"Roi mage" chinois (presse espagnole)
La rédaction - - 0 commentairesEn ce jour d'Epiphanie, la presse espagnole salue le "Roi Mage" venu de Chine qu'incarne le vice-premier ministre chinois, Li Keqiang. Avec la promesse d'une augmentation des achats d'obligations d'Etat espagnoles par la Chine et la signature d'accords commerciaux d'une valeur de 5,6 milliards d'euros, l'événement est de taille. Mais cette annonce ne réjouit pas l'ensemble des quotidiens ibériques.
L'économie espagnole se porte mal. Sa dette publique s'élève à plus de 57,7 % du PIB, soit 611,198 milliards d'euros. Un déficit qui ne rassure pas les marchés et les investisseurs financiers. Les taux d'intérêt que paie Madrid pour se fournir en capitaux n'ont d'ailleurs jamais été aussi élevés qu'en 2010. Le vice-premier ministre chinois, Li Keqiang, est venu apporter son soutien à l'économie espagnole pendant trois jours. Le quotidien de gauche El País apparente même sa venue à celle d'un"nouveau monsieur Marshall à Madrid". Son principal concurrent, le quotidien de droite El Mundo parle pour sa part du "Roi Mage communiste". Le sauvetage de l'économie espagnole par la Chine ne fait même pas le titre principal de sa Une. Après plusieurs réunions avec "un Roi Mage atypique (...) le gouvernement espagnol est ressorti chargé de beaucoup d'illlusions mais de peu de cadeaux", peut-on lire en bas de première page. Il affirme, à l'instar du conservateur ABC, qui affiche en grand format une photo figurant l'arrivée des Rois Mages, que la plupart des grands contrats annoncés hier par les deux pays avaient, en réalité, été signés il y a plusieurs semaines. Une chose est sûre, la Chine vient de "s'engager en faveur de l'Espagne" (Público) et prend encore un peu plus de place dans dans son économie.
Cette couverture massive aura pris trois jours avant de se manifester. Le 4 janvier, jour de l'arrivée à Madrid de Li Keqiang et de ses collaborateurs, seul le quotidien économique l'Expansion s'était donné la peine de rappeler en Une l'arrivée de celui qui doit aider l'Espagne à sortir de la crise. Les autres journaux ibériques faisaient, eux, l'impasse sur ce sujet de premier ordre.
Le titre «Bienvenido Mr Li!» rappelle le titre du film de Luis Berlanga, Bienvenue Mr Marshall (1953).
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(Par Mathias Destal)
