TV japonaise : des shows, mais pas d'enterrements (Libé)

Gilles Klein - - 0 commentaires

Au Japon, écrit Libération, "le décalage entre la tragédie qui se déroule dans le réel et la bouffonnerie jouée à l’écran" paraît "grotesque". L'envoyé spécial du journal, qui est à Osaka, au sud du pays, loin de Tokyo et de la centrale ajoute : "Les films de samouraïs, les shows télé, les publicités et les soap-opera ont tous survécu au drame du tsunami sur les écrans plats du Japon, peut-être parce que les autorités n’ont pas encore vraiment tiré le signal d’alarme."

"Contrairement aux médias étrangers, les écrans nippons ne montrent pas de cadavres. Leurs caméras haute définition interrogent les survivants qui pleurent devant l’objectif, au milieu des ruines de leur village où les bulldozers ont déjà tracé des sentiers entre les débris. Elles ne s’attardent jamais très longtemps. Les reporters aident parfois les rescapés à marcher, posent des questions simples aux enfants réfugiés dans les gymnases, déterrent le cartable d’un écolier ramassé dans la boue près de Sendai. Mais l’image des décédés reste taboue. Ni chapelle ardente ni enterrements."

"Entre deux émissions de divertissement, le péril nucléaire est bien sûr suivi de près. A Tokyo, les caméras se promènent devant les gares où des files sans fin se sont formées depuis hier, et suivent les foules qui courent pour attraper un train. La télé montre peu, ou pas, les longues queues de voitures devant les stations-service et ne dit pas que dans cette ville, l’une des plus grandes métropoles du monde, on ne trouve plus d’eau en bouteille dans les magasins.(...) Voilà deux jours, selon la presse, le Premier ministre aurait passé un savon mémorable aux responsables de Tepco. La télévision n’en a presque pas soufflé mot, sans doute pour ne pas semer la panique."

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