Samar, enfant irakienne symbole de la guerre (NY Times)
Gilles Klein - - 0 commentairesEn janvier 2005, Chris Hondros (photojournaliste de l'agence Getty tué en Libye, à Misrata le 20 avril 2011) photographiait le hurlement d'une petite Irakienne, Samar, 5 ans, blessée à la main, couverte de sang : ses parents venaient d'être tués par erreur, par une patrouille nocturne de soldats américains. Six ans après, le New York Times a retrouvé Samar et lui a montre cette photo, qu'elle n'avait jamais vue.
Ce 18 janvier 2005, Racan, 11 ans, un des frères de Samar, est malade. Hussein et Camila, les parents, embarquent leurs trois enfants Mohammad, Samar et Racan dans la voiture pour aller en consultation à l'hôpital.
Une patrouille de soldats de la 25e division d'infanterie américaine s'inquiète de voir cette voiture arriver. Ils ouvrent le feu. Les parents sont tués, Racan est grièvement blessé à l'abdomen, il restera paralysé des deux jambes, racontait Hondros. Pour beaucoup, cette photo, plusieurs fois primée, symbolise à elle seule toute l'horreur de la guerre en Irak. On pense à Goya. Cette photo vaudra à Hondros, un 2e prix au World Press Photo 2006 dans la catégorie Spot News |
"Agée de 12 ans, Samar vit aujoud'hui aux portes de Mosoul, dans une maison de deux étages avec quatre autres familles," explique leNew York Times. Mais la guerre n'a pas épargné le reste de sa famille. "Trois ans après la mort de ses parents, son frère Racan est tué, lorsque la maison où Samar vit toujours, est en partie détruite au cours d'une attaque d'opposants irakiens."
Le chef de famille, Natir Bashir Ali, mari de la soeur aïnée de Samar, raconte au New York Times qu'il pense que les rebelles ont fait sauter la maison, car il le considéraient comme un espion depuis que Racan avait été soigné aux USA. "Samar ne va plus à l'école depuis l'an dernier. (...) Ses résultats n'étaient pas bons selon Ali. Mais elle dit qu'elle aimerait y retourner et souhaiterait devenir médecin quand elle sera grande."
Il y a peu d'images comme celles-ci qui illustrent à ce point la violence en Irak. D'abord parce que c'était une guerre très dangereuse pour les journalistes, mais aussi, comme le souligne le New York Times,parce que "les militaires mettaient des conditions très strictes à la présence de journalistes au sein des unités américaines, qui ont empêché le public de voir des images choquantes". Le photographe Chris Hondros "a dû arrêter son reportage au sein de dette unité après avoir fait ces photos de Samar".
