PS : Des primaires et une belle base de données ?

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Pourquoi l'UMP a-t-elle lancé son offensive contre les primaires socialistes ? Le secrétaire général du parti, Jean-François Copé, avance la menace d'un "fichage politique", puisqu'avec l'émargement sur les listes électorales, le PS pourra identifier les électeurs de gauche et ceux de droite. Pour couper court à la polémique, le PS a indiqué que ces listes d'émargement seraient sous scellés et détruites à l'issue du scrutin. Pourtant, le PS compterait bien sur ses primaires pour se constituer un fichier, mais sur la base du volontariat (ce qui le rendrait légal). Une arme qui serait redoutable, assure sur

Atlantico Arnaud Dassier, un des anciens responsables de la campagne web de Nicolas Sarkozy en 2007.

Le PS a promis de détruire les listes d'émargement. Mais qu'en est-il du deuxième fichier ? Sur le site officiel des primaires, le PS précise ainsi qu'un "deuxième fichier sera constitué sur la base du volontariat des électeurs qui laisseront leurs coordonnées et accepteront qu’elles soient utilisées pendant la campagne. Ce fichier est normalement exonéré de déclaration à la Cnil au titre du fichier des membres et correspondants des partis politiques, mais il sera néanmoins déclaré, pour plus de garanties".

C'est la constitution de ce fichier qui pourrait expliquer la crainte de l'UMP de voir le PS se doter d'une base de données redoutable dans le cadre d'une présidentielle. "Si on analyse les élections présidentielles américaines depuis 2000, on observe que c’est le candidat qui avait la plus grosse base de données qui a gagné à chaque fois", explique Dassier. C'est encore plus vrai à l'ère du numérique : Barack Obama avait ainsi "fini sa campagne avec 13 millions d’e-mails de supporters".

Et Dassier de décrire le scénario idéal pour le PS : "Imaginons maintenant que 1 à 2 millions de Français participent à la primaire du Parti socialiste (cf. le précédent italien). On peut penser que nombre d’entre eux accepteront de communiquer leurs adresses e-mails pour «rester informés». Le PS se retrouvera alors avec un fichier de plusieurs centaines de milliers, voire plus d’un million, d’e-mails à quelques mois de l’élection présidentielle. De plus, le vote aux primaires créera une forme d’implication qui motivera beaucoup d’entre eux à s’engager pendant la campagne (comme cela est le cas lors des primaires américaines). De quoi mobiliser une puissante force de diffusion de ses messages et d’action, sur le web et sur le terrain". Conclusion : "La seule réplique possible pour l’UMP sera dès lors de trouver les voies et moyens de se constituer sa propre «méga» base de données. [Mais] ce sera difficile, voire impossible, dans un pays qui a interdit la location des adresses e-mails à des fins politiques sauf accord explicite préalable". La bataille de base données ne fait que commencer.

L'occasion de relire notre observatoire : "Le cyber-succès d'Obama, expliqué aux Nuls"

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