Représentation des pompiers : "À la télé, c'est la cacophonie"
Élina Barbereau - - Médias traditionnels - 52 commentairesDerrière la confusion médiatique, des enjeux (très) politiques
Cet été, des pompiers en tenue se relaient sur les plateaux télé pendant que les incendies ravagent le territoire. Certains représentent l'État, d’autres une association loi 1901, d’autres des syndicats. Beaucoup de journalistes et de téléspectateurs ne font pas la différence. Qui sont ces représentants cathodiques des pompiers, au nom de qui parlent-ils et avec quelle légitimité ?
"Combien d'hommes sont mobilisés ?
", demande Léa Salamé (20h de France 2, 3 juillet). "Est-ce que le feu est toujours hors de contrôle ?"
, interroge de son côté Jean-Baptiste Boursier (20h de TF1, 29 juillet). Face à eux : Éric Brocardi, porte-parole de la Fédération Nationale des Sapeurs-Pompiers de France (FNSPF) - une association loi 1901, sans aucun rôle de commandement et qui n'est donc pas en charge des "opérations". Des séquences symptomatiques de la confusion qui règne dans les rédactions au sujet des pompiers et de leurs représentants.
Une anecdote rapportée à Arrêt sur images
par Bruno Ménard, secrétaire général d'un syndicat de pompiers volontaires, éclaire également la méconnaissance du sujet dans les médias : Alors qu'il était invité par BFM, les équipes de la chaîne lui ont demandé si la Fédération (FNSPF) lui avait donné l'autorisation préalable pour faire cette interview. "Ils ont cru qu'elle représente une autorité hiérarchique"
soupire-t-il.
Pour faire le point sur cette grande confusion médiatique, ASI s'est entretenu avec une vingtaine de sources, toutes pompiers ou anciens pompiers.
Un uniforme, plusieurs fonctions
Dans les médias, plusieurs acteurs prennent la parole, sans pour autant avoir le même rôle ni la même légitimité pour parler des différents sujets. D'un côté, l'administration du ministère de l'Intérieur, la Direction Générale de la Sécurité Civile et de la gestion des crises (DGSCGC), souvent appelée simplement "Sécurité civile", qui a une compétence sur l'ensemble des pompiers, tous statuts confondus (volontaires, professionnels, militaires). De l'autre, la Fédération Nationale des Sapeurs-Pompiers de France, une puissante organisation associative, dont les adhérents relèvent également des trois statuts. Neuf syndicats représentant les sapeurs-pompiers professionnels interviennent également dans le débat public. Restent les deux syndicats de pompiers volontaires qui, jusqu'ici, étaient quasi absents des médias.
La différence entre les acteurs est d'autant plus difficile à percevoir qu'ils revêtent dorénavant tous le même uniforme. "Les journalistes eux-mêmes ne savaient pas trop quels métiers mettre derrière la sécurité civile"
, raconte Jérôme Boulanger, l'un des porte-parole de cette dernière. À la mi-juillet, ils ont donc changé de tenue. Fini la chemise blanche à médailles, place à la tenue opérationnelle des sapeurs-pompiers, floquée d'un simple velcro "Sécurité civile".
"Ce n'était pas adapté de venir en chemise blanche avec des médailles pour expliquer à des personnes du Porge qu'il faut évacuer",
explique Jérôme Boulanger. "C'était aussi pour favoriser la lisibilité pour les journalistes et le grand public, et pour bien marquer que l'on parlait de l'opérationnel, dans notre mission de service public"
.
Les représentants cathodiques
Les représentants cathodiques
La Direction Générale de la Sécurité Civile et la Gestion des Crises (DGSCGC) ou "Sécurité civile" : C'est l'administration d'État (ministère de l'Intérieur) qui fixe la doctrine et la réglementation nationale, coordonne les crises majeures, gère les moyens nationaux (moyens aériens, renforts extra-départementaux).
Les Services Départementaux d'Incendie et de Secours (Sdis) : Gouvernés par un président élu (souvent le président du conseil départemental) et un directeur officier de sapeurs-pompiers. Commandent les opérations sur leur département, en lien avec la préfecture.
La Fédération Nationale des Sapeurs-Pompiers de France (FNSPF) : Association à laquelle adhèrent la quasi-totalité des pompiers via les amicales locales et les unions départementales. Lobby inscrit dans le registre de la transparence de l’Union européenne et dans le registre des représentants d’intérêts de la HATVP.
Les Syndicats de pompiers professionnels : neuf organisations au total : FA SPP-PATS, CGT des Sdis, SNSPP-PATS, Avenir Secours CFE-CGC, FO SIS, SUD-SDIS, CFTC-SPASDIS, CFDT-Interco, UNSA-SDIS.
Les Syndicats de pompiers volontaires : deux organisations : SNSPV et SSPVF. Pas de mandat de représentativité nationale.
Trois statuts, une même mission :
Les pompiers volontaires : 200 000 personnes, 78 % des effectifs
Les pompiers professionnels : 44 000 fonctionnaires territoriaux
Les pompiers militaires : 8 700 à Paris et 2 400 à Marseille
Un manque de "culture pompier" dans les rédactions
"Les médias parisiens ne maîtrisent pas le sujet de la sécurité civile"
, constate Alain Laratta du syndicat Avenir Secours. Conséquence directe de cette méconnaissance ? Les journalistes posent souvent des questions qui ne relèvent pas du champ missionnel de leurs interlocuteurs.
Ce sont les préfets et les directeurs départementaux qui dirigent les interventions et qui peuvent donc répondre aux questions sur les opérations en cours. Dans le cas de la Gironde, on a vu à l'occasion de différents points presse le binôme formé par la préfète Sophie Brocas et Marc Vermeulen, directeur du Service Départemental d'Incendie et de Secours de la Gironde (Sdis 33).
À l'échelon national, c'est à la Sécurité Civile, dirigée par Julien Marion, que remontent les informations. Fait nouveau depuis la mi-juin 2026 : des porte-parole de l'administration sont régulièrement envoyés sur les plateaux télé.
"Seule la Sécurité civile est légitime" pour l'éclairage opérationnel global
Les deux porte-parole de la Sécurité Civile les plus vus à la télé depuis le début de la saison des feux de forêt, Sebti Khadimallah et Jérôme Boulanger, ont répondu tous les deux à ASI.
Ils tiennent d'abord à rappeler que "la sécurité civile, ce n'est pas que les 250 000 sapeurs-pompiers"
. Elle englobe, clarifient-ils, "tous les autres métiers"
: pilotes et mécaniciens des Canadair, Dash et Beechcraft, équipages des hélicoptères, démineurs, mais aussi "100 000 bénévoles des associations agréées de sécurité civile"
. Tous ces acteurs partagent un point commun : assurer la protection des populations. Sebti Khadimallah et Jérôme Boulanger décrivent ainsi leur mission médiatique : "présenter les
moyens
, les missions de la sécurité civile, ses
objectifs
d'un point de vue strictement opérationnel, sa
stratégie
, de manière neutre"
. Pour eux,"seule la Sécurité civile est légitime pour pouvoir donner au grand public cet éclairage global de l'articulation du dispositif de sécurité civile"
qui mêle moyens "départementaux, nationaux, européens et internationaux"
.
Jérôme Boulanger confirme à ASI
que cette présence sur les plateaux s'est amplifiée cet été, alors qu'elle avait été "discrète"
lors des mégafeux de 2022. Mais cette légitimité institutionnelle se heurte toujours à un problème de lisibilité pour les téléspectateurs : difficile de faire la distinction avec les représentants de la Fédération Nationale des Sapeurs-Pompiers.
Ceux qui parlent le plus
Dans l'espace médiatique, la Fédération occupe une place prédominante et truste les temps de parole des pompiers sur tous les sujets. Selon des recensions faites par les deux instances (DGSCGC et FNSPF) et communiquées à ASI, la Fédération a cumulé près de 500 interventions médiatiques entre le 18 juin et le 6 août contre un peu plus de 200 pour les porte-parole de la Sécurité civile sur la même période.
Plusieurs éléments permettent d'expliquer cette surmédiatisation de la Fédération. Cette dernière revendique 285 000 adhérents. Mais c'est un chiffre à mettre en perspective : "Si la Fédération se revendique d'autant d'adhérents qu'il y a de pompiers, c'est parce que quand on arrive dans une caserne, on est obligé d'adhérer à l'amicale, pour avoir accès aux activités ou ne serait-ce qu'à la machine à café"
, explique à ASI
Frédéric Breton, président du syndicat national des sapeurs-pompiers volontaires.
Autre élément d'explication : "La Fédération surfe sur l'ambiguïté et s'autoproclame représentante de tous les pompiers de France"
, s'indigne Bruno Ménard auprès d'ASI
. Le secrétaire général d'un syndicat de pompiers volontaires pointe, par ailleurs, un affichage qui entretient la confusion sur les réseaux sociaux quand la Fédération utilise le raccourci : "Sapeurs-pompiers de France
" et se définit sur Facebook comme "service public et administration"
.
Surtout, la Fédération est un interlocuteur facilement accessible pour de nombreux médias. Elle communique régulièrement et a cultivé ses contacts journalistiques, bien plus que la Sécurité civile. Sur son site, la Fédération a d'ailleurs déjà annoncé un "grand oral des candidats à l'élection présidentielle"
diffusé le 17 mars prochain sur BFM et présenté comme étant"en partenariat avec RMC et BFM TV".
Auprès d'ASI
, la Fédération assure qu'il n'y a pas de contrepartie financière pour cet événement.
"Le ministère de l'Intérieur a laissé trop longtemps la Fédération communiquer seule"
Cette omniprésence agace. "Quand j'entends la Fédé
commenter l'opérationnel
comme si c'était eux qui commandaient les hommes sur place, j'hallucine"
, s'indigne Peter Gurruchaga, pompier professionnel et élu CGT auprès d'ASI
. "Il s'agit techniquement d'une association loi 1901 regroupant les amicales, et non d'une autorité opérationnelle ou d'un syndicat représentatif des travailleurs"
, abonde Michaël Pacanowski, du syndicat de pompiers professionnels Spasdis-CFTC.
Alors comment expliquer cette confusion pour les médias ? "Le ministère de l'Intérieur a laissé trop longtemps la Fédération communiquer seule"
, regrette un officier qui s'exprime anonymement auprès d'ASI
. "Ils ont laissé une chimère s'installer dans les yeux du grand public parce qu'à un moment, la Fédération et le ministère avaient des intérêts convergents"
. Le cheval de bataille de ceux qui dirigent la Fédération (principalement des officiers), c'est notamment le modèle du volontariat, défendu aussi par les gouvernements successifs. Tandis que les syndicats de pompiers professionnels dénoncent l'exploitation d'une main-d'œuvre bon marché et un manque de moyens chronique.
Pour le syndicaliste Xavier Boy interrogé par ASI
, la Fédération représente un "monde parallèle"
fait "d'enjeux de pouvoir et d'ego".
La parole est monopolisée par des hauts gradés dont les carrières sont souvent perçues, par les syndicats de volontaires comme de professionnels, comme déconnectées du terrain.
"Éric Brocardi nous dessert avec son récit héroïque"
Figure de proue de la Fédération, Éric Brocardi, directeur de communication à plein temps pour l'organisation, est de loin le visage le plus présent dans les médias, commeASI
le remarquait déjà en 2023. Contacté par ASI
, il a répondu sur son rôle de directeur de la communication pour la Fédération, mis à disposition par son Sdis d'origine, celui des Alpes-Maritimes : "Je représente la voix du réseau des sapeurs-pompiers de France,
réseau depuis les casernes et ses amicales, unions départementales et régionales".
Il explique intervenir "pour expliquer les réalités du terrain, porter les attentes de l'activité, de la profession, promouvoir l’engagement des sapeurs-pompiers et contribuer au débat public sur les enjeux de la protection civile et les aspects de prévention"
. Les porte-parolats de la Sécurité civile et de la Fédération sont pour lui "complémentaires"
: "l'un porte la parole institutionnelle de l’État, l'autre celle des sapeurs-pompiers et de leur fédération"
. Éric Brocardi s'estime également légitime pour commenter les situations opérationnelles : "je dispose des dépêches AFP et des remontées du terrain"
, assure-t-il.
Parmi ses interventions les plus vues figure une séquence émotion sur Cnews. Si elle a été très regardée, elle a aussi provoqué "un malaise en caserne"
, relate un pompier professionnel qui a souhaité rester anonyme. Il déplore également "
son discours de combat
digne d'un entraîneur de rugby dans un vestiaire pour galvaniser les troupes"
. Notre source ajoute : "en réalité, monsieur Brocardi n'est plus sur le terrain. Il passe très bien, il parle bien, mais en centre de secours, on ne se sent pas représenté par lui"
. Un autre pompier qui a souhaité garder l'anonymat, complète cette critique : "Éric Brocardi nous dessert avec son récit héroïque".
Une autre de ses interventions médiatiques a fait réagir les syndicats de pompiers professionnels : celle où il s'est rendu en Gironde, les 28 et 29 juillet, pour répondre "sur le terrain" aux questions des télés, habillé en tenue de feu, cagoule et casque flambant neuf sous le bras alors qu'il n'y était présent qu'au titre de communicant pour la Fédération, ce qu'il confirme à ASI. Lorsqu'on lui fait part de la confusion que sa "tenue de feu"
peut entretenir sur le fait qu'il intervienne à l'antenne en tant que sapeur-pompier ou en tant que directeur de la communication de la Fédération, Éric Brocardi argue que "la direction générale de la sécurité civile"
intervient "au même titre"
que lui et qu'elle n'est "
pas pour autant sur le théâtre des opérations"
et "pas engagée opérationnellement non plus".
Cette ambiguïté est également entretenue par Guillaume Pley dans la façon dont il promeut la venue d'Éric Brocardi dans son format "Legend story". Sur Facebook, le fondateur du média Legend le présente comme "e
ngagé sur les incendies en Gironde qui ont tué 4 de ses collègues"
et dans une autre publication, il indique qu'Éric Brocardi "
a fait face à l'enfer des incendies en Gironde"
. Contacté par ASI, Guillaume Pley ne nous a pas répondu. De son côté, Éric Brocardi nous a répondu qu’il était "bien engagé sur les incendies de Gironde en qualité de Porte-Parole de la FNSPF, et en soutien de l'équipe de communication locale pour des raisons évidentes de médiatisation de l'événement"
.
Plusieurs représentants syndicaux interrogés par ASI
, volontaires comme professionnels, remarquent aussi que les tenues d'Éric Brocardi ne sont pas conformes aux règles de la fonction publique. Sur sa manche, le directeur de la communication affiche des marques d'équipementiers, comme Guy Leroy, qui finance la Fédération. Interrogé sur le sujet par ASI,
Éric Brocardi répond qu'il n'y avait "pas de raisons précises"
à la visibilité des marques sur ses tenues et ajoute que "certains sont partenaires de la FNSPF, d'autres non"
. Pour ce qui est de la marque Guy Leroy visible sur sa manche notamment lors de son passage au 20 Heures de France 2, il assure qu'il ne s'agit pas d'un sponsor.
Ceux qui refusent le jeu
À l'opposé de la surmédiatisation de la Fédération, l'organisation syndicale majoritaire de pompiers professionnels (FA/SPP-PATS), a fait le choix de ne pas occuper les plateaux de télévision pendant les incendies : "Notre objectif n'est pas d'être les plus visibles… Notre objectif est d'être les plus utiles !"
Dans un communiqué, elle explique ce "choix rationnel et réfléchi"
: ne maîtrisant pas tous les paramètres opérationnels en temps réel, elle refuse de spéculer ou de commenter des situations à chaud. Pour la FA, la priorité est le travail de terrain. Son président, Xavier Boy, résume auprès d'ASI
: "On estime que ce n'est pas notre rôle d'intervenir pour faire les experts. Notre rôle, c'est de porter des revendications et elles sont illisibles au milieu des flammes".
"On interviendra quand ce sera le moment"
complète celui qui souhaite préserver la crédibilité de sa parole syndicale dans un contexte émotionnel qu'il juge être un "mauvais conseiller"
.
La CGT représente quant à elle la deuxième force syndicale des pompiers professionnels. Outre son refus de répondre aux sollicitations de Cnews, le syndicat a été très peu invité à la télé : "On fait peut-être peur, on préfère inviter ceux qui ne feront pas trop de difficultés avec le discours officiel"
analyse l'élu CGT Peter Gurruchaga auprès d'ASI
.
Ceux qu'on n'entend pas
Un autre élément contribue à verrouiller les prises de parole : les pompiers, professionnels comme volontaires, sont soumis au devoir de réserve et reçoivent des consignes strictes pour ne pas s'adresser aux médias - à l'exception des représentants syndicaux, et des représentants de la Fédération.
Les plus invisibles restent les volontaires, qui représentent pourtant 78 % des effectifs. "Il y a du mieux, on part de zéro",
tempête Bruno Ménard, qui a été interviewé par plusieurs médias cet été. Il note que les chaînes d'info commencent à relayer certaines réalités du volontariat - comme le montant de 8,40 € l'heure pour aller combattre le feu. "La communication était totalement verrouillée jusqu'à présent"
, déplore-t-il.
D'autres n'ont, eux, reçu aucun appel cet été. C'est le cas de Pierre Sichi-Badanza, volontaire pendant 45 ans et président du Collectif des Volontaires de Méditerranée, qui ne se reconnaît ni dans les syndicats ni dans la Fédération : "À la télé, c'est la cacophonie. La Fédé, c'est l'overdose, on n'en peut plus. Ce sont des directeurs, des directeurs adjoints, des colonels : ils ne représentent pas les gens du terrain"
s'emporte-t-il auprès d'ASI
.
Aucun appel non plus pour Frédéric Breton, président du tout premier syndicat de pompiers volontaires, créé il y a 25 ans. Mais il relativise l'enjeu auprès d'ASI: pour lui, la vraie bataille de la défense des intérêts des volontaires ne se joue "pas sur le plateau de BFMTV"
, mais "dans les instances nationales où on discute réellement du statut du pompier volontaire"
. Et c'est là le problème : les syndicats de pompiers volontaires n'y sont pas conviés. "Il n'y a qu'une voix, celle de la Fédération"
, regrette-t-il.
Et après les flammes ?
Rémy Chabbouh, porte-parole du syndicat Sud Sdis, observe néanmoins un changement auprès ASI
: "Au début de la séquence des « mégafeux », les « experts pompiers » des plateaux TV passaient leur temps à commenter la situation d'un point de vue opérationnel. Nous avons, il me semble, initié la bascule vers les critiques structurelles !"
. Très actif dans les médias, il détaille les angles portés par son syndicat : l'inertie des décideurs politiques, le manque de moyens matériels et humains, le recours excessif aux sapeurs-pompiers volontaires, les temps de repos dangereusement ignorés, les atteintes à la santé… Autant de sujets qui ont fait l'objet d’un préavis de grève, pour la journée du 13 août. Mobilisation sur laquelle n'a pas hésité à s'exprimer un porte-parole de la Fédération, qui n'est pourtant pas associée au mouvement. "Finalement, c'est notre meilleur ambassadeur"
, ironise Rémy Chabbouh.
"Maintenant qu'il y a moins de flammes, moins de spectacle, peut-être que l'on va réussir à passer à un traitement médiatique plus axé sur les problématiques sociales, structurelles"
, espère Alain Laratta, secrétaire général du syndicat Avenir secours, non sans amertume : "Il a fallu attendre cette crise pour que l'on nous écoute. Si on peut encore avoir un bout de micro, on continuera à alerter, avant que l'on nous oublie, jusqu'à la prochaine saison..."
.