Retour de "la prime" : combien, et pour combien de salariés ?
La rédaction - - 0 commentairesSuite du feuilleton de "Laprime" du gouvernement.
En avril, au départ de cette belle histoire, le ministre du Budget François Baroin assurait qu'elle devait être de "1000 euros minimum" pour tous les salariés d'entreprises qui versent des dividendes à leurs actionnaires. Puis le gouvernement a décidé qu'elle serait une prime sans montant fixe, versée seulement "si les dividendes augmentent" au sein d'une entreprise. Dans la dernière version du texte, que l'Assemblée nationale doit examiner le 14 juin, il est de plus précisé qu'elle sera obligatoire pour les entreprises de plus de 50 salariés et facultative pour les autres. Combien de salariés sont-ils vraiment concernés ? L'Assemblée nationale vient de publier une "étude d'évaluation préalable".
Selon cette étude, comme le relève Libération, "43% des entreprises de plus de 50 salariés (où la prime sera obligatoire), représentant 48% des salariés du secteur, versent des dividendes à leurs actionnaires. Soit 4,3 millions de salariés potentiellement concernés". Mais tous ne l'obtiendront pas. Il faut encore que "les entreprises où travaillent ces salariés aient augmenté leurs dividendes par rapport à la moyenne des deux années précédentes", précise Libé. Combien d'entreprises sont dans ce cas-là ? "Les auteurs du rapport l’ignorent - et le reconnaissent - mais retiennent quand même la proportion de… deux tiers ! Un chiffre justifié «par la tendance à la hausse des dividendes depuis la crise de 2008»." Résultats : en appliquant ce ratio virtuel de 2/3, la prime obligatoire devrait toucher 2,8 millions de personnes travaillant dans les entreprises de plus de 50 salariés. "Soit 18,5% des salariés du secteur privé", précise le quotidien, c'est-à-dire à peine plus d'un actif sur dix. Cette estimation est identique à celle effectuée par Lemonde.fr en avril dernier. |
Reste à déterminer le montant de cette prime : l'étude avance la somme de 700 euros. Et Libération d'expliquer que "le coût total pour les entreprises - 2,8 milliards d’euros - devrait être pris en charge pour moitié par les fonds propres de celles-ci, et pour moitié «sur les dividendes qu’elles versent aux actionnaires»".
L'occasion de lire la chronique de Daniel Schneidermann : "Laprime", ou comment l'appeler ?