Trierweiler ne peut plus travailler à Match (journaliste belge)
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Il est des observateurs, comme le matinaute Schneidermann, qui estiment que Valérie Trierweiler peut rester journaliste, comme elle le souhaite, quitte à rompre avec son statut de "première dame" et potiche. Il en est d'autres que la perspective fait sauter au plafond.
| C'est le cas de Charline Vanhoenacker, correspondante de la radio publique belge à Paris, connue pour ne pas ménager les mœurs journalistiques françaises, et chroniqueuse occasionnelle sur notre plateau. Sur son blog, la journaliste belge est claire : "Je pense qu’il est impossible que Valérie Trierweiler demeure journaliste." "Non, je ne trouve pas «normal» que Valérie Trierweiler demeure journaliste pendant le mandat de François Hollande, avec la complicité d’un magazine à grand tirage tel que Paris-Match. Je trouve même cela inacceptable, et je m’étonne que nous soyons si peu nombreux à en faire un flan." |
Charline écarte les arguments féministes : "Je reconnais volontiers le déchirement que peut représenter l’empêchement de se livrer à sa vocation. Et je suis lassée de constater que c’est systématiquement la femme qui doit remettre en cause sa carrière, pour ne pas faire ombrage à son compagnon. Mais que la «première dame» , ou «first girlfriend» , soit toujours caractérisée «journaliste», je trouve cela contraire aux valeurs de ma profession." Et elle développe son argument-clé : "Voici donc une journaliste, embarquée dans l’intimité du pouvoir (ses rouages, ses voyages et dîners officiels, ses confidences, etc.), mais qui n’en dira mot. En quelque sorte, la journaliste la mieux informée de France sur la magistrature suprême pratiquera la rétention d’information permanente. (…) Il existe donc en France une journaliste, dont tout le monde accepterait qu’elle taise l’information, qu’elle la retienne à tout prix ? Ah pardon, elle n’est plus une journaliste «politique» mais «culturelle». L’absolution ? Je trouverais contraire aux valeurs de mon métier qu’une journaliste «culturelle» soit en possession d’une information politique, et sous prétexte de sa case culturelle, ne dévoile pas cette information politique."
Trierweiler et Match ayant annoncé que la compagne de Hollande sera chargée d'une chronique culturelle dans l'hebdomadaire, la journaliste belge pointe avec justesse que ces articles auront un drôle de statut :"Ce «Coup de cœur» aura le pouvoir de transformer le plomb en or (et l’artiste en «artiste de la cour».)" Cruellement, Vanhoenacker rappelle qu'en France, "la liste des entorses à l’indépendance du journalisme ne fait que s’allonger dans une relative indifférence qui confine à la normalité", en citant notamment Christine Ockrent, nommée à la tête de France 24, quand son compagnon Bernard Kouchner était installé au Quai d'Orsay (nous en avions même fait un dossier).
Conseil de consœur pour finir: "Pour ne pas faire potiche, si Valérie Trierweiler mettait sa notoriété nouvelle au service d’une cause, ou exerçait un autre métier ? J’adorerais voir une «first girlfriend» travailler et gagner un salaire ! Son bagage de journaliste lui permettrait de prendre le contre-pied des épouses de présidents, qui prétendent aider l’Afrique en séjournant deux nuits dans un 4 étoiles de Ouagadougou.'