Ramadan : la plaisanterie d'un blog devient information (Rue 89)
La rédaction - - 0 commentairesCe n'était au départ qu'une blague. Sur son blog "Alash ?" (pourquoi ?), le blogueur marocain Ahmed a publié "un billet sur une annonce supposée par Nicolas Sarkozy d'un train de mesures pour «encourager» les mulsulmans français à suivre une version française du ramadan cette année" indique Rue 89. Problème: l'information a été prise au sérieux par une partie des médias du monde arabo-musulman. Et même citée par le site de CNN en arabe.
Le blogueur cite le discours (imaginaire) tenu par Sarkozy au sujet du ramadan : "Mes chers concitoyens, le musulman français est français avant d'être musulman. Aussi, la vieille tradition française du petit déjeuner matinal avec café et croissant ne devrait pas être abandonnée [pendant le mois du ramadan]. Et en vertu des fatwas (édits religieux) de l'université al-Azhar et de sa jurisprudence concernant les minorités [musulmanes], il est loisible aux musulmans français qui jeûnent de commencer la journée par le café et le croissant du matin comme font tous les autres Français, à 8 heures du matin avant d'aller au travail. " Le blogueur s'amuse. Mais les choses se gâtent lorsque l'information est reprise sur le net et circule sur les forums et la blogosphère. Ahmed met à jour jour son billet en démentant : "cet article est un récit satirique d'un événement imaginaire. Le but était d'aborder les relations entre Sarkozy […] et la minorité musulmane en France". |
Malgré cette mise au point, la fausse information continue sa progression. Elle est citée par le site de CNN en arabe et les frères musulmans publient un article sur leur site "condamnant ce qu'ils qualifient d'«agression contre la foi musulmane".
La presse écrite s'y met également . Le journal jordanien Adustour traite ainsi le sujet, idem pour le quotidien marocain al-Alam. Enfin, c'est au tour de la chaîne d'information en continue Al-Arabiya de s'y mettre.
Rue 89 a contacté le blogueur qui se dit choqué "par les plagiats et distorsions de sa satire".