancement de leur reflexion.
    Ou bien, ils ne savent pas eux-memes comment on pourrait concilier ces 2 objectifs ; dans ce cas ils ne sont pas, au fond d'eux, tres en paix avec eux-memes...
    Ou bien ils savent comment concilier les 2 objectifs, d'une maniere pleinement satisfaisante du point de vue des 2 objectifs, comme en atteste le sentiment de paix interieure qu'ils ont trouvé en trouvant cette conciliation ; ils sont donc en paix avec eux-memes, mais ils ont du pour cela renouveler un peu leur vision de la morale ; ces inovations concernant ce qui est bien ou mal risquent alors de scandaliser un peu, si elles ne sont pas exteriorisées d'une maniere bien argumentee. Par exemple sur le cas des migrants, une position pleinement satisfaisante du point de vue des 2 objectifs pourrait être : 1/ vouloir une grande transparence sur les couts et autres effets des migrations sur la société d'accueil, sur de nombreux plans, par exemple economique (emploi, salaires), demographique (formation et evolution de nouvelles communautés culturelles), geographique (repartition des migrants sur territoire, homogene ou concentree en certains lieux), sociologique (tensions inter-culturelles), politique (solidite du pacte social liant les uns aux autres membres societe)... ; 2/ vouloir aussi une equite dans la repartition de ces couts et autres effets sur les divers membres de societe française ; et 3/ attendre de ces 2 premieres choses que chacun veuille des choses raisonnables, car il voit mieux les couts et autres effets (grace a transparence), et car il ne se dit pas que couts ou effets qui ne touchent que ses concitoyens sans le toucher lui sont sans importance (grace à l'état d'esprit d'equité dans lequel il reflechit). En y reflechissant assez, on peut voir qu'une telle solution est pleinement satisfaisante du point de vue des 2 objectifs, meme si elle peut avoir, dans un premier temps, un cote malencontreusement scandalisant, au moins si mal argumentee...

  • JUSTIN COLBART 21 septembre 2015 à 23:28
    Edito assez ambigu, cher Daniel…
    Vous avez l'air de ne pas avoir l'air, mais vous entonnez assez sournoisement le couplet de la suspicion partisane…
    Cependant, je ne suis souvent pas d'accord avec Onfray mais je dois reconnaître qu'il a été brillant. Il est vrai qu'entre Moix, faible dans ses arguments, très égocentré style cour de récré et la jeune Léa Salamé, caricature (assez naïve) de journaliste d'aujourd'hui à préjugés et réflexes, n'écoutant pas honnêtement mais attendant la petite phrase ou la posture saignante, il y avait de quoi se régaler. Bon spectacle et vraiment des idées, échangées : de quoi nourrir la réflexion… Au-delà de tout débat médiatique et de présupposés…

  • Julie Le Mest 21 septembre 2015 à 23:23
    Le problème d'Onfray dans cette interview, ce n'est pas tant qu'il fait le lit du FN (le FN fait son lit tout seul) que le fait qu'il dise de grosses conneries. Il fantasme une bien-pensance omniprésente qui est loin d'être univoque dans les médias (il suffit de voir la place qu'ont pris les Zemmour et consorts) et qui ne reflète tout simplement pas les politiques qui sont effectivement menées.
    Actuellement, comme sous Sarkozy, comme depuis le début des années 2000, la politique menée à l'égard des migrants et des réfugiés, ce n'est pas de leur dérouler le tapis rouge, c'est de fermer les frontières, de les laisser couler en Méditerranée, de les mettre dans des centres de rétention et de les reconduire à la frontière et ce n'est pas le petit infléchissement consenti par Hollande qui change beaucoup ça.

    Le coup des "Lumières facultatives" et de "l'Islam obligatoire" c'est un raccourci (puant) qu'Onfray aurait dû débusquer s'il avait décidé de creuser un minimum la question au-delà de la polémique.

    Le "les sciences humaines sont méprisées parce qu'elles permettent de dire ce qui est" relève du vaste n'importe quoi et de la méconnaissance crasse de tout ce que les sciences humaines disent qui le contredisent (mais ça Joffrin l'a déjà signalé).

    Bref, toutes ces paroles démontrent une superficialité dans l'approche qui ne lui fait pas honneur.

    Sur le fond, le débat entre la défense sociale du peuple ou la défense sociétale de minorités est un débat connu de la gauche qui a été analysé de façon intelligente par d'autres avec quand même beaucoup moins de n'importe quoi dans la façon de poser les choses.
    (Je ne sais pas trop qui Onfray lit parmi ses contemporains, parce qu'on a l'impression qu'il ne connaît que ses propres opinions sur les sujets qui l'intéressent)

  • Compte supprimé à la demande de l'utilisateur 21 septembre 2015 à 23:03

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  • Oblivion 21 septembre 2015 à 22:16
    À mon avis, il doit exister pas mal de choses plus intéressantes à faire le samedi soir que de regarder
    un philosophe médiatique qui aime beaucoup ce qu’il dit avec sa bouche dans une émission de spectacle.

  • bastounet 21 septembre 2015 à 22:14
    C'est vrai qu'Onfray se situe toujours "en contre" , mais que serait-il s'il se situer en "pour"...? Rien , un ancien prof de tech , un peu cul -terreux , bien gentil ,".... il doit encore faire des efforts pour être blahblahblah....."

    Quand on vient d'ou il vient , il faut un moral d'acier , un travail de titan , un talent hors du commun et un discours capable d'enfoncer nos chers ( si chères ) vaches sacrées .Il ne peut exister qu'en vous écrasant et , dans ce style , il reste trés au dessus de la moyenne.

    Quand vous venez , non pas du prolétariat , mais du sous-prolétariat , vous n'avez pas le choix des armes . D'ailleurs Moix l'a bien compris , le critiquant d'avoir "un débat digne du café du commerce" , mais que connait Moix du café du commerce..? Rien . Onfray..?Tout.

    La lutte des classes existe , La , ici-même . Onfray n'est pas de votre monde D.S.

    Vous le voyez "glisser" parce-que vous vous voyez "a l'équilibre" , mais , la vérité , c'est qu'onfray a raison quand il dit a salamé " vous avez peur" , parce-que vous ( asi , cohen , salamé , radio / journaux centre gauche ) êtes en train de disparaitre .et vous le savez , d'ou ce billet tellement conforme.

    Merci pour lui , in fine , vos lui donnez raison .

  • tchd 21 septembre 2015 à 20:16
    Jenaipasregardélemissionjenaipaslularticlenileforumjemenfousd'onfraydefourestetdebhllarticleleplusimportantestleviteditde17h36:

    Pubouarticle?Leslecteurs [americains]nefontpasladifférence.

  • Youri Llygotme 21 septembre 2015 à 19:18
    Onfray ne rate pas une occasion de dire tout le mal qu'il pense de JL Mélenchon, au besoin en le calomniant.

    Dans le cours de la (très bonne au Demorand) émission d'hier "Agora" sur France Inter JL Mélenchon lui répond en partie.
    Je ne sais plus à quelle minute c'est, recherchez vous-même, mais de toute façon cela ne peut faire que du bien au cerveau.

    (de la même façon que, dans les temps anciens, l' imposition des mains par le Roi guérissait des écrouelles, à ce
    qu'on dit).

    c'est ICI

  • Sylvie Bellanger 21 septembre 2015 à 19:03

    Qu'il ait, chez Ruquier, pulvérisé Léa Salamé, et écrasé Yann Moix, ne dissipe pas l'impression que Michel Onfray joue, sur la scène médiatique, un air connu, et adopte une posture familière : celle du provocateur anti-bien-pensance, seul contre tous, en particulier contre Salamé et "votre copain Cohen", chez qui il a refusé de venir, révèle-t-il face à Salamé. "Je suis seul contre tous" gémit-il. "Vous êtes partout", lui répond-on. Et de fait, après une interview provocatrice dans Le Figaro et sa réfutation dans Libé il est là, chez Ruquier, au carrefour central du débat idéologique français, occupant la place convoitée entre toutes qu'il partage, avec des variantes, avec Zemmour ou Finkielkraut, celle du provocateur jouant à frôler les limites du territoire interdit et sommé par le tribunal de la bien-pensance de s'expliquer sur ses provocations, un pas en avant, deux pas en arrière...... > Lire l'intégralité du texte


    N'étant pas amnésique, je me souviens des programmes précédents du fn, et c'est bien eux qui reprennent les valeurs de la gauche, alors évidemment c'est facile de nous reprocher de parler comme eux, puisque c'est notre projet,
    fn fait comme hollande "mon ennemi est la finance" et chirac "la fracture sociale"
    Même si ça m'attriste qu'Onfray critique Mélenchon, je suis contente qu'il existe.
    C'est vrai qu'il n'a pas été bon dans cette émission, mais peut-on l'être ?

  • AM 21 septembre 2015 à 18:31
    Cher Daniel,

    Je suis (un peu) déçu.
    Ayant eu vent de la polémique, j'ai regardé l'émission, en entier.
    C'était un peu pénible, la télévision voyez-vous..
    J'y ai vu un Michel Onfray solide comme un roc; enfin quelqu'un qui sait où il habite!
    Et cet endroit c'est la gauche, libertaire, il le dit! Et quand il cesse de parler, en douter me parait suspect.
    Il n'a pas renoncé aux idéaux de mai 1981, il est pour l'avortement, contre la peine de mort, etc.
    et anti-Le Pen, c'est également évident.
    Alors?
    Alors en face, les masques tombent, les guignols finissent en slip après deux phrases, mais... évidemment!
    Je sais bien que le sujet des chiens de garde est sensible pour vous, depuis Pierre Carl.
    Mais un peu d'honnêteté ne nuit pas, le succès de plateau de M. Onfray est mérité par
    - la considération qu'il donnent aux gens, en opposition frontale au mépris de la pensée unique.
    - la droiture intellectuelle palpable dans son discours, rassurante comme un phare dans le gloubiboulga crapoteux qu'on nous fait avaler par ailleurs.
    - la densité de sa réflexion, ici opposée à l'évanescence et l'imbécilité des attaques qui lui sont adressées.
    - la fierté enfin, communicative, d'un discours de gauche qui désarçonne facilement les poncifs affligeants du discours autorisé.
    Vous Daniel, que j'ai appris à aprécier au travers de vos sujets pertinents, de votre regard lucide, de vos collaboratrices et collaborateurs de qualité vous titrez un peu de travers cette fois je le crains (je le crois).
    En bref, je suis (un peu) déçu.
    Mais je me ré-abonne, bien sûr (cette fois ci).
    Bien cordialement.
    Arnaud

  • Faab 21 septembre 2015 à 18:16
    Lisons du Onfray (je n'ai lu de lui que ce qu'on m'a prêté, "Traité d'athéologie" (mauvais...), "Cosmos" (mauvais...)) :

    "La vie de Farrebique n’était pas heureuse, joyeuse, ludique, enchantée ; celle de Biquefarre ne l’est pas plus. Deux paysans du nouveau monde sans cosmos se suicident chaque jour. Les fermes disparaissent. La situation a empiré. Ceux qui, dans leurs champs et leurs prés, sur le seuil de leurs fermes, dans leurs parcelles, leurs petits bois, non loin de leurs ruisseaux, de leurs mares, des rivières, en compagnie de leurs troupeaux de vaches ou de moutons, dans leur basse-cour, pensaient, agissaient en vigie du cosmos ancien, ceux-là ne sont plus – ou presque plus.

    La vulgate citadine réactive le tropisme du chien de Pavlov quand on rappelle que les gens de la terre et de la mer portaient le savoir millénaire et empirique d’un long lignage d’humains qui ont façonné la nature, l’ont créée, avec ses paysages, ses traces d’animaux domestiqués, ses allures, ses formes, ses forces : elle cite fielleusement ce propos tenu par le maréchal Pétain à Vichy : “La terre, elle, ne ment pas”. Une fois cette référence faite, les paysans se trouvent ontologiquement exterminés. Qui peut se remettre d’une pareille insulte ? Comment se relever après une telle injure ? En faisant de l’histoire.

    Car cette phrase du chef d’Etat fasciste que paient sans cesse depuis la paysannerie française et ceux qui la défende a été écrite par l’un de ses nègres : en l’occurrence, Emmanuel Berl. C’est en effet ce juif brillant, issu de la haute bourgeoisie, apparenté aux Bergson et aux Proust, ami des surréalistes, de Breton et Malraux, radical de gauche, favorable au Front Populaire, pacifiste, qui rédige ce fameux discours de Pétain daté du 25 juin 1940 dans lequel se trouve cette terrible phrase. Ecrite par un intellectuel juif, elle fut prononcée par un dictateur fasciste, et ce sont aujourd’hui les paysans ou ceux qui les défendent qui doivent aujourd’hui en assumer l’opprobre.

    Pour ma part, je ne dirai pas que la terre ne ment pas. Mais je souhaiterais qu’on écoute la voix calme et posée de quelques paysans d’aujourd’hui qui refusent aussi bien l’austérité brutale de Farrebique, sa violence sauvage, sa rudesse et sa rugosité, sa vallée de larmes perpétuelles que le nihilisme de Biquefarre, la servitude des paysans aux banquiers, leur soumission aux marchands de matériel agricole, leur subordination aux vendeurs de pesticides, leur obéissance aux courtiers en grains.

    La solution ? Un Virgile qui aurait lu Debord. Autrement dit : une pensée de la nature qui saurait ce que le XXe siècle a fait pour dénaturer la nature, l’industrialiser, la détruire, la soumettre selon les principes du vieux fantasme judéo-chrétien et cartésien. Le rapport au cosmos a été rompu ; le cosmos ancien n’est plus ; il en faut une autre saisie, moins magique, moins mythique, moins légendaire, plus scientifique. Ce que le paysan connaissait jadis de façon empirique, celui qui souhaite la sagesse doit le connaître de manière philosophique – autrement dit : d’une façon amoureuse de la sagesse. Il faut pour ce faire retrouver la voie païenne du ciel, vider les cieux du fatras judéo-chrétien, se faire le compagnon des anciens paysans et des marins d’antan qui interrogeaient le ciel et en obtenaient des réponse. L’astrophysicien ouvre la porte de l’infini qu’il descend sur terre pour qui sait l’entendre.
    "

    Michel Onfray, Cosmos, éd. Flammarion, 2015, p. 397-398

    Résumé : la paysannerie à l’ancienne aurait été rendue honteuse par Vichy, il faudrait sauver de l’opprobre “la terre, elle, ne ment pas” et retrouver un certain rapport “paysan” à la terre, au cosmos, sans bien sûr retomber dans l’horreur judéo-chrétienne mais en rêvant avec l’imaginaire d’astrophysiciens autour d’un bon vin.

    Commentaire
    Il ne faut pourtant pas beaucoup de culture historico-politique pour savoir que l’opposition entre une paysannerie de droite et un monde ouvrier de gauche ne date pas de cette époque. Jaurès qui recevait les voix des ouvriers de Carmaux a été battu par le marquis de Solage qui recevait celle des paysans.
    Mais à côté de “chasse, pêche et tradition”, il y a aussi des José Bové, le “retour à la terre” a aussi sa vision de gauche dès les utopies communautaires du XIXe (y compris le sionisme pionnier), et on peut se demander pourquoi Onfray ne greffe pas son discours là-dessus. Pourquoi donc passe-t-il par Vichy ?

    Certes, les hippies pas foutus de planter un chou peuvent paraître dans une relation artificielle au monde agricole, mais la rencontre entre la culture et l’agriculture, le savoir et le jardin, ne datent pas d’aujourd’hui. On a même encore quelques survivants du parfait honnête homme (de droite ?) en son jardin avec des gens comme Stéphane Rials, juriste chrétien et jardinier philosophe.

    Et, dans les médias, de même qu’il fallait Stéphane Hessel pour entendre l’esprit du CNR, il vaut sans doute mieux lire Michel Serres pour entendre à la fois une mémoire paysanne et une ouverture sur l’avenir. Onfray né en 1959, ne semble plus savoir pourquoi la génération de Serres, né en 1930, a quitté les sabots et peut célébrer les “petites poucettes”.

  • Sebastien Lemar 21 septembre 2015 à 18:08
    106 com' sur le sujet.
    Franchement, vous ne croyez pas qu'onfray mieux de parler d'autre chose...


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