Lepage, Cheminade, peticandidats
Daniel Schneidermann - - Le matinaute - 66 commentaires Télécharger la videoTélécharger la version audio
Attention, chers zauditeurs et téléspectateurs, bouchez-vous le nez et les oreilles
, voici que déboulent les peticandidats. Saisissez vos longues pincettes ! Si nous les recevons, nous autres des granmédias sérieux, pas de méprise: c'est vraiment parce que nous y sommes obligés par une réglementation inique. Pascale Clark, de France Inter, a donc décidé de croquer tout cru le peticandidat Cheminade, qui vient de déposer 538 signatures au Conseil constitutionnel. Hors d'oeuvre: "le 11 septembre a-t-il eu lieu ?" (question dont la finesse justifie qu'elle soit posée deux ou trois fois). Plat de résistance: "combien d'argent nous devez-vous encore ?" Car il se trouve que les comptes de campagne de Cheminade, pour la présidentielle de 1995 à laquelle il se présentait déjà, ont été invalidés par le Conseil constitutionnel. D'où la (re) fine question de Clark: "combien nous devez-vous ?" (ndlr: à nous, honnêtes contribuables).
L'épisode a été rappelé en détail (et non sans tremblements et réticences, par exemple à TF1) par quelques journalistes hardis, à l'occasion de l'affaire Karachi. Mais Pascale Clark, à l'époque du Sarkozistan triomphant, devait avoir un trou de mémoire. |
Après Cheminade, voici sur France Inter un peticandidat du genre femelle, Corine Lepage. Elle est opérée, elle, par Patrick Cohen. Lepage déplore que les "vrais sujets" soient évacués de la campagne. Au rang de ces "vrais sujets", par exemple, la lutte contre l'obésité, et les règles que l'on ose imposer, ou non, à l'industrie agro-alimentaire. Cohen, sceptique: "est-ce bien du niveau présidentiel ?" Lepage: "au moins autant que la viande halal". Et vlan. Au moins l'irruption dans le débat des peticandidats va-t-elle renverser les perpectives. Pour le pire et le meilleur.
du président du Conseil constitutionnel d'alors, Roland Dumas.