Polémique romaine autour du Monde (presse italienne)

Gilles Klein - - 0 commentaires

Une chronique du correspondant du Monde sur l'Italie a suffi à déclencher une polémique entre quotidiens italiens, sur fond de politique intérieure.

La chronique de Philippe Ridet, correspondant du Monde à Rome, explique que "depuis un mois, le Palazzo Chigi, siège de la présidence du conseil, rectifie toutes les informations qu'il croit offensantes pour l'Italie et les Italiens dans les journaux étrangers. Le Times, qui avait ironisé sur les propos de Silvio Berlusconi conseillant aux réfugiés du tremblement de terre de L'Aquila (Abruzzes) de« passer le week-end de Pâques à la mer », s'est vu immédiatement recadré par un communiqué officiel, mercredi 8 avril"


"Susceptible, Silvio Berlusconi ? Oui, mais pas plus que les Italiens, qui refusent de se reconnaître dans le miroir que leur tend la presse étrangère. Pourtant, ils ne sont pas avares de critiques pour eux-mêmes. Ils ont même inventé un mot pour cela, l'autolesionismo (l'automutilation)"






Le Monde paru lundi 13 avril dans l'après midi, édition datée du mardi 14 avril 2009

La chronique de Ridet ne passe pas inaperçue. Le quotidien de gauche La Republica se jette dessus, et lui consacre un article à la Une mardi 14 avril.

La Republica en profite, au passage, pour épingler Berlusconi en affirmant que Ridet a été convoqué par les autorités italiennes et sommé de s'expliquer : "Philippe Ridet raconte comment lui et son collègue du Wall Street Journal ont été convoqués au Palais Farnese (siège de notre ministère des Affaires étrangères)".

Les agences de presse italiennes reprennent l'information. Un député de gauche aborde la question au Parlement.


Réaction immédiate à droite, Il Giornale, quotidien animé par le frère de Silvio Berlusconi contacte le correspondant du Monde pour vérifier l'information.


Interrogé par le quotidien Il Giornale, au cours d'une conversation téléphonique transformée en une interview annoncée à la Une, Ridet dément avoir été convoqué et précise avoir été invité comme son confrère à témoigner au cours d'un séminaire devant des jeunes diplomates italiens.



La demi-page d'Il Giornale est illustrée d'une photo de Ridet, sous laquelle on lit "Pour la Republica c'est un prétexte pour attaquer le Premier ministre" et d'une photo du ministère.

Le titre "Critiquer l'Italie ? Un mensonge de la Republica" et le sous-titre s'en prennent à la Republica, concurrent et opposant politique d'Il Giornale qui enrôle Ridet dans cette guérilla qui lui est totalement étrangère.

"Le quotidien d'Ezio Mauro accuse : le correspondant du Monde a été convoqué au Palais Farnèse pour rendre compte de ses articles. Mais lui dément : «Pas d'interrogatoire, il s'agissait de faire un exposé»" explique le sous-titre.

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