Russie : pièges sexuels pour opposants à Poutine
La rédaction - - 0 commentairesDans une vidéo mise en ligne la semaine dernière sur un mystérieux site web créé pour l'occasion, trois figures de l'opposition russe apparaissent dans des scènes "intimes", filmées à leur insu dans le même appartement moscovite. Aux manettes de l'opération, la mystérieuse et néanmoins persuasive Katia, aujourd'hui volatilisée.
La vidéo diffusée sur le site Kanal911.comn'a rien d'une vulgaire juxtaposition de sex-tapes foireuses. Au coeur de l'action, on se croirait plutôt dans un dortoir de Loft Story. Le montage, d'un subtil mauvais goût, alterne avec grâce acrobaties en demi-teintes, rails de coke et extraits d'émissions comiques bière-canapé-chips. Le tout parsemé de rires en boîte, virevoltant au gré d'une bande originale laissant supposer les origines juives de l’un des protagonistes.
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Parmi les victimes, le satiriste libéral Viktor Chenderovitch et l'ancien dirigeant du mouvement d'extrême-droite contre l'immigration illégale Alexandre Belov. "Cela fait plus de dix ans que je commente les actions de M. Poutine et de son administration de gangsters (...), (ils) ont écouté sans rien nier pour finalement répondre avec des obscénités illégales", explique ce dernier sur son blog.
Pour Le Point, "La machination est digne des plus belles heures du KGB", lorsque "faire chanter des diplomates occidentaux volages pour leur soutirer des renseignements" était érigé au rang de huitième art. "Cette tactique a été adaptée à l'ère moderne et déployée contre des opposants au gouvernement de l'homme fort de Russie, Vladimir Poutine, analyse Le Point, en vue, semble-t-il, de les mettre dans l'embarras et d'amoindrir leur autorité morale." Ekaterina Gerasimova, plus connue pour ses agissements sous le nom de Katia |
Kirill Kabanov, ex-agent du KGB, estime pour sa part que le travail est trop soigné pour être amateur. Dans l'hebdomadaire russe The New Times, ce reconverti dans la lutte anticorruption explique pourtant qu'à ses yeux, le FSB n'y est pour rien, et que ce "Katiagate" serait "plutôt l'oeuvre de sociétés de sécurité privées ayant les équipements techniques appropriés"...
Mais qui peut donc bien être le commanditaire ?
(Par Flora Beillouin)
Capture d'écran de la vidéo mise en ligne sur le site russe apparu le 28 mars