Polémique autour du site de la TV publique belge

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La radio-télévision publique belge francophone RTBF a annoncé mercredi qu'elle renforçait fortement son offre Internet, s'attirant les foudres de la presse écrite et audiovisuelle privée, qui dénonce une "distorsion intolérable de la concurrence". La polémique se centre sur la création d'un nouveau portail, centralisant notamment tous les contenus vidéos de la télévision publique, et développant de nouveaux sites d'information.

L'annonce de cette évolution vers les médias numériques de la chaîne, qui bénéficie d'un financement public et de l'apport de la publicité, a suscité la réprobation immédiate du secteur privé, tant dans la presse quotidienne (Le Soir, La Libre Belgique, la Dernière Heure), télévisuelle (RTL-TVI) ou radiophonique (Bel-RTL, NRJ, Nostalgie et Contact)."Les efforts des éditeurs privés pour trouver un nouveau "business model" susceptible de financer les contenus journalistiques pluralistes et de qualité sont anéantis par cette concurrence déloyale", ont-ils déclaré dans un communiqué commun. Ces éditeurs privés "réclament la suspension du plan de la RTBF et une concertation urgente" avec le monde politique "afin de définir le périmètre d'activités des médias de service public".

Symboliquement, le groupe audiovisuel public a décidé d'ajouter à son nom le sigle ".be", qui correspond au nom de domaine de la Belgique sur Internet, a expliqué son patron, Jean-Paul Philippot. "Le changement n'est pas anecdotique. Il confirme l'importance de toutes les déclinaisons de l'univers numérique au côté de nos métiers de coeur que sont ceux de la radio et de la télévision", selon Philippot, cité par l'agence Belga. Les sites de la RTBF ont été réorganisés afin d'"atteindre de nouveaux publics qui ne seraient pas encore sur nos médias, ainsi que la génération digitale des moins de 30 ans qui consomment les médias autrement", indique le groupe dans un communiqué.

(Par Colin Bertier)

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