Sondage : Sarkozy devant, Buisson sort du bois
La rédaction - - 0 commentairesL'inversion des courbes tant attendue a bien eu lieu. Nicolas Sarkozy passe pour la première fois devant Hollande au premier tour de la présidentielle dans un sondage Ifop, relayé dès hier soir sur twitter. Sans perdre une seconde, son conseiller spécial venu de l'extrême-droite, Pätrick Buisson, a saisi l'occasion de s'expliquer dans une interview au Monde. Et il tient un scoop : les sondages donnant Hollande largement vainqueur au second tour reposeraient "sur du sable", à cause d'une abstention surévaluée.
L'information est tombée à 22h41, pendant la prestation de Nicolas Sarkozy dans Des paroles et des actes sur TF1. Guillaume Tabard, éditorialiste aux Echos, a révélé sur twitter l'existence d'un sondage plaçant Sarkozy devant Hollande au premier tour :
Une "exclu" twitter, comme l'a relevé un blog du Figaro, qui remarque que le réseau social s'est aussitôt enflammé. Ainsi que les journalistes politiques : "On sait que ce n'est pas dans le Figaro. On envoie un sms au Parisien. Ce n'est pas dans Le Parisien, pourtant réputé pour avoir les sondages qui font du bruit avant tout le monde. Avant qu'on sache que c'est un sondage Ifop pour Paris Match et Europe 1, les esprits s'échauffent dans les partis politiques".
Sur twitter donc, Valls met en garde ses camarades :
Une demi-heure plus tard, Arnaud Leparmentier du Mondedonne les chiffres de ce sondage sur son blog : au premier tour, Sarkozy obtiendrait 28,5% d'intentions de vote, contre 27% pour Hollande. "Pour la première fois, l'information politique s'est faite en direct sur Twitter. Merci Guillaume Tabard", remarque le blog du Figaro.
L'histoire retiendra également que c'est au même moment que le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, Patrick Buisson, a accordé une longue interview au Monde pour commenter la campagne. Transformant l'essai de ce premier bon sondage pour le président sortant, Buisson assure que les intentions de vote du deuxième tour, toujours défavorables, sont trompeuses : "Le rapport de forces du second tour tel qu'il ressort actuellement des enquêtes d'opinion repose sur l'hypothèse, jamais vérifiée à ce jour dans un scrutin présidentiel, d'une abstention sensiblement plus importante au second tour qu'au premier, explique-t-il. Les sondages indiquent "qu'entre 40 % et 50 % de l'électorat de Marine Le Pen se refuse à faire un choix pour le second tour dans le cas d'un duel Sarkozy-Hollande, et qu'environ un tiers de l'électorat de François Bayrou est dans ce cas. |
L'avantage du candidat socialiste est donc construit sur un scénario qui verrait 4 à 5 millions d'électeurs du premier tour ne pas aller voter au second. Autrement dit, sur du sable". Et le conseiller spécial d'enfoncer le clou : "Depuis 1965, il n'y a pas eu un scrutin présidentiel où la participation au second tour n'a pas été supérieure à celle du premier. La plupart de ceux qui disent ne pas vouloir choisir iront voter le 6 mai. Et les réserves sont ici plutôt du côté de Nicolas Sarkozy que de François Hollande. Les sondages ne sont que des instantanés qui donnent l'illusion du réel. En peinture, cela s'appelle un trompe-l'œil".
Faut-il voir dans le sondage Ifop favorable à Sarkozy un effet du discours anti-Schengen de Villepinte ? On sait en tout cas qui a soufflé le nouvel axe de campagne autour des frontières à Sarkozy : c'est Buisson. Dans Le Monde, il détaille le concept de protection des frontières appliqué à la fois à l'économie, l'immigration et même l'éducation. Sarkozy "est clairement le candidat d'une Europe des frontières, explique-t-il. C'est en cela qu'il est le candidat du peuple qui souffre de l'absence de frontières et de ses conséquences en chaîne : libre-échangisme sans limites, concurrence déloyale, dumping social, délocalisation de l'emploi, déferlante migratoire. Les frontières, c'est la préoccupation des Français les plus vulnérables. Les frontières, c'est ce qui protège les plus pauvres."