Shalit rentre dans une "télénovela" (presse israélienne)

Gilles Klein - - 0 commentaires

"La société israélienne s'enferme maintenant dans l'auto-satisfaction montrant combien nous sommes concernés par le sort d'un seul soldat. Mais qu'en est-il du sort de beaucoup de soldats, de toute l'armée, et du peuple entier ?" demande le quotidien israélien Haaretz.

"Ce week-end, même la lotion après-rasage de Gilad Shalit était un sujet de discussion. Un des plus célèbres commentateurs a indiqué que les experts de l'armée israélienne avaient recommandé que sa famille mette son after-shave favori dans un sac pour faciliter son retour. A l'entrée de Tel Aviv, une publicité lumineuse affichait un message tout aussi grotesque «Prix spécial sur Absolut et Filandia – marques de vodka NDLR -. Bienvenue à la maison Gilad Shalit»" souligne Haaretz.

Shalit "ne rentre pas dans un pays, mais plutôt dans une télénovela dans laquelle il n'est question que d'émotions. On espère que sa santé mentale est bonne, mais il ne rentre certainement pas dans une société qui est en bonne santé. Il retrouve une société en état de psychose. Une psychose qui a commencé le jour où il a été enlevé, et qui atteint maintenant son pic."

Le plus grand quotidien du pays "Yedioth Ahronoth a déjà lancé une campagne de promotion déguisée sous la bannière du «Voulez-vous écrire à Gilad?». Et des centaines de milliers de rubans jaunes flottent sur tous les arbres et les rétroviseurs extérieurs de chaque voiture."

"Un général de réserve a déclaré: «Le Hamas a un cœur de pierre» (comme si quelqu'un qui détient des dizaines de milliers de prisonniers palestiniens, certains d'entre eux politiques, certains sans procès, certains isolés pendant des années sans droit de visites familiales, avait un cœur d'or)."

"Les deux soldats tués pendant l'enlèvement de Shalit restent des soldats inconnus, Shalit est devenu un héros une icône"

"Personne ne s'est jamais demandé : Pourquoi peut-on négocier avec le Hamas sur le sort d'un seul soldat, alors qu'il est toujours interdit de le faire sur le sort des deux peuples qui souffrent ?" conclut Haaretz dont la Une (ci-dessus) est illustrée d'une caricature montrant l'hystérie médiatique qui entoure son retour.

Yedioth Ahronoth (le plus fort tirage du pays) consacre l'intégralité de sa Une à Shalit, comme Maariv.

L'occasion de lire la chronique de Daniel Schneiderman Notre pote Gilad

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