La vraie victime de l'incident irlandais

Daniel Schneidermann - - Le matinaute - 95 commentaires

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A écouter les médias français, il y a une victime

, et une seule, du non irlandais au traité de Lisbonne : c'est la présidence française de l'Europe, qui débute (le saviez-vous ?) le 1er juillet. Est-elle plombée ? Pourra-t-elle s'en relever ? Est-elle seulement compromise, ou définitivement fichue ? Depuis la fin de la semaine dernière, on se lamente, on s'interroge, on suppute.

Tout était pourtant prêt. Les drapeaux étaient repassés. On avait sorti les lampions et les trompettes. Les feux d'artifice n'attendaient que l'allumette. Les conseillers en communication, les vendeurs de logo, les storytellers, étaient mobilisés. Toute en modestie ostensible, la présidence française égrenait son compte à rebours. On allait voir ce qu'on allait voir.

Personne n'affirme explicitement que les électeurs irlandais ont délibérément suscité cet incident (le mot est de la victime elle-même, le futur président de la présidence française) pour gâcher la fête, mais le soupçon est dans toutes les têtes. Fourbes et ingrats Irlandais ! D'ailleurs, hum hum, cette coïncidence de dates est troublante. Qui peut bien avoir eu l'idée de ce référendum, à quinze jours de la présidence française ? Une enquête rigoureuse s'impose. Ce pourrait être la première tâche de la présidence française.

(A partir d'aujourd'hui, le neuf-quinze est aussi publié sous forme de chronique, pour que les abonnés d'@si puissent y réagir)

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