Vente régie France Télévisions : stand-by ?
La rédaction - - 0 commentaires"La privatisation de la régie publicitaire de France Télévisions n'est pas un cadeau du Président Sarkozy", s’est défendu Stéphane Courbit, le patron de Publicis-LOV group, le consortium en négociation exclusive pour reprendre 70 % de la régie publique. En délicate posture, il faisait face à la commission des affaires culturelles de l'Assemblée nationale, réunie pour un colloque sur "la télévision et la publicité".
"La privatisation de la régie publicitaire de France Télévisions n'est pas un cadeau du Président Sarkozy", s’est défendu Stéphane Courbit, le patron de Publicis-LOV group, le consortium en négociation exclusive pour reprendre 70 % de la régie publique. En délicate posture, il faisait face à la commission des affaires culturelles de l'Assemblée nationale, réunie pour un colloque sur "la télévision et la publicité". |
Devant des dirigeants de France Télévisions, de groupes audiovisuels privés (TF1, M6, Canal+) et de régies publicitaires (TBWA, Omnicom Media Group), Courbit a tenté de contrer les nombreux détracteurs du projet. En particulier Frédéric Mitterrand, qui avait dénoncé en mars un problème "déontologique" à l’issue de l’appel d’offre, puisque, par ailleurs producteurs, les repreneurs étaient selon lui à la fois "juge et partie". Une position allègrement relayée lors de la table ronde.
"Ce n'est pas Nicolas Sarkozy qui a décidé de privatiser la régie publicitaire, a-t-il tenu à rappeler suite aux polémiques encore vives, c'est France Télévisions. Nous n'avons rien demandé, c'est la banque Rothschild, mandatée par France Télévisions, qui a pris contact avec nous en août 2009. Nous avons suivi un processus de sélection en neuf étapes du 29 septembre 2009 (...) au 1er mars 2010. "
Mais il n’empêche. Courbit campe à la tête de la société de production Banijay, à l’origine, entre autres de "Loft story", des productions de Nagui sur France 2 et France 4. "Cela crée un climat de suspicion, alors que nous devons prendre 15 à 20 décisions éditoriales par jour", a déploré Patrice Duhamel, directeur général de France Télévisions. Mais Courbit fait fi de ces subtilités. Pour lui, "Il n'y a aucun obstacle juridique à être producteur et régie publicitaire. On est dans la fantasmagorie».
Toutefois, le processus de privatisation de la régie risque d’être contrarié, après que Jean-François Copé ait déclaré mardi vouloir "mettre en débat" le projet de suppression totale de la publicité sur France Télévisions en novembre 2011. Le député UMP Christian Kert, rapporteur de la loi audiovisuelle de mars 2009, a donc proposé "une pause" dans le processus de privatisation de la régie, sans pour autant rejeter toute idée d'ouverture du capital de la régie, même en cas de maintien de la publicité en journée.
(Par Flora Beillouin).