Procès Garzon : la presse espagnole partagée
Gilles Klein - - 0 commentairesLe célèbre juge Baltazar Garzon passe devant la justice espagnole pour avoir ordonné des écoutes de conversations téléphoniques entre accusés et avocats pendant une enquête dans une affaire de corruption d'hommes politiques de droite en 2009. Soutenu par la presse de gauche, il est sévèrement considéré par la presse conservatrice.
Le juge est connu en Espagne pour avoir poursuivi les terroristes de l'ETA, et dans le monde pour avoir lancé un mandat d'arrêt contre l'ex-dictateur Augusto Pinochet (Chili) et pour avoir voulu enquêter sur des personnes disparues sous la dictature du général Franco (Espagne).
"Dans une démocratie digne de nom, on n'aurait jamais dû voir l'image qui fait la couverture de ce journal. Voir un juge en procès face à la Cour suprême pour avoir fait écouter des conversations entre les dirigeants en détention du plus grand réseau de corruption de l'histoire récente de l'Espagne et de leurs avocats. Les écoutes n'ont pas répondu à une décision arbitraire, mais sont basées sur l'existence de preuves de la coopération des avocats dans les affaires illicites de ses clients.Un des avocats a même été inculpé. Les auditions ont même été validées par deux procureurs et un juge de la cour suprême de Madrid." "En fait le problème c'est le juge Garzon, c'est une offensive pour l'annihiler professionnellement. Après avoir été acclamé comme héros de la lutte contre le terrorisme de l'ETA et du GAL, il a suscité la jalousie de ses confrères, mais son calvaire a vraiment commencé quand il a mis son nez dans les crimes du franquisme." ajoute Publico. |
A l'inverse, le quotidien conservateur ABC ne ménage pas le juge : "Garzon n'est pas accusé d'avoir utilisé d'une manière ou d'une autre des informations confidentielles, mais simplement d'avoir violé les principes les plus élémentaires de la légalité".
La Vanguardia consacre deux pages au procès en cours, en expliquant que le juge (suspendu depuis deux ans) se défend avec véhémence, sûr de son bon droit, mais qu'il risque entre 10 et 17 ans d'interdiction d'execrcer.
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