Purge à Cuba (presse internationale)

Gilles Klein - - 0 commentaires

La destitution par Raul Castro (77 ans) de plusieurs hommes clés du pouvoir cubain est très commentée par la presse internationale qui s'intéresse particulièrement à Felipe Perez Roque (43 ans, ministre des Affaires étrangères) et Carlos Lage (57 ans, vice président du conseil d'état)

Pierre Rousselin (directeur adjoint de la rédaction du Figaro chargé de l'International) parle de cette crise sur son blog le 5 mars (mais pas dans le journal qui a consacré, à Cuba, le 4 mars, deux longs articles signés par d'autres journalistes) :

"Le régime cubain reste très opaque mais l'affaire montre plusieurs choses. L'ampleur dudébat à la tête de l'Etat sur la politique à mener.Carlos Lage et Felipe Perez Roque étaientdes personnalités importantes.Ils n'étaient pas d'accord entre eux. Le premier étantplus réformiste que le second. Tous deux étaient des hommes respectés. Leur limogeage va laisser des traces. La brutalité du double limogeage témoigne de la gravité de ce débat. D'un point de vue économique et social (comment faire marcher l'économie). Vis-à-vis de l'Amérique latine (faut-il s'émanciper de la tutelle exclusive de Chavez pour se rapprocher de Lula et du courant réformiste). Et vis-à-vis des Etats-Unis (comment répondre aux ouvertures venant d'Obama?) La façon de faire est du plus mauvais effet sur la scène internationale. En Amérique latine, les réactions sonttrès négatives alors que les chefs d'Etats'étaient succédés ces derniers mois dans l'île pour prendre date, dans la perspective d'une ouverture"


    C'est le quotidien Granma, "organe officiel du comité central du parti communiste de Cuba" qui a annoncé le 2 mars que "le général d’armée Raul Castro Ruz, président du Conseil d’Etat et du Conseil des ministres" a décidé de "libérer le camarade Felipe Pérez Roque de ses responsabilités de ministre des Relations extérieures et promouvoir à cette charge l’actuel premier vice-ministre Bruno Rodriguez Parrilla." et de "libérer le camarade Carlos Lage Davila de son poste de secrétaire du Conseil des ministres et désigner à ce poste le chef actuel du secrétariat du ministre des Forces armées révolutionnaires, le général de brigade José Amado Ricardo Guerra"


    Granma du 19 février 2008 reproduisait à la Une, le "Message du Commandant en Chef" signé par la main de Fidel Castro qui annoncait la veille à 18 h 30 qu'il abandonnait offciellement le pouvoir.picto

    Les deux hommes avaient été choisis par Fidel Castro, le frère de Raul. Ils ont même du faire leur autocritique remarque Il Giornale



    "Cuba, autocritique comme au temps de Staline" titre l'article du quotidien italien Il Giornale en faisant référence aux lettres signées des deux hommes qui reconnaissent publiquement leurs erreurs.

    Quotidien Il Giornale vendredi 6 mars 2009picto

    Le quotidien chilien La Tercera du vendredi 6 mars 2009 analyse l'information à la Une et parle "de la première purge" du mandat de Raul Castro. La Tercera du 3 mars 2009 annoncait cette "profonde restructuration"



    La Tercera du 6 mars 2009 "Les anciens de Fidel privés de tout pouvoir reconnaissent leurs erreurs"


    La Tercera du 3 mars 2009 "Raul Castro lance une réforme profonde du cabinet, et écarte les hommes de Fidel"

    Le plus grand quotidien américain en espagnol, El Nuevo Herald du jeudi 5 mars titre avec ironie "Castro parraine Adidas" en montrant le lider maximo en survêtement Adidas alors qu'il reçoit le Président de la république dominicaine

    "Les accusations de Fidel Castro provoquent la surprise à Cuba" titre l'article qui souligne que Fidel Castro a lui aussi publié un texte critiquant les deux hommes qu'il avait mis au pouvoir.



    Dans un texte publié par Granma, le quotidien officiel du parti, Fidel Castro explique d'abord que ce n'est pas lui qui avait nommé Rogue et Lage, qu'il ne s'agit pas de "remplacer les hommes de Fidel par les hommes de Raul" avant d'ajouter "La plupart des camarades remplacés n’ont jamais été désignés sur ma proposition. Presque sans exception, leurs candidatures avaient été proposées par d’autres camarades de la direction du Parti ou de l’Etat. Jamais je ne me suis livré à ce genre de besogne." puis dans la langue de bois habituelle, il ajoutait, toujours à propos de Roque et Lage : "Aucune des deux personnes présentées par les dépêches comme les plus concernées n’a dit mot pour manifester son désaccord. Il n’était pas du tout question d’absence de valeur personnelle. La raison était autre. Le miel du pouvoir pour lequel ils n’ont consenti aucun sacrifice a éveillé en eux des ambitions qui les ont conduits à jouer à un rôle indigne. L’ennemi extérieur a nourri bien des illusions à leur égard."


    "Raul Castro écarte ses rivaux du gouvernement" titre l'article du quotidien brésilien Valor Economico, qui annonce l'information, à gauche dans le bandeau de Une.







    pictoQuotidien Valor Economico 3 mars 2009



    Le quotidien espagnol ABC du 3 mars 2009

    ABC a consacré une double page à cette information, en montrant Raul Castro (lunettes, à gauche) en compagnie de Carlos Lage (vice président du conseil d'état, au milieu) et Felipe Perez Roque (ministre des Affaires étrangères, à droite) : "Raul Castro destitue deux hommes de Fidel, et assume tout le pouvoir à Cuba"

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