Sarkozy sur TF1 (presse nationale)
Gilles Klein - - 0 commentaires
Toute la presse nationale évoque plus ou moins longuement la prestation présidentielle prévue ce lundi soir sur TF1 : une "intervention télévisuelle taillée sur mesure et aux petits oignons pour Nicolas Sarkozy" pour Libération, une réaction face à sa "baisse constante" dans les sondages pour Le Parisien, une "interactivité avec les Français" pour le Figaro, et les Echos remarquent que les autres leaders internationaux font, eux, plus de conférences de presse.
"Servile, la télé ? Bien moins qu’on ne le dit. Bien moins que ne le dit, en tout cas, Vincent Peillon,(...) Les équipes de journalistes existent, les reporters enquêtent, les rédacteurs en chef tâchent de faire leur travail. De notre balcon, qui n’est pas mal placé, nous pouvons témoigner de ces efforts et de ce professionnalisme. Quant à la direction de France Télévisions, nommée par le CSA avant Sarkozy, sous un régime chiraquien révolu, elle présente un bilan qu’on s’accorde à trouver très honorable et cherche à préserver sa neutralité. Nicolas Sarkozy, au demeurant, s’en plaint à tout bout de champ, ce qui n’est pas un signe de sujétion." explique Laurent Joffrin dans son éditorial, mais il ajoute "Constitution de réseaux dans l’audiovisuel privé, intervention dans l’audiovisuel public : les habituels défauts des exécutifs, de droite et de gauche, sont portés à un niveau supérieur. Depuis trente ans, l’ami des stars télé tisse sa toile, subtil écheveau de services croisés qui le place au centre des jeux médiaticopolitiques." "Pour interroger le président de la République en précampagne, du coup, pas d’expert politique, pas de journaliste spécialisé : de simples Français. Un peu spéciaux tout de même, puisqu’ils ont été piochés dans d’anciens reportages des JT de TF1 !" remarque Libération en page 4. Libération lundi 25 janvier 2010 ![]() |
En haut de la deuxième page, Libération interroge Patrice Duhamel, le directeur général de France Télévisions, sur les critiques de Peillon : "C’est une surenchère à la suite d’une accumulation de mensonges. Le dernier, c’est sur le fait qu’on aurait organisé sept débats, sur neuf, sur l’identité nationale : c’est une affirmation complètement mensongère. Les trois derniers A vous de juger, c’était Daniel Cohn-Bendit sur Copenhague, Brice Hortefeux sur la sécurité et Martine Aubry sur un peu tout."
Moins solennelle, « Paroles de Français », l’émission avec Nicolas Sarkozy que TF 1 retransmettra en direct, ce soir à partir de 20 heures, innove. Le concept avait été proposé en septembre à l’Elysée. Qui n’avait alors pas donné suite. Mais face à sa baisse constante dans les sondages (61 % de mécontents dans le dernier baromètre Ifop« Journal du dimanche »), le chef de l’Etat veut reprendre la main. Et tenter de rassurer les Français fragilisés par la crise." Le Parisien lundi 25 janvier 2010 |
Le Figaro annonce l'intervention du chef de l'Etat à la Une, mais se contente d'un petit article factuel en page 3. "L’objectif est, selon la chaîne, de rompre avec « la solennité » des interviews télévisées précédentes des chefs de l’État. Et de provoquer « une interactivité » avec les dix Français qui l’interrogeront." "Pour Nicolas Sarkozy, cette émission télévisée en prime time mettra un point final à la période des cérémonies de voeux au cours desquelles il a délivré son message de début d’année et défendu ses choix politiques." |
"En s’adressant aux Français ce soir, Nicolas Sarkozy sait qu’il ne pourra pas échapper à certaines questions. Parmi les sujets de préoccupation majeurs, le chômage arrive en tête, mais aussi les retraites et les déficits publics. Le salaire des patrons et la burqa devraient aussi être évoqués." croit savoir le quotidien Les Echos. En bas de page, le quotidien économique constate que Brown, Merkel, Zapatero, Berlusconi, Obama affrontent plus souvent les journalistes, et présente le taux de popularité de ces leaders en janvier 2010, dans leurs pays respectifs : "Face à la presse, aux parlementaires, aux électeurs : les occasions de s’expliquer sont nombreuses. Dans les grands pays européens voisins et aux Etats-Unis, les chefs d’Etat et de gouvernement se plient régulièrement à l’exercice de la conférence de presse, que Nicolas Sarkozy n’a pratiqué que deux fois depuis son arrivée à l’Elysée." Les Echos lundi 25 janvier 2010 |

Le Parisien lundi 25 janvier 2010