Poupée vaudou : dépêche trop précipitée ?
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La cour d'appel chargée de trancher dans l'affaire qui oppose Nicolas Sarkozy à un fabricant de poupées vaudou a rendu un bien étrange jugement : elle a admis que "l'incitation du lecteur à piquer la poupée (...) action que sous-tend l'idée d'un mal physique, serait-il symbolique, constitu(ait) une atteinte à la dignité de la personne de M. Sarkozy", mais n'a pas décidé d'un retrait de la vente, une telle mesure n'étant "pas proportionnée". L'éditeur devra toutefois mentionner ce jugement sur "tout coffret mis en vente". |
Cette décision en demi-teinte semble avoir désarçonné quelques journalistes. Sur certains sites d'informations, dont Paris-Match et le JDD.fr, le "fil actu" annonçait une victoire pour le président, assurant que l'objet du délit serait retiré des rayons :
Les sites ne précisent pas de quelle agence vient leur information. L'erreur (commise par un journaliste pressé n'ayant écouté que la première partie du jugement ?) vient peut-être d'une lecture rapide de l'AFP, puisque l'agence a envoyé un flash à 14h12, titré "Sarkozy obtient gain de cause en appel", mais précisant : "La cour d'appel de Paris a estimé vendredi que la poupée vaudou à l'effigie de Nicolas Sarkozy constituait bien une "atteinte à la dignité" du chef de l'Etat mais a autorisé sa commercialisation sous conditions."
Pour les médias qui ont correctement rendu compte du jugement, le casse-tête résidait dans le titre : fallait-il y voir une "demi-victoire" pour le président, comme le Point.fr ? ou une plus franche "victoire", comme l'Express.fr ?
Que vous vous sentiez – ou pas – d'humeur à piquer une poupée présidentielle, vous pouvez relire la chronique de Daniel Schneidermann sur cette affaire, qui a commencé avec la mise en vente de deux poupées le 9 octobre dernier, l'une représentant Ségolène Royal, l'autre Nicolas Sarkozy.