Sarkozy contre la CGT, pour la "liberté de la presse" (Mediapart)

Gilles Klein - - 0 commentaires

Lors de son meeting à Nantes mardi, Nicolas Sarkozy a mis en cause la CGT, qui aurait perturbé la parution du quotidien Ouest-France parce qu'il publiait un entretien avec le candidat-président. Mais, souligne Mediapart (accès payant), ce n'était pas la raison de l'action syndicale.

"J'ai un message pour les permanents de la CGT, qui ont scandaleusement empêché la diffusion d'Ouest-France, qui avait commis un crime : prendre une interview que je leur ai donnée, a déclaré Sarkozy lors d'un meeting à Nantes mardi. Voilà la conception de la démocratie par les permanents de la CGT ! Honte sur les gens qui se comportent de cette nature ! Je leur dis: faut-il que vous ayiez peur pour nous empêcher de parler, mais vous n'y arriverez pas ! S'il faut revenir et redonner un entretien à Ouest-France, je suis candidat pour défendre la liberté de la presse dans notre pays"

Mediapart explique : "Mardi, Ouest-France, le plus grand quotidien national, publiait en effet un entretien avec Nicolas Sarkozy dans le cadre de la campagne. Et le journal a bien connu des problèmes d'impression et de diffusion. Pourtant, selon la direction de Ouest-France, ces soucis ne sont pas liés à cet entretien, mais à un mouvement social national à l'appel de la CGT qui fait suite à la récente mise en redressement judiciaire du quotidien régional Paris-Normandie, qui pourrait déboucher prochainement sur un plan social."

"Conséquence de ce débrayage d'une heure lundi soir dans les imprimeries de Ouest-France à Rennes et de Nantes, «la fabrication a été fortement perturbée», raconte Ouest-France. De fait, 60 000 exemplaires n'ont pas pu être imprimés ce lundi en Loire-Atlantique, où Nicolas Sarkozy tenait meeting."

"Les élus CGT de Ouest-France se sont déclarés «scandalisés» mercredi par les propos" de Sarkozy, indique l'AFP. "Ce mouvement de grève n'avait rien à voir avec une volonté de boycotter ce discours, mais au contraire de soutenir l'action des salariés du quotidien Paris-Normandie, et de la presse havraise qui résistent au démantèlement des titres et à leur probable liquidation judiciaire", insiste le communiqué CGT cité par l'agence.

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