Bruni, Vincennes, et une kipa : comme un lundi

Daniel Schneidermann - - Le matinaute - 43 commentaires

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Il y a des lundis comme ça

, où l'on ne sait où donner de l'indignation, et de l'accablement. Trois événements s'entrechoquent, qui touchent le nerf du sacré. Un incendie a détruit le centre de rétention de Vincennes; un jeune Juif en kipa a été tabassé à Paris; la promo-Bruni a profité du week-end pour envahir Libé. Je les cite dans le désordre, comme ils viennent.

A priori, ils n'ont rien à voir. Ou plutôt, ils sont reliés par des fils invisibles. Entre Vincennes et le tabassage, on imagine les débats dans les rédactions du week-end. Lequel citer avant l'autre dans les titres du journal ? Comment leur mesurer la place ? Comment établir une hiérarchie ? Quant à Bruni, c'est bien la plaie à vif de la rétention, et des objectifs chiffrés de reconduites à la frontière, qui rend l'opération de charme insupportable. Sans Vincennes, Bruni ne serait qu'un fumigène comme les autres.

Chacune de ces trois douleurs mériterait une analyse spécifique, des mots à elle toute seule. En concurrence, elles semblent se pousser du coude. Chacune exige qu'on lui fasse sa place, toute sa place, à la Une. L'indignation, la rage, l'accablement, l'aquoibonisme, passent de l'une à l'autre, sans savoir où se poser.

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