Soutien à la Grèce : "flou" (presse nationale)

Gilles Klein - - 0 commentaires

Versions contradictoires dans la presse nationale après le sommet européen sur la Grèce : aide financière pour les uns, aide morale pour les autres. Heureusement le Figaro et les Echos proposent une explication de ce flou : Merkel écoute l'opinion allemande qui ne veut pas payer pour la Grèce.

Seule la Tribune prend le parti d'une analyse franche et parle d'un sommet qui se termine par un "flop".

"Sous la houlette de l'Allemagne et de la France, l'Union Européenne a accepté de venir en aide, financièrement à Athènes. les mesures détaillées que lundi ou mardi prochains." explique Le Parisien/Aujourd'hui en France.


Libération parle de "soutien moral", de "possibilité d'une aide" "sans s'engager financièrement"


Sous-titre étonnant à la Une du Figaro : "Les Vingt-Sept s’engagent à soutenir Athènes en cas de difficultés financières" On croyait que ces difficultés financières étaient évidentes puisque le grand titre de Une du Figaro hier jeudi était "L’Europe veut sauver la Grèce de la faillite"

Le Figaro vendredi 12 février (ci-dessous à gauche) et jeudi 11 février (à droite)








Finalement en page intérieure, ce vendredi Le Figaro explique : "Les modalités techniques de l’aide financière de la zone euro ne sont pas encore arrêtées, en raison d’un manque de consensus au sein de la coalition allemande."

La coalition de partis au pouvoir en Allemagne dirigée par Angela Merkel qui doit tenir compte de l'avis de ses alliés politiques.


pictoLe Figaro vendredi 12 février 2010



Le quotidien Les Echos s'interroge : "Les Européens se sont abstenus d’entrer dans le détail des mesures d’aides qui seraient envisageables. Aucun chiffre n’a été évoqué concernant le montant que pourraient atteindre ces soutiens manifestement bilatéraux. Les marchés se contenteront-ils d’un tel flou ?"

Les Echos vendredi 12 février 2010 picto

Les Echos explique la vraie raison de ce flou sur 'aspect financier de l'aide européenne à la Grèce :

"Selon un sondage publié hier, 71 % des Allemands se prononcent contre une aide financière à Athènes. La nostalgie du deutsche Mark refait surface. Il n’y a pas de consensus, parmi les éditorialistes des grands journaux allemands, sur l’opportunité d’une aide financière concrète à la Grèce. Certains l’estiment nécessaire. Ainsi, pour le « Financial Times Deutschland », le gouvernement allemand aurait dû se manifester bien plus tôt, « les choses ne seraient pas allées si loin. Les investisseurs qui aujourd’hui veulent tester le défaut de paiement auraient pressenti qu’ils se brûleraient les doigts à spéculer contre l’euro et la Grèce »"






"Le soutien affirmé des Vingt-Sept à la Grèce n'a pas suffi à rassurer les marchés. L'euro a encore perdu du terrain."

Le graphique sur le côté de la photo montre "La folle journée de l'euro" qui a commencé la journée à 1,3801 dollar, il est tombé à 1,3595 après 16 h, avant de remonter à 1,3680 après 19 h.

Le titre de la double page parle de "soutien psychologique" mais "les marchés" ne semblent pas s'en contenter.

Le deuxième article souligne que "l'Allemagne ne décolère pas" citant l'éditorial du Münchner Merkur qui critique les grévistes grecs unis contre le projet de retraite à 63 ans, alors que les Allemands, "vos sauveurs ont dû depuis longtemps accepter de travailler jusqu'à 67 ans"


Lire sur arretsurimages.net.