Une chronique censurée dans Libération
Gilles Klein - - 0 commentaires"S'étonnant de ne pas découvrir vendredi dans Libération la chronique hebdomadaire de Pierre Marcelle, Politis a pris des nouvelles de l'auteur" écrit l'hebdomadaire Politis daté du 26 février.
| Pierre Marcelle explique à Politis : "Revendiquant l’exclusivité de la communication relative à la
(douloureuse) situation qui, depuis dix jours, perdurait dans nos murs,
Laurent Joffrin, coprésident de Libération et
directeur de sa rédaction, s’est opposé jeudi dernier à la diffusion
d’une chronique qui, de la Guadeloupe à la rue Béranger, traitait de ce
qui, ici et là, identifiait à la fois un conflit social et un conflit
identitaire. (...) Très ingénument, je m’imaginai même que cette chronique, vidant un peu
du pus de cet abcès, soulagerait tout le monde, et jusqu’à la direction
du titre. Sa censure établit que je m’étais mépris." Hebdomadaire Politis daté 26 février 2009 ![]() |
Marcelle fait référence à la grève de la faim d'une salariée de Libération en instance de licenciement. Politis publie des extraits de cette chronique non parue :
| "Si, pas plus que dans un seul pays, on ne fait le socialisme dans un
seul journal, à tout le moins, l’ultime aberration ou l’ultime
reniement (c’est selon la conviction des uns ou des autres) serait
d’occulter ce qui le constitue, le journal: en l’occurrence, la fin
d’informer aussi à propos de conflits, qu’ils soient sociaux ou
identitaires, qu’ils soient de là-bas ou d’ici, et fussent-ils, pour
les seconds, dérangeants de proximité." "Quelles que soient les «raisons» de part et d’autre invoquées, cette grève de la faim, ici, dans le hall de ce journal, hurle la négation de ce qui en fit un intellectuel collectif. À perdurer, à signifier aussi tragiquement que, de facto, on ne put, dix jours durant et sans préjuger de la suite, plus se parler, cette grève de la faim ébranle le bien commun d’une commune intelligence de valeurs, sinon du monde." |
