Otages : libération à 7 millions d'euros ? (Causeur.fr)
La rédaction - - 0 commentairesC'est avec beaucoup de précautions qu'Elisabeth Lévy présente sur son site, Causeur.fr, un reportage à Kaboul. La journaliste Paulina Dalmayer aurait rencontré l'homme qui a négocié la libération d'Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier. Mais, prévient le site, aucune des deux journalistes ne peut "être sûre à 100 % que [la reporter] n’a pas été manipulée". L'homme assure que la mobilisation autour des deux otages en France a ralenti les négociations.
Dans ce texte, de nombreux éléments restent flous, à commencer par l'identité de l'homme, dont on ne connaîtra même pas la nationalité et qui se présente comme la personne "mandatée par le Président Karzai pour mener les pourparlers avec les taliban en vue de la libération des deux otages français". Dalmayer l'a rencontré dans un restaurant du centre-ville à Kaboul, grâce à "un contact à la fois proche du Palais présidentiel et des services de renseignements français" qui estime, amer, que "la France a été pour peu de choses dans la libération des deux gars". "Inutile d’insister, [le négociateur] ne lâchera rien sur le coût de l’opération, par ailleurs divulgué officieusement par des «sources proches de l’Ambassade » : 5 millions d’euros pour la libération des otages, auxquels il faut ajouter 2 millions dépensés au cours des négociations", écrit Dalmayer. |
En revanche, il raconte volontiers la libération des deux journalistes, pour laquelle il a risqué sa vie : "Tout s’est passé assez vite mais j’ai eu terriblement peur que les huit mois qu’avait duré ma mission soient anéantis par une erreur de dernière minute. Nous sommes allés les chercher à deux voitures, l’une dans laquelle devaient monter les journalistes et l’autre prévue pour emmener leur traducteur. Ils sont venus vers la voiture vêtus de blanc, dans les tenues traditionnelles offertes par les taliban. Ils ne savaient pas si j’étais l’un des ravisseurs. Les taliban ont pris une photo de nous trois, moi au milieu encadré par les deux journalistes. Si la suite des événements ne se passait pas comme prévue, ils disposaient de mon portrait. En clair, j’aurais payé un éventuel changement de programme de ma vie. Ensuite nous sommes montés dans la voiture où j’ai remis aux ex-otages une lettre rédigée en français dans laquelle il était écrit qu’ils n’avaient plus à avoir peur. Mais c’est seulement au moment où j’ai appelé l’Ambassade de France et que je leur ai passé le téléphone qu’ils ont vraiment compris qu’ils étaient désormais libres. Ils étaient très heureux. Ils ont pleuré aussi. Je les ai conduits jusqu’à la base militaire de Warehouse où ils ont été accueillis par les autorités françaises. Puis je suis rentré chez moi. J’ai dormi douze heures.»
Mobilisation en France "totalement contre-productive"
Selon lui, la longueur des négociations et leur difficulté seraient en grande partie dues à l'obstination de l'armée française à opérer dans la région de Tagab, mais aussi au soutien médiatique dont ont bénéficié Ghesquière et Taponier : "Les taliban étant convaincus qu’ils détenaient des espions. Des chefs taliban me téléphonaient du Pakistan pour me dire que si les deux otages n’avaient été que des journalistes, ils n’auraient jamais bénéficié d’un tel soutien. Selon eux, si on en parlait sans cesse à la télé, c’est parce qu’ils étaient très importants. De mon point de vue, cette mobilisation était totalement contre-productive."
Comment Hervé Ghesquière vit-il depuis sa libération ? Quelle vision a-t-il de son métier ? Ecoutez-le sur notre plateau.