Royal accuse Sarkozy de "harcèlement moral" contre Dati

Gilles Klein - - 0 commentaires

Le Journal du Dimanche a interrogé Ségolène Royal sur le cas de Rachida Dati. Royal évoque son propre cas, lorsque ministre de l'Environnement, elle a eu une fille, et qu'elle a reçu les médias dans sa chambre d'hôpital.


"Question : Le retour de Rachida Dati sur la scène politique, cinq jours après la naissance de la petite Zohra donne lieu à une vive polémique. Cela doit vous rappeler des souvenirs...."

Réponse de Royal : "Qu'on laisse donc tranquille Rachida Dati! Cet acharnement contre elle est indécent et injuste. (...) Je savais que j'étais enceinte lorsque j'ai été nommée ministre de l'Environnement et j'ai choisi de ne rien dire au premier ministre d'alors, Pierre Bérégovoy. Je craignais d'être écartée. (...) Et lorsque j'ai mis au monde ma fille Flora, le 1er juillet 1992, j'ai refusé d'être remplacée, comme cela a failli se faire, et décidé de reprendre mes fonctions au bout de quinze jours à un rythme ralenti. (...) J'ai laissé les caméras de télévision entrer dans ma chambre d'hôpital car je voulais assumer mon rôle de mère à une époque où, pour être prise au sérieux, il fallait cacher sa maternité. Quel choix a-t-on lorsqu'on est Garde des Sceaux et que le Président de la République décide d'annoncer une importante réforme de la Justice un mercredi alors qu'on a accouché le vendredi précédent. La pression est extrêmement violente. Pourquoi Nicolas Sarkozy n'a t-il pas laissé à sa ministre le soin d'annoncer la suppression des juges d'instruction? (...) Le responsable de la reprise rapide de Rachida Dati, c'est Nicolas Sarkozy: son comportement brutal, provocateur et humiliant témoigne d'un total manque de respect vis-à-vis d'elle. Au lieu de la rassurer et de la sécuriser, il la bouscule psychologiquement et la contraint à un choix cornélien. Au regard du code du travail, cela s'appelle du harcèlement moral."

L'UMP n'a pas apprécié, Chantal Brunel, un de ses porte-parole répond par un communiqué : "Ses propos sont doublement injurieux: à l'encontre du président de la République, qui a donné à des femmes aux parcours les plus divers des responsabilités comme jamais dans l'histoire de la République; à l'encontre de Rachida Dati, car c'est nier sa liberté de femme et son sens des responsabilités"

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