Sartre était surveillé par les renseignements canadiens
Gilles Klein - - 0 commentairesDans les années 1970, les services de renseignements canadiens surveillaient Jean-Paul Sartre de près, s'inquiétant de son soutien aux indépendantistes québecois, et de son éventuelle venue au Canada, révèle l'agence La Presse Canadienne.
"Le dossier «Sartre» de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), maintenant déclassifié, permet de découvrir que les agents du renseignement ont scruté les traductions de déclarations de l'écrivain français. Ils ont aussi examiné ses liens avec le mouvement pacifiste pendant la Guerre froide et dressé la liste de ses démêlés avec la justice", explique l'agence. "Le dossier, qui tient en deux volumes totalisant 234 pages, a été obtenu par La Presse Canadienne en vertu de la Loi sur l'accès à l'information auprès de Bibliothèque et Archives Canada." |
"Le directeur de la sécurité et du renseignement de la GRC, L.R. Parent, a avisé le ministère des Affaires extérieures, en mars 1971, que le philosophe devait se rendre à Montréal, en route vers la Californie, pour assister au procès de l'activiste Angela Davis. Les gendarmes avaient commencé à récolter des informations sur son casier judiciaire afin que le ministère de l'Immigration puisse, «s'il le souhaite, prendre des mesures visant à interdire Sartre d'entrée au Canada», écrivait M. Parent."
"L'histoire détaillée de la vie politique et personnelle de Jean-Paul Sartre était transmise de Paris. Elle faisait état de son emploi du temps, de sa situation financière, de ses entrevues avec les médias et de sa participation à divers projets et causes sociales."