Sofitel : allégations indirectes de DSK contre les services français

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Dans une interview accordée au journaliste américain Edward Epstein dans le quotidien britannique The Guardian, Dominique Strauss-Kahn évoque la thèse d'un complot de services secrets français contre lui dans l'affaire du Sofitel de New York. Une interview qui tombe à point nommé pour faire la promotion d'un livre d'Epstein sur l'affaire DSK qui sort la semaine prochaine. La crédibilité de ce journaliste américain est faible, comme nous l'avions relevé l'an dernier. "Expliquez-vous avec la Justice et épargnez aux Français vos commentaires" a lancé Sarkozy à l'adresse de DSK.

«Peut-être ai-je été politiquement naïf, mais je ne croyais tout simplement pas qu'ils iraient aussi loin. Je ne pensais pas qu'ils trouveraient quoi que ce soit qui puisse me stopper», a confié DSK à Edward Epstein. Selon le journaliste, ce «ils» vague désignerait les «agents» de Nicolas Sarkozy.

La rencontre entre DSK et Epstein aurait eu lieu, selon le journaliste, le 13 avril dernier à Paris, dans l'hotel Pavillon de la Reine, dans le Marais. C'était la première fois qu'Epstein rencontrait DSK. Epstein avait publié l'an dernier un article dans le New Yorker parlant d'un complot dirigé contre DSK, qui reprend lui-même cette thèse dans cette interview.

"Dans sa première interview pour un journal depuis sa déchéance publique en mai dernier, publiée par le Guardian aujourd'hui, Strauss-Kahn a déclaré qu'il croit que le scandale qui a suivi sa rencontre avec la femme de ménage de l'hôtel Sofitel à New York, et son emprisonnement sous l'inculpation de tentative de viol, ont été orchestrés par ses ennemis politiques." explique le Guardian

"Bien qu'il ne pense pas que sa rencontre avec Nafissatou Diallo ait été un piège, il soutient que «la suite des événements» a été façonnée «par ceux qui ont un agenda politique»" dit DSK : "Peut-être que j'étais politiquement naïf, mais je ne croyais tout simplement pas qu'ils iraient aussi loin ... Je ne pensais pas qu'ils pouvaient trouver quoi que ce soit pour m'arrêter".

Ce nouvel époisode de l'affaire est largement repris, le plus souvent sans distance, par la presse française.





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DSK était sous surveillance déjà depuis plusieurs semaines et était devenu la principale « cible » des services français en février ou en mars 2011." déclare Epstein dans une interview à Libération tout en reconnaissant qu'il n'en a"pas de preuve formelle".

Il évoque aussi une transcription d'une conversation entre DSK et le commissaire Lagarde dont disposeraient les services français tout en ajoutant qu'on lui a "rapporté l’existence de ce transcript mais je ne l’ai pas vu moi-même."

Le site des Echos (ce quotidien ne paraît pas le samedi) publie un article de son correspondant à New York sur cette interview "la première depuis celle accordée à Claire Chazal du 18 septembre 2011, l'ancien patron du FMI se déclare persuadé que sa chute a été «chorégraphiée», le terme n'est pas de lui, mais du journaliste Edward Epstein ayant recueilli ses propos, par ses ennemis politiques."

Epstein affirme que l'un des deux employés protagoniste de la danse de la victoire vue sur une vidéo de l'hotel en train de se réjouir d'on ne sait quoi est également vu, grâce à la vidéosurveillance, en train d'observer DSK indique une dépêche AFP qui évoque l'article de Libération.

L'employé en question observverait DSK "quand il arrive le 13 mai" au Sofitel, "le suit encore quand il monte dans sa chambre", est "de nouveau là, à chaque instant" quand DSK part de l'hôtel le lendemain, puis "retourne dans la chambre 2806" après les révélations de Nafissatou Diallo. "Tout cela est bien étrange", conclut Edward Epstein.





Le Parisien consacre une page à l'interview : "La thèse d’une manipulation avait déjà été avancée par le journaliste américain Edward Epstein. Mais, cette fois, l’accusation vient de Dominique Strauss-kahn lui-même."

Le Figaro ne consacre qu'un entrefilet de quelques lignes en page 12 sous le titre "DSK ravive la thèse du complot".


L'occasion de relire la chronique de Daniel Schneidermann Petit Papa Esptein

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