Obama et le "stupid" emballement
La rédaction - - 0 commentaires"Stupid" a dit Obama, en parlant de la police d'une petite ville du Massachussets, accusée de racisme. par la victime d'une bavure raciste présumée. Le mot a déclenché un emballement médiatique. Et les reporters qui suivent Obama n'ont de cesse, depuis, que de savoir s'il maintient, ou retire le fameux mot.
Au départ, l'histoire est cocasse. Un éminent professeur, Henry Louis Gates Junior, noir et spécialiste des questions de ségrégation à l'université de Harvard, n'arrive pas à ouvrir sa porte en rentrant d'un long voyage. Il se fait donc aider de son chauffeur de taxi, noir lui aussi, pour défoncer sa porte. Une voisine appelle la police, croyant à un cambriolage. Le professeur est ramené au commissariat.
L'affaire a fait grand bruit aux Etats-Unis, mais a surtout rebondi suite aux déclarations de Barack Obama, qui est un ami de longue date de Gates : le président a qualifié l'attitude de la police de "stupide", devant des millions de téléspectateurs.
Problème : les faits varient sensiblement selon qu'ils sont rapportés par Gates
ou par celui qui l'a arrêté, le sergent James Crowley. Gates dit
avoir été victime d'un comportement raciste. Selon le policier, il a été conduit au
poste parce qu'il s'est comporté grossièrement.
Interrogé en conférence de presse, Obama tente en vain de prendre des gants, relève Liberation.fr. "Il commence son discours en précisant que Gates est "un ami" et qu'il risque donc de "ne pas être partial", puis ponctue sa réponse de "à ce que j'ai compris", de "encore une fois je n'y étais pas" et de "je ne sais pas quel rôle a joué la race là-dedans"". Avant de lancer le désormais fameux : "je pense que la police a agi de manière stupide". Au début de son discours, il blague sur le fait que s'il essayait d'entrer par effraction à la Maison blanche, il se ferait tirer dessus |
L’affaire du professeur Gates "est le signe que la race reste un facteur important dans la société". Il a ajouté que "Cela n’entame en rien les progrès incroyables qui ont été faits. J’en suis ici la preuve".Les médias américains s'emballent. Liberation.fr explique qu'ils sont allés jusqu'à interviewer le père du sergent responsable de l'arrestation, 75 ans, assurant que son fils a "des amis proches de toutes les couleurs" et qu'il est "une bonne personne". Et d'ajouter : "J'ai voté pour Obama; je ne peux pas dire si je le referai."
| Interrogé sur ABC pour savoir s'il maintenait ou retirait le mot "stupid", le président a tenté de sortir du piège. "J'ai un extraordinaire respect pour le difficile travail accompli par les officiers de police", dit-il, tout en relativisant l'importance du problème. "Je pense que c'est l'exemple classique du problème qui prend une ampleur qui n'a pas lieu d'être, à un moment où on se bat sur les thèmes de la santé ou de l'énergie." |
