Santé / vieux : Minc gonfle les chiffres
La rédaction - - 0 commentaires Voir la vidéoInvité de l’émission « Parlons Net » sur France-Info, Alain Minc a proposé que les dépenses de soins des "très vieux" soient imputées à leur patrimoine ou a celui de leurs ayants droit.
Pour illustrer ses propos, il cite le cas d'une hospitalisation, celle de son père, âgé de 102 ans. "Il a été hospitalisé 15 jours en service de pointe. La collectivité a dépensé 100 000 euros pour soigner un homme de 102 ans. C'est un luxe immense, extraordinaire pour lui donner quelques mois ou, j'espère, quelques années de vie. Je trouve aberrant, quand le bénéficiaire a un patrimoine, ou quand ses ayants droit ont des moyens, que l'Etat m'ait fait ce cadeau à l'œil."
"La collectivité a dépensé 100 000 euros ..." |
100 000 euros ? A la suite de cette déclaration, plusieurs voix se sont fait entendre pour mettre en doute la somme avancée par Minc. Sur son blog, Jean-Daniel Flaysakier, spécialiste des questions de santé à France 2 , juge cette estimation "totalement fausse et hors de proportion". "En allant chercher les chiffres de la tarification à l'activité, je me suis aperçu qu'à moins d'avoir subi une greffe coeur-poumon, je ne voyais pas comment M. Minc père aurait pu coûter cent mille euros à la collectivité", ajoute le journaliste.
Un article paru dans Libération ce matin atteste cette hypothèse en affirmant qu' "une telle facture ne pouvait être réglée par la Sécurité sociale. En effet, la tarification à l’activité (T2A) en pratique dans les établissements hospitaliers empêche d’atteindre des montants aussi conséquents, quelle que soit la pathologie traitée".
Interrogé par Libération, Minc confesse : "Écoutez, c’était illustratif. Ce montant est sans doute plus élevé que la réalité (...)Seize jours de service de pointe, ça doit être 20.000 ou 25.000 euros (...) J’ai délibérément pris un chiffre qui frappe, le montant que j’imaginais qu’on puisse me réclamer.»
