Twitter, cour de récré de l'Assemblée

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A l'Assemblée, les députés s'ennuient. C'est du moins ce que doivent croire les férus du hashtag directAN sur Twitter. Depuis sept jours que les débats de la loi sur le mariage pour tous sont ouverts, les élus, ces grands écoliers, passent leur temps sur Twitter. Leur jeu préféré ? Révéler les faux pas et les défauts du camp opposé.

Marc Le Fur ne s'est pas privé. Au contraire. Mardi 5 février, il poste sur Twitter une photo d'un député socialiste - qui selon Le Fur est Guillaume Bachelay - jouant au Scrabble sur sa tablette. L'image, appartenant à une agence de presse est complétée par un slogan à charge : "Mariage Gay, adoption, PMA, GPA, ce député décide du sort des enfants de France".

Le coup était beau, avant que Guillaume Bachelay, le député socialiste associé à la photo, ne démente. Le Fur présente ses excuses, mais l'identité du joueur de Scrabble reste un mystère.

Le Petit Journal du mardi 5 février s'attèle donc à la résolution de l'énigme, jusqu'à ce que Thomas Thévenoud révèle être le trublion. Le député socialiste s'en amuse même auprès de nos confrères du Lab : "Mon copain Jérôme (Guedj, député socialiste, NDR) m'a sorti un "branleur" en 8 lettres mais j'ai répondu par un "layette". Arriver à faire ça à 3 heures du matin, ça prouve que les cellules grises marchent encore."

Ceux qui ne pratiquent pas le Scrabble ont trouvé une autre distraction : railler les pulls et les cravates bigarrées d'Hervé Mariton, l'un des principaux orateurs de l'UMP.

Depuis le début de la semaine, c'est l'attraction phare sur Twitter, chacun y va de ses commentaires et de ses montages. La palme revient à cette illustration photoshopée d'un Mariton portant un pull aux couleurs de l'arc-en-ciel.

La blague n'est pas vraiment au goût du député UMP. Il s'en émeut à l'Assemblée : "je voudrais qu'on cesse ces allusions constantes aux couleurs des habits des uns et des autres. C'est déplacé."

C'est peut-être pour riposter à ces moqueries qu'Hervé Mariton a demandé s'il ne fallait pas interdire Twitter pendant les séances. La place accordée à ces digressions sur réseaux sociaux agace aussi d'autres députés de droite. Lundi 4 février, Philippe Gosselin a pris la parole pour questionner les députés sur leur utilisation du réseau social.

Pour le moment, Claude Bartolone, le président de l'Assemblée nationale a tranché en réaffirmant aujourd'hui sur i>Télé qu'il "n'utiliserait pas de brouilleur" et qu'il "n'interdirait pas les communications électroniques". La récré devrait continuer.

(par Pierre Labrunie)

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