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Fandasi pour clavier
[quote=Et La Poste, on s'en fout ?]
Merci de me rappeler qu'il faut que je cours poster mes impôts locaux . -
Balthaz
je viens d'avoir une idée géniale :
vendons la poste pour refinancer la bourse et qu'on puisse tout reprendre comme avant le petit incident de parcours
et il y a aussi l'argent de la sécu sur lequel lorgnent les assurances privée depuis s'i longtemps. qu'attendons nous pour leur en faire cadeau pour ces grands professionnels de la finance le fassent fructifier plutôt que le laisser à la gestion de fonctionnaires ? -
Ervé
Un article de Caroline Fourest dans Le Monde, sur la dangereuse réforme (une de plus) envisagée par Sarkozy dans un but de rentabilisation.
Un sujet prétant beaucoup moins à contestation que ceux qu'elle aborde habituellement.
Sauf, évidemment, de la part des tenants de l'ultralibéralisme, dont un spécimen particulièrement agressif sévissait encore récemment ici.
Il a été lourdé ou je me trompe ? -
daniel soares
moi je poste mon mot sans même lire les autres
ce que je ne fais jamais
mais la poste j'ai hâte qu'elle disparaisse
c'est quoi ce service public? le droit de poireauter des heures au guichet d'une banque pour retirer un recommander?
pour au final se faire jeter car le guichet va fermer juste au client avant vous.
ou alors attendre la livraison d'un colis pendant 2 semaines s'entendre dire qu'il sera livré avant midi le lendemain
rater une demi journée de boulot pour rien car personne n'est venu.
chaque fois que je me vois obligé d'aller a la poste, car ce n'est jamais de bon coeur, j'en attrape des démangeaisons tellement ca me stress
je privilégie systématiquement le mode remis en main propre quitte a faire des kilomètres supplémentaires. de peur d'avoir a y aller
vivement la fin de la poste
je déteste la politique du gouvernement actuel mais je vais faire profil bas sur ce point car c'est la bonne décision. -
Lili de Colombie
Je comprends pas non plus, j'ai entendu hier sur France 3 150 000 signatures et je lis ça dans différents articles mais sur le site de la pétition, je vois un peu moins de 15000 signatures. -
astra
je crois bien qu'il y a cent mille signatures sur la pétition "touche pas à ma poste"si c'est bien attesté ça signifie que DS est à la masse.. -
Yanne
Juste pour vous dire, DS, que si votre chronique matinautes de jeudi matin n'a eu que 5 posts (cinq), c'est parce que vous ne vous étiez pas foulé. J'ai dû la relire deux fois. Et pas trace de votre célèbre "patte" schneidermannienne, l'humour sans avoir l'air d'y toucher, et le fond tout en finesse.
Et pour ce qui est de la privatisation rampante de la Poste, comme disait justement une institutrice lors d'une réunion de parents : "Cette année, le ministère a décidé cela, mais, l'année prochaine, ce sera autre chose". On casse, on recasse, on réparera, on reconstruira, ou on détruira, ou ça cassera pour de bon. Et un jour, c'est eux qui seront cassés, et ils ne comprendront même pas pourquoi !
Cela fait presque vingt ans que ça dure ! Il y a eu des batailles dantesques, contre la droite, contre les socialos.
Mais nos dominants appliquent la stratégie de l'engrenage : ils isolent et repoussent les luttes dans les dentelures de l'engrenage, chacun sur sa petite dent. Et pendant ce temps-là, ils occupent le centre, l'endroit qui leur permet de faire tourner le système dans le sens qu'ils veulent.
Et là, ça dérape un peu. Ils ont stupéfié tout le monde.
Leurs mille milliards de dollars...... Ou peut-être deux mille milliards de dollars.... Pour racheter des titres pourris dont ils ont permis l'existence en déréglementant. Si ça, ce n'est pas de la déresponsabilisation qu'ils dénonçaient.....
Et il n'y avait pas d'argent, nulle part, et voilà, c'est magique..... -
bysonne
Merde : VIVE LA POSTE, VIVE LA SNCF, VIVE L'HOPITAL PUBLIC, VIVE L'ENSEIGNEMENT PUBLIC, VIVENT LES FONCTIONNAIRES !
NON AUX PRIVATISATIONS !!!!!!!!!!!!! -
Fandasi pour clavier
Pour agrémenter le débat , j'ai trouvé celà : votre-avis-sur-la-securite-de-l-emploi-des-fonctionnaires
Certaines contributions y sont très documentées. -
Cassandre
"Hôpital public, je chéris ton nom
Métaphysique des tubes
mercredi 25 avril 2007.
Judith Bernard
A la maison tout a lâché : des problèmes de tuyaux ça a commencé par la connexion Noos, qui merdoyait de mal en pis, au point de nous priver pendant un siècle (au moins) du téléphone, de la télévision et d’Internet - z’imaginez mon état. Et puis il y a eu le lave-linge, problème de pompe de vidange, de l’eau partout. Et puis il y a eu le bébé, embourbé aussi, les bronches les viscères, tous les tubes s’y mettaient en même temps le carburateur montait au delà de 39 on a filé aux urgences.
Hôpital public je chéris ton nom.
La nuit aux urgences pédiatriques il y a toujours à l’accueil une dame très calme. Elle n’a pas du tout l’air d’avoir sommeil, elle vous sourit regarde le bébé gentiment et vous demande ce qui lui arrive. Il est deux heures du matin et il y a des gens en blouse blanche qui oublient qu’ils sont épuisés, qu’être de garde c’est ultra chiant et qu’ils sont payés au lance-pierre. Dans ce monde modeste il n’y a pas de fatigue, pas de mauvaise humeur, pas d’autre préoccupation que cette question : comment va bébé.
Hôpital public je chéris ton nom.
Il est trois heures du matin elles sont trois avec lui, on lui met des tuyaux, un masque des capteurs avec de petits oursons dessinés dessus, ses yeux perdus brillent et sourient malgré tout elles sont tellement sympas. Dans cet autre monde il n’y a pas de jour pas de nuit, pas de jour férié pas de vacances de Pâques : le soin est comme la maladie, il se fout de l’horloge et du calendrier.
Il n’y pas de miroir dans les ascenseurs non plus, qui font un bruit d’usine et mériteraient un bon coup de peinture mais que je n’ai jamais vus en panne. Et je commence à avoir un peu d’expérience : entre ces murs couleur vert d’eau j’ai mis au monde mon bébé, je l’y ai hospitalisé hurlant à six semaines, et puis donc juste là s’étouffant à six mois, et à chaque fois j’en suis sortie mon bébé sain et sauf dans les bras avec la même impression :
Hôpital public je chéris ton nom.
Alors bien sûr je me souviens qu’à la consultation d’obstétrique pour le suivi de grossesse, il fallait prendre rendez-vous deux mois à l’avance, on avait rendez-vous à dix heures on passait à onze et quelques. Mais toujours, invariablement, le personnel était attentif, souriant, délicat. Mon accouchement a duré une éternité, j’ai eu le temps d’en voir passer, des sages femmes, des infirmières, des internes. Irréprochables. A tous les étages, à tous les échelons.
Et à la sortie, la facture : rien. Ça m’étonne encore d’avoir droit à ça : des soins d’une telle qualité, des personnels d’une telle compétence, des appareils d’une telle technicité pour : rien.
Hôpital public, je chéris ton nom.
Alors bien sûr je me souviens que sur le plateau repas ce n’était pas précisément la fête, et pour la douche il fallait aller au bout du couloir. Mais c’est ça, le service public : le sens de l’essentiel. La qualité humaine, pas les miroirs dans les ascenseurs. La qualité des soins, pas le dorlotage du superflu. L’excellence médicale, pas celle du dessert. Et ce meilleur-là réservé... à tout le monde. Je vais vous dire : je suis peut-être bien tombée (enfin ça fait trois fois de suite quand même), ou bien Saint-Vincent de Paul est exceptionnel, ou bien je suis de très bonne humeur (pas tellement, pourtant) mais franchement, je trouve ça BEAU.
Beau que la collectivité produise cette utopie réalisée, le « service public de la santé », et que dans cette expression, chaque mot : service - public - santé, soit porté au plus haut de sa valeur.
Dans la chambre 9 du troisième étage du service de pédiatrie générale il y avait une télé, accrochée près du plafond - je ne l’avais pas remarquée, mais elle n’a pas échappé à l’œil avisé du Papa, qui sur le coup de 19h30 a mis en route le robinet à images : celles de la campagne déversant sur mon bébé endormi ses reflets rouges et bleus. La droite et la gauche ont déchiré la tiédeur immobile de la chambre, et une fois de plus, regardant mon fils à qui on avait rendu un sommeil tranquille et une respiration limpide, j’ai senti que j’étais de gauche. De cette gauche qui a inventé la sécurité sociale, de cette gauche qui a bâti ce service public de la santé que le monde à bon droit nous envie, de cette gauche de fonctionnaires dévoués au service qu’ils rendent, simplement parce qu’ils y croient.
Hôpital public, je chéris ton nom.
Ça coûte cher, je sais, il faut le financer, ne pas être irréaliste, je suis bien d’accord, et c’est pour ça que ça ne m’a jamais posé de problème de payer mes impôts, et que je ne voterai JAMAIS pour quelqu’un qui promet qu’il va les baisser, pour quelqu’un qui flatte l’égoïsme de ceux qui s’en sortent et qui veulent refermer la porte derrière eux - parce que pour l’instant, l’électorat sarkoziste que j’ai entendu « argumenter », c’est ça : y en a marre on paie trop d’impôts.
Parfois, c’est fugace, mais c’est fort, ça me traverse comme foudre je me dis : pays de cons. Ça me fait du fiel au bord de la glotte, je me tais, je laisse mariner, et puis je prends mon clavier.
Et j’écris : non seulement je consens à l’impôt, mais même, oui, j’aime l’impôt, pour tout ce qu’il signifie, tout ce qu’il engage - devant un signe toujours remonter au signifié, ce qui se joue derrière (ça n’a rien à voir mais c’est aussi cet argument - chercher le signifié - que j’utilisais lorsque j’avais des élèves tentées par le voile : ce que ça signifie, au bout de la chaîne, à l’autre bout du bout du sens, est-ce que tu es d’accord avec ?) Avec l’impôt je suis d’accord même si je suis comme tout le monde : quand l’avis tombe ça fait mal, je me demande toujours comment je vais faire, je serre les dents grrr, et puis je mensualise, ça passe, et de toutes façons je suis contente : contente de payer ma part dans un système qui me le rend bien, de bien des manières. Je préfère payer à ce moment-là, proportionnellement à ce que je gagne, et systématiquement. Je sais, chacun sait que c’est la seule manière de payer le prix juste.
Le prix juste c’est le prix que chacun peut payer, du moment que l’ensemble finance le meilleur pour tous. Décidément, même et surtout à l’hôpital, je suis, c’est incurable, de gauche.
PS : Métaphysique des tubes, suite : ma connexion Noos merdoie à nouveau complètement, et je ne peux vous valider que lointainement, rarement, de chez ma môman - devant un signe toujours remonter au signifié, devant un problème orphelin toujours remonter à la môman).
Si j’étais paranoïaque et mégalomane je dirais que la Droite cherche par tous les moyens à me baillonner, parce que mon gauchisme invétéré est une menace pour l’échéance électorale qui vient.
Si j’étais idéologue je dirais qu’il faut nationaliser Noos, parce que le bordel infâme des entreprises privées qui séquestrent et ruinent leurs clients en toute impunité doit être combattu.
Mais je suis juste chez ma môman, alors je vais tâcher de rester raisonnable. Vous aussi, s’il vous plaît : si vous commentez, soyez très patients, ne criez pas à la censure si votre commentaire n’apparaît pas. Ça risque d’être longuet. Vous pouvez, en attendant, fomenter des attentats contre le siège de Noos, si vous savez où il se trouve. "
ARTICLE MERVEILLEUX écrit par Judith Bernard sur le Bing Bang Blog
Alors, Monsieur Guyot au lieu de passer votre temps à mépriser tout le monde, lisez moi cela tout de suite et réfléchissez (si vous le pouvez -ce dont je doute-)
Ah ! zut , je vous ai parlé encore à l'impératif, mais comprenez qu'on en a envie car vous semblez tellement irrespectueux et insultant qu'on se dit qu'il y a des gifles qui se perdent ! ! ! -
Patrice Guyot
C'est effrayant cette conviction que le service public c'est la panacée...(service étant masculin il est mal venu d'écrire "publique", ce sont les filles qui le sont, parfois !)
Il y a 30 ans le premier ministre Vietnamien (communiste) découvrait que 10 paysans ne parvenaient pas à obtenir une récolte équivalente à ce qu'obtenait un petit propriétaire travaillant tout seul, 3 ans avant, sur la même parcelle...
Je vous laisse deviner pourquoi et si vous insistez je vous fournirai des précisions et des preuves (Il se trouve que je connais très bien le Vietnam et son histoire) !
Pour Cassandre : On ne me parle pas à l'impératif et on ne tente pas de me faire croire que le fonctionnaire est une espèce protégée... Et on ne me menace pas de procès : ici on échange des opinions, si mon avis ne vous convient pas, dites-le tranquillement (ou avec humour) et exposez le vôtre en démontant mes arguments si vous en êtes capable... Autrement allez vous faire voir chez plumeau, voire plus loin encore !
Pour baltaz : Nous voila d'accord : il ne reste plus qu'a récupérer la possibilité de donner des droits (en reprenant les innombrables avoirs bancaires de nos politiques dans des paradis fiscaux par exemple) afin de donner à chacun les droits qu'il mérite... Et non pas aux seuls fonctionnaires !
Pour poisson : les hôpitaux publics sont pas mal pathétiques... Il faut plusieurs mois pour obtenir un rendez-vous, même pour des choses très graves et urgentes... Avec le bon piston ça va beaucoup plus vite, est-ce tellement démocratique, et surtout notre système est-il le meilleur du monde ? Si oui c'est très grave ailleurs !
*** -
Balthaz
Le problème n'est pas que les fonctionnaires aient la sécurité de l'emploi et le droit de s'exprimer, non, le problème est que les autres n'aient plus ces droits.
parfait, rien a ajouter. merci de votre modération. -
Fandasi pour clavier
Non non , on ne s'en fout pas. Si la Poste est privatisée , il y aura des économies qui vont se faire au nom de la rentabilité , et là , bonjour les dégâts pour le service du courrier. -
nicolette chazalet
Il y a bien peu de postiers pour répondre à l'appel !
Et pour cause ! Voyez moi ça, ce qu'on nous propose comme outil de combat : un référendum ! Ben voyons ! National, j'espère ! Que tous les Ciiiiiitoooooyyyyenssss puissent répondre...Et dans les questions posées, je suggère : voulez-vous que les bureaux de poste soient ouverts le samedi après-midi et le dimanche ! (nous qui nous sommes battus comme des chiens pour que les bureaux de poste restent ouverts de 8h à 19h sans interruption... avec le personnel qui faut, tournant en équipes...)
Séparation Poste et télécoms pour privatiser ce qui rapportait des millions (entre autre au budget de l'Etat) : Les Télécoms. Dans la foulée, aggravation des conditions de travail des employés, abolition de leur statut (oui, de fonctionnaire. Qui leur évitait d'être au chômage et leur imposait les astreintes etc...), diminution des effectifs, concurrence, augmentation des tarifs et tarifs anarchiques.
Filialisation de plusieurs domaines de La Poste (colis/chrono/médiapost/europ airpost etc...) histoire de bien exploser les personnels, de bien stratifier les soit-disants métiers et surtout de bien rentabiliser tout ça, en diminuant le personnel, en embauchant des précaires, sans formation, payés le SMIC, sous contrat privé et n'ayant pas prêté serment...
Création de "la Banque Postale", le fleuron, celui qui fait de l'argent : on y vend et achète des actions comme à la banque et on fait le crédit, en plus de l'épargne et de la gestion courante des comptes. On objective à tous les niveaux. Je rappelle (mais qui le sait ?) que La Poste est l'un des lieux de travail où il y a le plus de dépressions. Plus de repères, objectifs changeants de façon permanente et impossibles à atteindre, cassure avec le public qui attend autre chose, baisse drastique du pouvoir d'achat, travail 6 jours sur 7 et/ou en "brigades" et/ou "en fonction des nécessités du service" pour un résultat de pire en pire.
Voilà donc des années que la privatisation est en marche. Tous les syndicats ont accompagné, voire impulsé cette privatisation. Même la CGT (je suis militante de la CGT) qui appelait à l'égalité banques/Poste pour le crédit immobilier par exemple...
Alors, oui, il faut que ça change, mais c'est pas un référendum qui va convaincre Sarkozy ! Sarkozy et son gouvernement ils ne comprennent que la force. Et la force, c'est tous ensemble qu'on l'aura. On essaie de la préparer. On essaie que nos responsables syndicaux ne fassent plus comme Thibault avec la SNCF : casser ouvertement la grève avant même qu'elle ait lieu et accompagner toutes les "réformes" ! Mais sur La Poste, comme sur Edwige, comme pour les sans-papiers, comme pour les sans logis, la Sécu, la santé etc... C'est tous ensemble !
D'ailleurs, tiens, lisez donc http://tous-ensemble.dyndns.org/ signez et venez dans les réunions organisées....
Une postière
Nicolette -
Manuel Brun
Non non Daniel, on ne s'en fout pas de la Poste et comme la réforme de la constitution n'a pas que de mauvais côtés, je vais de ce pas signer la pétition et merde à Edvige... -
alixyz
si j'ai bien compris, voilà la tactique de la privatisation :
1) Les français sont plutôt contents de leurs services publics et y sont attachés.
2) Ca emmerde nos gouvernants qui doivent pour faire plaisir à bruxelles et à leurs copains les grands patrons privatiser les services publics
3) Comment faire?
4) Mettons les batons dans les roues à tous les fonctionnaires en compliquant leurs tâches à merveille pour que même s'ils voulaient bien faire leur travail (mais ils ne le veulent pas on le sait bien ce sont des fonctionnaires) ils ne puissent pas le faire. Insistons sur le besoin de financement pour rester compétitifs. Lançons et engraissons des idées reçues sur les fonctionnaires paresseux et privilégiés, et les services publics dépassés par leur tâche dans cet univers de compétitivité... Parlons de modernité....
5) Laissons pourrir un peu la situation.
6) Faisons figure de sauveur, une fois la situation bien pourrie, quand on en vient enfin à privatiser ou à ouvrir le capital...
De toutes façons tout le monde s'en fout puisque la France des vrais privilégiés ne se sert plus de ces services publics dépassés, mais bien commodes pour les autres et moins chers.
Puisque les autres se résignent... Puisque ces autres se résignent à être traités d'archaïques ou à accepter enfin la modernité....
Vu les dégâts provoqués un peu partout par les privatisations, la question ne devrait même plus se poser. Mais bon les français n'en ont pas encore profité à fond pour se rebeller vraiment.
En tant que professeur à l'éducation nationale, j'attends patiemment qu'on en vienne aux mêmes conclusions concernant enfin le mammouth archaïque... Déjà les parents fuient de toutes parts le public, où manquent des surveillants pour assurer la sécurité des enfants, où manquent des postes pour éviter qu'on ne soit trente par classes, où manquent des crédits pour changer les vieux manuels et acheter des ordinateurs qui marchent, où manquent des remplaçants et des profs tout simplement pour assurer certaines options ou le remplacement de profs qui partent en congé maternité, ce qui fait que les enfants sont quelques semaines sans professeur livrés à eux mêmes sans surveillants ou salle de permanence...
J'attends qu'on vienne me dire que vus les dysfonctionnements énormes de tous ces services publics, qu'on laisse gentiment péricliter, il faut privatiser....
Vraiment n'importe quoi ...
Petite déprime du vendredi soir.... -
PATRICK PREMARTIM
euh, franchement, La Poste, je m'en fous un peu... des problèmes de courrier depuis des années, des lettres qui mettent 10 jours pour partir d'un arrondissement de Paris et arriver au Père Lachaise, des colis qui disparaissent ou sont livrés en retard, ... et des guichetiers qui donnent l'impression de rien foutre mais qu'on les dérange ou des files d'attente avec 20 personnes tandis qu'un seul guichet est ouvert et qu'on voit les autres employés bavasser à côté, oui, ça m'incite à avoir envie que LA Poste devienne une entreprise dont la rentabilité dépendra aussi de la satisfaction des clients.
d'iun autre côté, ils sont un peu (trop) indétronables et l'ouverture à la concurrence ou l'ouverture du capital ne changera rien pour les clients. mais dans un sens autant continuer à écrouler notre système en éliminant peu à peu les entreprises publiques cruciales soit en leur coupant les vivres (cas de France Télévision) soit en les privatisant. -
Aurel'
Pour ma part, de toute façons, on nous spolie de la poste, vivement la privatisation, vivement qu'ils se cassent, personne ne veut rien améliorer.
Maintenant, à la poste on a des tickets comme à la boucherie. C'est dire la considération du client (et non plus usager désormais).
J'ai une haine envers la poste comme envers la SNCF pour leur gestion calamiteuse.
Pour moi, ce que tu souléve, la "non réaction" des gens, c'est que, comme moi peut-etre, ils sont blasés. Ils savent que de toute façons, on n'y peut plus rien, ça passera, c'est pas nous qui décidons.
Tu fais la queue, tu paie, et tais toi. -
ActionFighter
Petit rappel de la pensée de M. Fillon et de son gouvernement en matière de services publics :
“Le grand problème de l'État, c'est la rigidité de sa main-d'œuvre. Pour Faire passer un fonctionnaire du premier au deuxième étage de la place Beauvau, il faut un an. Non pas à cause de l'escalier [rires dans la salle], mais des corps. Il y a 1400 corps. 900 corps vivants, 500 corps morts [rires], comme par exemple l'administration des télécoms. Je vais les remplacer par cinq filières professionnelle qui permettront la mobilité des ressources humaines : éducation, administration générale, économie et finances, sécurité sanitaire et sociale. Si on ne fait pas ça, la réforme de l'État est impossible. Parce que les corps abritent des emplois inutiles.”
“A l'heure actuelle, nous sommes un peu méchants avec les fonctionnaires. Leur pouvoir d'achat a perdu 4,5% depuis 2000.”
“Comme tous les hommes politiques de droite, j'étais impressionné par l'adversaire. Mais je pense que nous surestimions considérablement cette force de résistance. Ce qui compte en France, c'est la psychologie, débloquer tous ces verrous psychologiques.”
“C'est sur l'éducation nationale que doit peser l'effort principal de réduction des effectifs de la fonction publique. Sur le 1,2 million de fonctionnaires de l'Éducation nationale, 800 000 sont des enseignants. Licencier dans les back office de l'éducation nationale, c'est facile, on sait comment faire, avec Éric Woerth [secrétaire d'État à la Réforme de l'État] : on prend un cabinet de conseil et on change les process de travail, on supprime quelques missions. Mais pour les enseignants, c'est plus délicat. Il faudra faire un grand audit.”
“Le problème que nous avons en France, c'est que les gens sont contents des services publics. L'hôpital fonctionne bien, l'école fonctionne bien, la police fonctionne bien. Alors il faut tenir un discours, expliquer que nous sommes à deux doigts d'une crise majeure - c'est ce que fait très bien Michel Camdessus , mais sans paniquer les gens, car à ce moment-là, ils se recroquevillent comme des tortues.”
Pour avoir travailler en marge dans mes études dans un bureau de poste, je sais comment ça se passe : travail en sous effectif, des fonctionnaires qu'on fait changer de poste avec 2 jours de formation et après, advienne que pourra.... La poste a de plus en plus recours au CDD, avec des contrats de la plus courte durée possible, et limité à 10 pour ne pas se faire attaquer en justice.
La privatisation est en marche depuis longtemps. Mais le gouvernement a si bien réussi à faire passer l'idée que les fonctionnaires sont des privilégiés que tout le monde s'en fout. Combien de fois j'ai entendu des réflexions du genre : "On n'attend 30min en moyenne au guichet, pendant ce temps là, on les voit prendre leur café, tranquilles", ou encore "Moi je connais quelqu'un qui y travaille, tout ce qu'elle fait, c'est papoter avec ses collègues, et c'est nous qui payons son salaire"
Beaucoup de gens ne pensent même pas aux conséquences de la privatisation sur les prix, ou la qualité des services, tout ce qu'ils veulent, c'est abolir les "privilèges" que les fonctionnaires se font octroyer. C'est vrai que gagner un peu plus de 1500€ net au bout de vingt ans d'entreprise, c'est vraiment dégueulasse... -
jérémie
Justement, Daniel, on est tous attachés aux services publics, donc c'est pas là-dessus qu'on va pouvoir polémiquer comme des chiffonniers. Ce n'est donc pas marrant...
Sinon, je crois comme d'autres qu'il y a une certaine résignation. Moi aussi je suis pour un référendum, mais faut pas rêver... je crois que depuis la réforme constitutionnelle, on peut imposer un référendum avec 4 millions de signatures (Edvige, malgré le barouffe qu'elle a soulevé, n'a récolté que 150 000, laborieusement), et en plus, on sait tous depuis le référendum de 2005, que si on ne vote pas comme prévu, on nous imposera quand même le contraire !
On va le perdre définitivement, notre service public, et il faudra refaire tout le processus social et historique qui a conduit à sa constitution, quand le privé aura fait la démonstration de son incapacité à gérer l'intérêt général. Au moins, nos petits enfants auront du pain sur la planche...